Le responsable ne répond plus

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Au rythme où les tuiles s'abattent sur le CHUM, on en aurait assez pour recouvrir tous les toits de Provence, d'Espagne et d'Italie! Or, au moment où il appert qu'il faudra recommencer le long processus de consultation publique parce que le projet a été modifié, on en apprend un peu plus sur celui qui fut le géniteur de ce fiasco.

C'est à l'ancien ministre Philippe Couillard, rappelons-le, que l'on doit le choix de ce site insensé qui est à la source de tous les problèmes actuels.

 

Le premier ministre Charest préférait le site Outremont, qui présentait tous les avantages, mais il n'a pas été capable de résister aux assauts conjugués des dirigeants locaux du CHUM, qui avaient fait leur lit à Saint-Luc et craignaient que l'Université de Montréal prenne le contrôle de l'opération, des fonctionnaires du ministère pour qui Montréal ne méritait pas mieux qu'un hôpital rafistolé, et d'un assemblage hétéroclite et bruyant de militants qui tenaient irrationnellement à ce que le CHUM soit à l'Est du boulevard Saint-Laurent.

Autour de ce malheureux hôpital, la lutte de pouvoir a duré des mois, jusqu'à ce que M. Charest s'écrase devant ce ministre que les médias adoraient parce qu'il avait un certain panache et qu'on le voyait comme un futur premier ministre.

Ce dernier s'est extirpé à temps du guêpier qu'il avait lui-même créé. Il a tiré sa révérence l'été dernier, alors qu'il était devenu évident, même aux yeux de ses partisans de jadis, que le CHUM-Saint-Luc s'en allait vers le désastre.

Cette sortie précipitée, de la part du responsable qui laissait à d'autres le soin de payer les pots cassés, était déjà sans honneur. On apprend maintenant, avec le rapport du commissaire au lobbyisme André C. Côté, que le ministre Couillard avait négocié, plus de cinq semaines avant sa démission, un protocole d'entente avec une entreprise gérant un réseau de cliniques privées... période durant laquelle il a signé deux décrets concernant les cliniques privées. Il n'y a ici rien d'illégal, mais la chose a de quoi ternir l'image de celui à qui l'on a déjà prêté des qualités d'homme d'État.

M. Couillard avait parfaitement le droit de réorienter sa carrière, et il n'y a certainement pas de honte à gérer des cliniques privées, d'autant moins qu'il avait tenu le secrétariat exécutif du gouvernement au courant de ses intentions. Mais en politique, les apparences comptent: un ministre qui négocie son entrée dans un secteur qui relève de son ministère alors qu'il est encore membre du cabinet aura toujours l'air d'être en conflit d'intérêts, même si ce n'est pas le cas.

Faut-il s'étonner de ce cheminement? En 2003, M. Couillard avouait qu'il avait renoncé à faire des études postdoctorales (comme le font tous les grands médecins spécialistes) parce que cela représentait «trop de sacrifices financiers». Il a quitté son poste de neurochirurgien à Saint-Luc pour aller travailler pendant quatre ans en Arabie Saoudite, où un chirurgien pouvait alors gagner 1 million de dollars (non imposables) par année.

À son retour, incapable de retrouver un poste au sein du CHUM, il est allé travailler au CHU de Sherbrooke. Ce qui fait dire à des chercheurs de l'Université de Montréal que M. Couillard aurait gardé une solide rancune à l'endroit des hôpitaux montréalais qui l'avaient «snobé» après son retour au pays. D'où, disent-ils, son acharnement à «rapetisser» le projet du CHUM et à torpiller le projet d'envergure piloté par l'Université de Montréal et les grands donateurs de l'institution.

 




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