Parler plus pour perdre moins

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Le rendement négatif des marchés boursiers commence à semer l'inquiétude, alors que les titres américains de petite capitalisation sont pratiquement en mode correction. Une situation qui pourrait être renversée ou, à tout le moins, atténuée si les PDG de petites sociétés cotées en Bourse suscitaient davantage de questions de la part des analystes financiers qui couvrent leurs activités.

De tout temps, septembre a été un mois défavorable aux marchés boursiers puisque c'est la période de l'année où les Bourses ont le plus tendance à présenter des résultats négatifs.

Une tendance historique qui s'est encore avérée le mois dernier alors que les marchés boursiers nord-américains ont tous enregistré des reculs significatifs.

L'indice S&P 500, qui a touché un sommet historique le 18 septembre, a perdu 3% de sa valeur en moins de deux semaines, tandis que la Bourse canadienne - qui avait été jusque-là l'un des marchés les plus généreux de la planète en 2014 - a retranché 4,25% de sa valeur le mois dernier.

Le S&P/TSX affiche encore un rendement positif de 10% pour l'année en cours, mais il vient d'amorcer le mois d'octobre en alignant deux séances consécutives de recul, tout comme à New York où les marchés ont toutefois réussi à annuler les pertes de la journée d'hier.

À l'époque où les transactions boursières n'étaient pas informatisées et que les gros investisseurs institutionnels n'étaient pas encore devenus les joueurs dominants et tout-puissants qu'ils sont de nos jours, on expliquait les mauvaises performances boursières de septembre par le fait que beaucoup d'investisseurs vendaient de leurs actions pour rembourser le coût de leurs vacances estivales. On parle manifestement ici d'une autre époque...

Aujourd'hui, septembre est le mois qui termine le troisième trimestre de l'année, un mois durant lequel beaucoup de gros investisseurs décident de procéder à la rotation sectorielle de leurs titres, de faire le ménage.

On vend les actions d'entreprises qui, estime-t-on, ont donné le maximum qu'elles avaient à donner pour en racheter d'autres qui présentent de meilleures perspectives de valorisation.

C'est un peu ce que l'on observe avec les titres de petite capitalisation, qui ont généré de très forts rendements ces dernières années et qui font l'objet de ventes importantes.

Faire parler les analystes

L'indice Russell 2000, qui calcule le rendement à la Bourse new-yorkaise des titres de petites sociétés, a amorcé le mois d'octobre en ayant cumulé des pertes de 10% depuis l'atteinte de son record, en mars dernier.

Techniquement, un indice qui recule de 10% est considéré comme traversant une correction.

S'il s'agit d'un passage nécessaire et obligé dans la durée de vie d'un marché haussier, c'est une perspective que les investisseurs américains n'ont manifestement pas appréciée puisqu'ils ont renversé la vapeur en faisant progresser hier de 1% les titres des sociétés de petite capitalisation.

Il n'en reste pas moins que les titres de «small cap» flirtent avec la correction et que les prochains jours vont nous permettre de découvrir quelle direction ils vont finalement prendre.

La meilleure façon pour une petite entreprise cotée en Bourse de ne pas trop souffrir du mouvement de correction qui se dessine, c'est de susciter le plus de questions possible de la part des analystes financiers qui couvrent leurs activités et qui participent aux conférences téléphoniques lors du dévoilement de leurs résultats trimestriels.

Ceux qui ne le font pas en paient le prix puisque la valeur de leurs actions en Bourse risque de chuter dans les jours qui suivent ces fameuses téléconférences.

Des chercheurs de l'Université du Texas, à Austin, ont découvert que les PDG de petites sociétés cotées en Bourse qui ne se font pas poser de questions durant leurs conférences téléphoniques voient leur capitalisation boursière reculer de 4,3 à 6,1 millions dans les cinq jours qui suivent la présentation de leurs résultats.

Les chercheurs ont analysé par moins de 50 000 téléconférences de résultats trimestriels, entre 2002 et 2012, et se sont attardés sur les 9500 présentations qui n'ont pas suscité d'interactions avec les analystes financiers.

L'absence de questions d'analystes envoie un signal négatif aux investisseurs qui estiment alors que la direction de l'entreprise ne partage pas toute son information.

La réaction des marchés dure en moyenne cinq jours, durant lesquels la valeur des actions décline jusqu'à 135 points de base par rapport aux entreprises comparables qui ont fait l'objet de conférences téléphoniques plus interactives. En d'autres mots et en période de correction boursière, mieux vaut parler plus si on veut perdre moins.




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