Le court bilan d'un gouvernement minoritaire

Au cours des 30 prochains jours, Pauline Marois aura à défendre le bilan économique de ses 18 mois passés au pouvoir. Si la durée de ce mandat minoritaire est un peu courte pour laisser une empreinte significative, elle aurait pu être catastrophique si le gouvernement péquiste n'avait pas rapidement corrigé le tir, comme il l'a fait.

Il est très difficile de faire le bilan de l'éphémère. Durant son bref mandat, le gouvernement péquiste ne s'est pas démarqué de façon spectaculaire des gouvernements libéraux qui l'avaient précédé.

Et ce n'est pas parce qu'il y avait absence d'intention. Rappelez-vous le discours d'ouverture de Pauline Marois qui, fraîchement élue, avait annoncé sa volonté de mettre en oeuvre presque intégralement la plateforme économique électorale du Parti québécois.

Malgré la précarité liée à son statut de minoritaire, le gouvernement péquiste allait procéder à la révision du mandat de la Caisse de dépôt et placement.

Il allait réaliser la création de la Banque de développement économique du Québec.

Il s'engageait à hausser les impôts des contribuables à revenus élevés et à taxer davantage les gains en capital et le paiement des dividendes pour remplacer la taxe santé.

Il comptait annuler les hausses prévues de tarifs d'Hydro-Québec et augmenter sensiblement les redevances pour les compagnies minières.

C'était le plan de match au lendemain des élections, mais la réalité du pouvoir est vite venue freiner cette cacophonie de mesures financières et économiques aux effets dévastateurs.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a vite compris qu'il ne pouvait exiger des contribuables les mieux nantis un effort fiscal qui impliquerait un taux combiné d'imposition supérieur à 50%. Cette mesure aurait marginalisé encore davantage le Québec, qui était déjà l'État où les contribuables sont les plus taxés en Amérique du Nord.

Avec des revenus qui ne sont pas au rendez-vous, le gouvernement péquiste a mis de côté le gel des tarifs d'Hydro-Québec. Toutes les entrées d'argent sont bienvenues.

Même chose avec la révision du mandat de la Caisse de dépôt. L'institution a déjà fait la preuve qu'elle a à coeur le développement des entreprises québécoises et elle l'a démontré de multiples façons.

Enfin, l'adoption de la nouvelle grille de redevances minières et d'une nouvelle loi sur les mines s'est faite dans un climat beaucoup moins hostile que plusieurs ne l'appréhendaient.

L'instauration d'une redevance minimale et d'une taxe sur le surprofit n'a pas fait du Québec une terre hostile aux investissements miniers, ont d'ailleurs encore réaffirmé lundi les gens de l'industrie en congrès à Toronto. Mieux, la situation est maintenant claire pour eux.

Conjoncture et programme

Si le gouvernement péquiste a réussi à ajuster son programme économique à la réalité politique, ses 18 mois de gouverne n'ont toutefois pas coïncidé avec l'éclosion d'une période de grande prospérité. Et c'est le reproche que ses opposants vont sans cesse lui faire.

Depuis deux ans, le Québec traîne la patte par rapport au reste du pays. La croissance économique québécoise en 2013 a correspondu à la moitié de celle enregistrée au Canada. À peine 1% de hausse du produit intérieur brut (PIB) contre 2% pour l'ensemble du pays.

Bien sûr, le PIB québécois a souffert de la grève générale qui a paralysé l'industrie de la construction durant l'été, mais l'économie a manqué de souffle, comme en témoigne la baisse de 30% des nouvelles mises en chantier observée en 2013.

Malgré tout, la situation de l'emploi est restée relativement stable. Le taux de chômage, qui était de 8,3% en janvier 2012, est tombé à 7,3% en janvier 2013 pour remonter à 7,5% en janvier de cette année.

Cette mollesse générale n'est d'ailleurs pas étrangère au problème de liquidités que le gouvernement péquiste n'a pas réussi à générer en quantité suffisante pour atteindre ses cibles de réduction de déficit.

L'objectif du déficit zéro a été reporté à 2015-2016, et ça aussi, le PQ va se le faire remettre souvent sous le nez.

La multitude d'annonces économiques auxquelles a présidé Pauline Marois au cours des dernières semaines sera au coeur de l'argumentaire péquiste.

Toute la campagne durant, on répétera inlassablement les grandes lignes de la politique économique «Priorité à l'emploi» qui a été présentée l'automne dernier et qui constituera la plateforme économique du PQ.




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