Tout le monde ne parle pas de Guy Nantel

L'humoriste Guy Nantel a suscité la controverse avec son... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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L'humoriste Guy Nantel a suscité la controverse avec son nouveau spectacle Nos droits et libertés.

Photo Olivier Jean, La Presse

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Tout le monde en parle a malheureusement prêté flanc à ses détracteurs les plus féroces, dimanche soir, en invitant 11 humoristes du futur Festival du rire, mais en boudant leur confrère Guy Nantel, pourtant au centre de toutes les controverses depuis une semaine.

L'impression que ça donnait, hélas ! c'est qu'il fallait vraiment faire partie de la bonne clique pour être reçu à trinquer au vin rouge avec Guy A. Lepage et Dany Turcotte. Souvent, cette remarque rebondit sur les réseaux sociaux, sans qu'elle soit justifiée. Dimanche, l'émission phare de Radio-Canada nous a jeté ce cliché en plein visage. C'était décevant.

Le débat n'est pas ici de savoir à quel degré Guy Nantel pousse ses gags ou si l'on appuie ou pas ses idées. Nantel a fait jaser et a alimenté un nombre incalculable de chroniques, tous empires confondus. 

Mettons qu'entre lui et Jonathan Roberge - ou la deuxième couronne silencieuse de la délégation d'humoristes -, le choix était assez simple pour un talk-show qui porte le titre de Tout le monde en parle.

D'ailleurs, l'émission La soirée est encore jeune de Radio-Canada, qui ne porte pas vraiment à droite, on s'entend, a reçu Guy Nantel samedi soir. Sa présence a donné lieu, après le segment « vu, pas vu » consacré à son spectacle Nos droits et libertés, à un échange musclé et fort intéressant avec Fred Savard. Ce fut un excellent moment de radio, peu importe notre position dans ce débat. Allez le réécouter en baladodiffusion.

Sur Twitter, Guy A. Lepage a dû répondre à plusieurs questions concernant l'absence de Guy Nantel. L'animateur et producteur a expliqué que dans une période moins chargée, il aurait reçu Nantel, tout en précisant que « dans les priorités de l'actualité de cette semaine, c'était secondaire [l'affaire Nantel] ».

Guy A. Lepage a également noté que Guy Nantel avait « surfé sur sa victimisation », ce qui laisse sous-entendre qu'il ne s'agit pas de son préféré de l'UDA. Il a bien le droit, remarquez. Guy Nantel n'est pas mon favori non plus.

Là où ça s'est gâché, c'est quand Martin Petit a proposé « spontanément » à Guy A. Lepage, en fin d'entrevue, de se joindre au regroupement pour son expertise en vente de formats de télévision à l'international. Là, on avait clairement l'impression d'assister à un party privé entre privilégiés du monde de l'humour.

Personnellement, ce type de Tout le monde en parle consensuel, entre amis, me plaît moins, désolé.

Aux audimètres de la firme Numeris, Tout le monde en parle a retenu l'attention de 1 119 000 personnes, contre 1 781 000 qui ont opté pour La voix junior à TVA. Vlog (1 043 000) et La vraie nature (1 035 000) ont franchi la barre du million. La première diffusion d'Occupation double à 18 h 30 a planté 534 000 curieux devant leur poste.

DE BLUE MOON 3 À CHEVAL-SERPENT 2

C'est Rafaël Ouellet (Blue Moon 3, Nouvelle adresse, Fatale-Station) qui a été choisi pour prendre la relève de Sylvain Archambault pour réaliser la deuxième saison de Cheval-Serpent à Radio-Canada. Selon mes espions, ce changement a cependant été effectué avant que le scandale sur les inconduites du réalisateur de 53 ans n'éclate dans La Presse.

Hier après-midi, Sylvain Archambault a annoncé avoir pris « la difficile décision » de se retirer immédiatement du tournage de Mensonges 4 pour le Groupe TVA, alors que la veille, dans une longue lettre d'excuses, il plaidait pour conserver cet emploi.

Faudrait pas nous prendre pour des valises du Banquier ici. C'est évident que Sylvain Archambault n'avait plus la confiance des diffuseurs et des acteurs pour demeurer derrière la caméra. Qui aurait encore voulu se soumettre à ses méthodes, qu'il a lui-même qualifiées « d'une autre époque », « d'un autre temps », avec les risques que cela comporte ?

Il fallait qu'il parte. Visiblement, Sylvain Archambault a été remercié par sa productrice Sophie Deschênes de chez Sovimage. Et on lui a sans doute proposé de démissionner pour préserver les apparences, j'imagine.

Dans toute cette saga, Sylvain Archambault a viré son capot régulièrement. Il a d'abord menacé de poursuivre ceux qui salissent sa réputation. Puis, dimanche matin, le ton s'est adouci et Archambault a reconnu que certains témoignages recueillis par La Presse ont un fondement de vrai, alors qu'il martelait, quatre jours auparavant, que « l'anonymat permet de dire n'importe quoi, même des faussetés ».

Sylvain Archambault compte maintenant prendre une pause pour modifier son style, son approche et ses façons de faire comme réalisateur. Pas bête comme idée.




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