Le king de V déchu

Éric Salvail... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Éric Salvail

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Il est fini. C'est comme si un incendie de forêt incontrôlable venait de raser sa carrière. Sa réputation est entachée à jamais. Son entreprise Salvail & Co devra être vendue ou changer de nom pour poursuivre ses activités.

C'est, en résumé, ce qui ressort d'une série d'appels que j'ai faits à plusieurs producteurs et gens influents du milieu de la télévision à propos des inconduites sexuelles d'Éric Salvail, qui ont été exposées dans notre numéro d'hier.

Parce que l'animateur et producteur a fait des gestes inacceptables en position d'autorité, parce qu'il n'a pas écouté les nombreux avertissements que lui ont donnés ses collaborateurs et parce qu'il n'a pas compris, après 20 ans de drague agressive, que non, c'est non, il a tout perdu.

La chute du king de V a été rapide et brutale. En quelques heures, son talk-show En mode Salvail à V et son émission quotidienne Éric et les fantastiques à Rouge FM ont été débranchés pour une durée indéterminée. Son lucratif contrat publicitaire avec les épiceries Metro a été rompu. Et sa cote d'amour auprès du public a pris une méchante débarque.

Personne du showbiz n'a pris publiquement la défense d'Éric Salvail, hier. Même ses amis et alliés les plus proches, que j'ai appelés ou textés, n'ont donné aucun signe de vie. C'est le silence radio-télé le plus complet.

Car en plus d'être isolé, Éric est maintenant radioactif. Personne ne veut être contaminé ou éclaboussé par le scandale. Alors, on se tient loin, très loin, de la source émettrice.

Les deux employeurs principaux d'Éric Salvail, Bell Média et Groupe V Média, n'avaient pas le choix de le retirer des ondes aussi rapidement. Ce qu'on lui reproche est extrêmement grave. Laisser les deux micros de Salvail allumés et prétendre que rien ne s'est produit aurait été irresponsable.

Aucune vedette n'aurait accepté, non plus, d'aller répondre à des questions rigolotes sur le plateau d'En mode Salvail en sachant pertinemment que c'est plutôt l'intervieweur, de l'autre côté du pupitre, qui devrait répondre à des questions pas mal moins drôles.

Désolé, mais Éric Salvail a lui-même fabriqué et allumé la bombe médiatique qui a explosé hier. Cela fait plusieurs années que l'on entend des rumeurs à propos de son exhibitionnisme ou de son insistance à séduire les hommes de son entourage.

Comme personne n'a déposé de plainte formelle, ces infos ont été classées dans la chemise : ouin, mais c'est Éric Salvail, c'est juste drôle, il niaise, il ne fait de mal à personne, ha, ha.

C'était, en fin de compte, pas mal plus dévastateur que des agissements de mononcle.

Chacun de notre côté, à La Presse, nous connaissions des bribes du passé trouble d'Éric Salvail. L'affaire Weinstein a délié les langues et enfin permis de tisser des liens entre chacun des morceaux.

Et arrêtez de comparer l'affaire Salvail à l'affaire Legendre. Elles n'ont rien en commun. Joël Legendre se trouvait seul dans un parc de Longueuil quand il a fait un geste indécent devant un policier en civil. Il a payé son amende et a été excommunié, pendant plusieurs mois, de la colonie artistique.

Éric Salvail dirige une importante boîte de production, Salvail & Co, qui chapeaute les émissions Maripier!, Coup de foudre, Les échangistes et En mode Salvail. Des dizaines d'employés se rapportent à lui et ses comportements déplacés en milieu de travail ont perduré. C'est complètement différent.

Sur sa page Facebook, hier matin, Éric Salvail, 48 ans, a publié des excuses timides, disant avoir de l'empathie pour tous ceux et celles à qui il aurait pu causer un malaise ou quelque forme de préjudice que ce soit.

«Il est dans la négation de la réalité. Il a plus l'air d'être conseillé par un avocat que par quelqu'un de relations publiques», a souligné un spécialiste de la gestion de crise, qui préfère ne pas être nommé.

Les vies personnelle et professionnelle de la tête d'affiche de V ont été torpillées à vitesse grand V, c'est le cas de le dire. Mardi soir, Éric Salvail régnait au sommet et ses affaires roulaient comme jamais auparavant.

Quelques heures plus tard, celui qui a gagné le trophée Artis de personnalité de l'année au printemps était dépossédé de sa couronne et passait de héros à zéro. C'est souvent ce qui arrive aux gens puissants qui se croient invincibles ou au-dessus des lois : leur dégringolade est foudroyante.

Non, ce soir, tout n'est pas permis. Éric Salvail l'aura compris beaucoup trop tard.




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