Le doux confort de la télé quotidienne

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Les péripéties des employés du poste 31 scotchent les téléspectateurs devant leur écran du lundi au jeudi.

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Comme pour la visite du gym, une psychanalyse ou l'entretien d'un bonsaï, suivre une émission quotidienne exige discipline, rigueur et engagement à long terme. Pas question de traîner de la patte, sinon les épisodes s'empilent et le retard s'avère, hélas!, insurmontable.

Le succès éclatant de District 31 à Radio-Canada, qui a encore rameuté 1 041 000 personnes mardi soir, paraît anachronique en cette ère de buffet télévisuel à volonté, où l'offre d'émissions se renouvelle plus rapidement que le café filtre chez Tim Hortons.

En dépit de Netflix, de la vidéo sur demande et d'enregistreurs pleins à craquer, plus d'un million de Québécois réaménagent leur horaire pour ne pas rater, en direct, ce qui grouille au poste 31 dirigé par le sympathique Daniel Chiasson (excellent Gildor Roy). Un exploit.

Le feuilleton, quand il est bien ficelé, fidélise son auditoire et comble un besoin de réconfort du téléspectateur, qui se perd parfois dans cette mer de plateformes numériques et de chaînes ultraspécialisées.

Cette stabilité, cette proximité a quelque chose de rassurant. Beau temps, mauvais temps, on sait que Nadine, Poupou et Isa apparaîtront dans nos télés à 19h, avec leurs malheurs, leurs bonheurs et leurs gangsters. C'est un rendez-vous que l'on se fixe avec eux. C'est notre petit rituel. C'est une demi-heure que l'on se garde pour soi dans le tourbillon étourdissant de nos journées de fou.

L'auteur Luc Dionne nourrit habilement l'attachement des fans de District 31 en insérant, à travers les enquêtes plus complexes, des éléments comiques du quotidien des policiers.

Bruno et Patrick qui taquinent Stéphane à propos d'un possible don de sperme à Da-Xia ou Jeff qui cache de la bière dans une caisse de documents, on développe ainsi une forme de complicité et de familiarité avec nos flics préférés. Et on ne les lâche plus.

Ça m'étonne, d'ailleurs, que TVA n'ait pas encore adopté ce format de télé quotidienne. Ce puissant réseau, avec sa clientèle ultra fidèle qui ne zappe pratiquement pas, possède tous les outils pour propulser le prochain District 31.

La SRC occupe seule ce créneau depuis les débuts de Virginie en 1996, si l'on exclut des tentatives plus ou moins réussies comme Casting et La maison Deschênes de TQS. N'oublions pas l'arrivée récente de Conseils de famille, qui passe du lundi au mercredi à Télé-Québec.

En France, les «sagas quotidiennes» de début de soirée - à ne pas confondre avec les soaps d'après-midi - connaissent actuellement un regain de popularité quasi inespéré. Sur les ondes de France 3, Plus belle la vie, PBLV pour les intimes, divertit ses fidèles à 20h25 depuis l'été 2004.

À la mi-juillet, TF1 a mis en orbite la quotidienne rivale Demain nous appartient et France 2 planche sur un nouveau feuilleton pour 2018. 

Qui a dit que les gens n'en pinçaient que pour Netflix et qu'ils ne consommaient leurs séries qu'en rafale?

V espère sans doute créer une habitude d'écoute similaire, du lundi à jeudi à 18h30, pour les aventures de ses célibataires d'Occupation double Bali. Pour l'instant, ça fonctionne et 400 000 curieux s'y branchent. La maison des filles regorge de drames et de scandales, comme cette candidate (salut, Alanis !) qui a posé ses pieds sur la table, provoquant un haut-le-coeur chez Élodie. Comme dirait une célibataire parfaitement maquillée, «ça l'a été» très toxique dans les derniers jours.

Chapeau, Ayisha!

Après un départ chancelant, Unité 9 a repris du mordant mardi soir avec un très bon épisode tricoté autour de la «méchante» Britanny «Bouba» Sizzla.

Son interprète, Ayisha Issa, a pu montrer une autre facette de la détenue qu'elle incarne, celle d'une femme terrassée par des crises de panique, qui a crié à l'aide, mais qui n'a pas été entendue. Ces scènes ont été jouées avec beaucoup de vérité.

Comme le bruit d'une porte qui ouvre de façon électronique à Lietteville, l'alerte au divulgâcheur sonne présentement. Ça va? Cet épisode, vu par 1 289 000 fans, s'est conclu avec deux personnages entre la vie et la mort. D'abord, l'agente Nancy Prévost (Debbie Lynch-White) a pratiquement été étranglée par la chaîne des menottes de Bouba, qui, elle, a été abattue par l'IPL Kevin Anctil (Jason Roy-Léveillée). Qui survivra? Probablement Prévost, mais pas Bouba. C'est mon intuition.

À TVA, O' a été regardée par 873 000 téléphiles. À 21h, c'est presque l'égalité entre Mémoires vives (776 000) et L'heure bleue (757 000).




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