La joyeuse naufragée

Julie Snyder a compris en une émission ce que bien des vieux routiers de la... (Photo La Presse)

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Julie Snyder a compris en une émission ce que bien des vieux routiers de la radio de Radio-Canada n'ont pas assimilé en une carrière complète derrière le micro : pas question d'être plate et pas le droit de tenir ses auditeurs pour acquis. OK ?

Se jeter à l'eau sans veste de flottaison comporte évidemment des risques (calculés, soyons honnête). Dimanche soir, la démone de Radio-Canada, dont c'était le baptême des ondes, a ramé quelques fois en entrevue et les échanges autour de sa table ne coulaient pas toujours de source. Aussi, certaines portions de son 5 à 7 ont un peu pris l'eau, dont la très moyenne chanson Au bout du quai interprétée par Léo Piché, le fils du célèbre Paul, qui n'aurait pas fait pivoter de fauteuil à La voix.

Reste que les deux heures de radio que Julie a offertes en direct des îles de la Madeleine n'ont pas été ennuyeuses, au contraire. Il y avait beaucoup de travail et de trouvailles là-dedans.

Ça s'entendait que Julie Snyder, une perfectionniste notoire, avait peaufiné chacune des portions de l'émission.

Son entrevue avec le premier ministre Philippe Couillard a ramené la Julie Snyder de L'enfer c'est nous autres, l'intervieweuse au front de boeuf capable de poivrer, dans la bonne humeur, le plus aguerri des politiciens. Cette Julie-là, baveuse et frondeuse, on l'avait un peu perdue dans les valises du Banquier.

La première heure du 5 à 7 a été plus réussie que la deuxième, je trouve. Le phare intérieur, la chronique d'Olivier Niquet qui évoque son bêtisier de La soirée est (encore) jeune, les interventions pertinentes de l'aventurier Mario Cyr, la belle chanson de Paul Piché et sa fille Léna (Celui qui naît), de même que la rencontre avec la copropriétaire transgenre de microbrasserie : ces fragments, agrémentés d'une pincée d'autodérision, ont formé un ensemble cohérent.

La deuxième heure manquait de surprises et de croustillant. Même le retour du perroquet Flicka n'a pas injecté de folie sur le plateau.

En tant que capitaine, Julie Snyder n'a pas été trop survoltée et a gardé le cap, les deux mains sur le gouvernail. Elle a été agréable à écouter à l'heure de l'apéro.

Il a beaucoup été question de poids dans les premières minutes de l'émission. Le surpoids de 30 livres de l'invité Jean-Philippe Wauthier, le poids plume de l'animatrice.

« Julie m'a engagé pour faire les choses qu'elle ne veut plus faire », a commencé la chroniqueuse Valérie Blais. « Comme manger », a enchaîné Jean-Philippe Wauthier.

J'aime ces moments improvisés qui sortent du cadre, qui déstabilisent. Il en manquait dans la deuxième moitié de l'émission. De la folie, des vannes et des piques bien senties.

En ouverture, Julie Snyder a même effleuré le sujet de la chirurgie plastique. « On se fait rénover à notre âge. Tout se rénove. Parce que moi, tout tombe et les gens qui nous regardent sur Facebook peuvent voir que je ne me suis pas fait refaire la poitrine », a glissé Julie Snyder, qui pilotait son 5 à 7 en bikini, parce qu'elle se mouillait pour la première fois à la radio publique.

Cela faisait un bail qu'une émission radiophonique d'été avait provoqué autant de remous dans les médias.

En temps normal, la radio estivale assure la transition vers l'automne sans faire de vagues, sans bousculer les auditeurs.

Le jour de son annonce, la question des coûts associés à l'émission de Julie Snyder a été soulevée et l'animatrice n'a pas tenté de l'esquiver dimanche : elle héberge Paul Piché chez elle et fait même son lavage. Quant à Jean-Philippe Wauthier, il a créché chez son ami Olivier Niquet.

Ceux qui s'inquiètent de « l'argent de leurs taxes » devraient zyeuter la feuille de route de l'émission La route des 20, diffusée les samedis à 19 h au 95,1 FM. S'il existait des étampes pour chacun des coins du Canada que l'équipe a visités cette saison, leur passeport manquerait de pages pour toutes les accueillir.

Ce n'est pas quelques semaines aux îles de la Madeleine qui vont mettre la grande tour en banqueroute. Ça fait du bien de sortir du Mile End, des fois.

QUI A ÉTÉ LE DRAGON LE PLUS ENTHOUSIASTE  ?

Selon vous, quel dragon a le plus investi d'argent pendant la saison de Dans l'oeil du dragon qui a pris fin la semaine dernière ? Selon Radio-Canada, il s'agit de Serge Beauchemin, qui a injecté 760 833 $ dans une dizaine d'entreprises québécoises. Caroline Néron a été la moins dépensière des cinq mentors avec 294 500 $ sortis de sa poche. La recrue Christiane Germain se classe en deuxième position avec des engagements chiffrés à 565 834 $. Elle est suivie de Martin-Luc Archambault (482 500 $) et de Gilbert Rozon (463 333 $).




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