La pomme, la queue et le pépin

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Réglons d'abord le cas de la nudité frontale avant de déshabiller les autres volets de la télésérie. Non, les danseurs de Cheval-Serpent n'exhibent pas leur pénis toutes les cinq secondes dans cette nouvelle émission sexy de Radio-Canada signée Danielle Trottier (Unité 9). C'est plutôt le contraire.

Élise Guilbault joue le rôle d'une universitaire féministe... (Photo fournie par ICI Radio-Canada) - image 1.0

Agrandir

Élise Guilbault joue le rôle d'une universitaire féministe dans Cheval-Serpent.

Photo fournie par ICI Radio-Canada

Dans Cheval-Serpent, Marie Tifo incarne la mère du... (Photo fournie par ICI Radio-Canada) - image 1.1

Agrandir

Dans Cheval-Serpent, Marie Tifo incarne la mère du personnage de Daniel Parent, maire de Montréal colérique et psychorigide.

Photo fournie par ICI Radio-Canada

Dans les trois épisodes d'une heure qui ont été montrés hier matin aux journalistes, il ne fallait pas éternuer ou battre de la paupière pendant la seule séquence où Pete (Francisco Randez) se savonnait dans la douche et laissait entrevoir une partie de son membre.

Un chroniqueur vulgaire et mal dégrossi aurait écrit « beaucoup de foufounes, peu de bizounes », mais vous ne trouverez pas ce type de commentaire puéril dans votre journal préféré, oh non.

On pensait tous que Cheval-Serpent - c'est le nom du bar calqué sur le 281 - explorerait l'univers des effeuilleurs masculins un peu comme Unité 9 nous a plantés directement au coeur d'une prison pour femmes. Mais non. Il s'agit plutôt d'une série sur le pouvoir, la moralité et l'homoparentalité avec un cabaret érotique en toile de fond.

La majorité des intrigues ne se déroulent donc pas sur la scène, au gymnase ou dans les loges, mais en périphérie de l'établissement pour dames seulement. 

D'ailleurs, les danseurs ne parlent presque pas, en excluant la recrue (Alexandre Landry) et le vétéran (Randez). Et on ne sait à peu près rien d'eux.

Cela dit, c'est fort bien réalisé par Sylvain Archambault (Les pays d'en haut), très bien interprété par des acteurs chevronnés, mais il manque d'audace et de croustillant dans le propos, je trouve. On a l'impression que la SRC a enfoncé le frein de peur de choquer son auditoire. Pourtant, les téléspectateurs sont capables d'en prendre.

En fait, Cheval-Serpent raconte l'affrontement entre deux familles aux valeurs complètement différentes.

D'un côté, il y a l'ancien maire cool de Montréal (Paul Savoie), sa femme aussi distinguée que rusée, Margaret (Marie Tifo), et leur fils psychorigide Laurent (Daniel Parent), qui suit les traces de son paternel à la mairie de Montréal, mais avec l'obsession de rendre sa ville plus familiale.

De l'autre, il y a la maîtresse de l'ancien maire cool, Odile, jouée par Louise Portal, ainsi que son fils illégitime David (Guillaume Lemay-Thivierge), copropriétaire du Cheval-Serpent. Odile sacre, boit et exploite, comme son grand garçon barbu, un bar de danseurs nus, Chez Doug, dans le Village gai.

Évidemment, des secrets, un testament controversé, de la jalousie et beaucoup de millions déchirent ces personnages plus complexes qu'ils en ont l'air. Surveillez Marie Tifo. Elle est épatante dans ce rôle de vilaine bourgeoise. Daniel Parent, qui campe un maire colérique écrasé par sa mère, brille également.

UN COUPLE DE LESBIENNES EN VEDETTE

Pour une très rare fois, c'est un couple de lesbiennes qui tient la vedette d'une série québécoise. Dorice (Sophie Prégent), qui gère le Cheval-Serpent avec David (Guillaume Lemay-Thivierge), et Dominique (Élise Guilbault), une universitaire féministe, vivent ensemble depuis presque 30 ans. Elles ont eu une fille (Catherine St-Laurent), qui rentre au pays après des études en France.

Ne faites pas le saut. Élise Guilbault, coiffée d'une perruque grise, ressemble maintenant à Catherine Lara. Il fallait la différencier de son personnage de Kim Vanier d'Unité 9.

Au deuxième épisode, une scène bouleversante entre ces deux femmes d'influence vous brisera le coeur. On croit vraiment à l'amour qui unit Dorice et Dominique. Ça clique parfaitement entre elles.

Autant sur Sex Bomb de Tom Jones qu'I Was Made For Lovin' You de Kiss, les danseurs s'exécutent avec une aisance - et un faible taux de gras - remarquable. 

Reste que ces chorégraphies d'allure professionnelle nourrissent peu le récit, à part pour montrer l'excitation des clientes devant des plaquettes d'abdominaux.

Il m'a fallu deux épisodes pour me sentir en selle sur ce Cheval-Serpent. Après le troisième, j'étais prêt à m'enfiler les sept derniers, en espérant que l'auteure nous téléporte davantage dans l'intimité de ces gars qui gagnent leur croûte en se secouant la baguette.

Ont-ils des copines ou des enfants ? S'injectent-ils des stéroïdes ? Consomment-ils de la dope avant de tout enlever ? Ont-ils peur de ne pas avoir d'érection ? Comment réussissent-ils à être aussi à l'aise dans leur corps ?

Radio-Canada déversera les 10 épisodes de Cheval-Serpent dans l'Extra de Tou.tv le mercredi 28 juin. Oui, la série passera éventuellement, à une date qui n'a pas été précisée, à la télévision conventionnelle.

Bonus : un ancien candidat de Célibataires et nus fait une apparition éclair dans Cheval-Serpent. Un morceau de robot à la personne qui saura l'identifier correctement.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer