De vraies bonnes détectives

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Les cinéastes Hugo Latulippe et Anaïs Barbeau-Lavalette ont sonné l'alarme dimanche soir au Gala Québec Cinéma. Le documentaire manque d'amour et d'argent. Il faut le bichonner, sinon il risque de disparaître comme un finaliste de La voix 5 d'ici quelques jours. Tic, tac, tic, tac.

Les puristes n'apprécieront peut-être pas cette méthode populaire, mais Netflix a déniché la façon parfaite pour intéresser ses millions d'abonnés à ce genre plus pointu. Le service américain commande maintenant des documentaires construits comme des oeuvres de fiction bourrées de personnages mystérieux et où chacun des épisodes se boucle avec un revirement inattendu.

C'est super addictif. Comme Feux ou L'imposteur, mais avec du vrai monde ordinaire (aucune connotation péjorative, ici), qui a vécu de vrais événements horribles. La nouveauté The Keepers, en ligne sur Netflix depuis la mi-mai, s'inscrit exactement dans cette mouvance palpitante, lancée en 2015 par Making a Murderer, mais aussi par The Jinx de la chaîne HBO.

The Keepers, digne héritier du podcast Serial, c'est du documentaire fouillé, touchant et diablement captivant. La forme en sept tranches d'une heure s'éloigne du traditionnel film de 90 minutes plus pédagogique et parfois moins accessible pour le grand public.

The Keepers met en scène deux adorables femmes retraitées de Baltimore, Gemma et Abbie, qui se décarcassent depuis des dizaines d'années pour savoir qui a tué leur enseignante préférée du secondaire, la soeur Catherine « Cathy » Cesnik. La religieuse de 26 ans, jolie et aimée de tous, a été kidnappée, puis assassinée en novembre 1969. Son meurtrier n'a jamais été épinglé.

Ce qui s'annonce comme une « simple » affaire d'homicide se complexifie et débouche sur une enquête à la Spotlight à propos d'agressions sexuelles commises par des prêtres. C'est bouleversant.

Malgré l'absence d'aide de la police, Gemma et Abbie - je les adore ! - n'abandonnent jamais. Ces deux énergiques détectives amateurs lancent des appels sur Facebook, collectent méticuleusement tous les indices disponibles et remuent ciel et terre pour obtenir des témoignages éclairants. Pour ces deux anciennes camarades de classe d'une école secondaire catholique de Baltimore, soeur Cathy mérite que justice soit enfin rendue, presque 50 ans plus tard.

L'humanisme, la rigueur et la force de caractère de Gemma et Abbie transpercent l'écran. Dès les premières secondes, on s'accroche à leur quête et on espère qu'elles éclairciront ce mystère opaque.

Mais plus The Keepers progresse, plus le passé boueux remonte à la surface, ce qui brouille davantage les pistes. Des personnages louches cachent d'autres personnages louches, comme des poupées russes, et le tableau des suspects se garnit. The Keepers se regarde comme un thriller, en sachant que tous ces gens existent (ou ont existé) véritablement.

Certaines parties se répètent d'épisode en épisode, afin de ne pas perdre le téléspectateur dans cette montagne de détails. Reste que la scénarisation du récit est d'une redoutable efficacité.

Tous les sujets ne se prêtent évidemment pas à ce type de structure narrative. Il serait cependant intéressant de voir des documentaristes québécois s'y tremper le gros orteil. Imaginez le résultat explosif que ça donnerait si une équipe d'ici rouvrait un « cold case » et réussissait à l'élucider. Je serais scotché à mon téléviseur. Vous aussi, je présume.

100 % PARLÉES À LA RENTRÉE

Les stations de radio 98,5 fm et FM93 du groupe Cogeco deviendront 100 % parlées à la rentrée.

Le week-end, ces deux antennes diffusent encore des chansons dans l'après-midi. Cogeco remplacera ces plages musicales par des émissions de débats, d'analyses et de discussions en prévision de la prochaine saison.

Au 98,5 FM, cela signifie que l'émission Fan de musique d'Éric Arson, présentée les samedis et dimanches, disparaîtra des ondes à la fin du mois d'août. Au FM93, cela signifie la mise à mort, d'ici septembre, de Weekend Rock d'Yves Laramée, qui joue les samedis et dimanches à partir de 10 h.

Avec tous les services numériques comme Spotify, qui permettent d'écouter un catalogue quasi infini, les radios musicales en arrachent ces temps-ci, tandis que les radios parlées ont le vent dans les voiles. Seulement deux émissions à caractère musical, soit Rythme au travail (am) et Rythme au travail (pm), apparaissent dans le top 10 des émissions de radio les plus écoutées à Montréal.




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