Perdre un peu «sa douce public»

Cinq ans après la fin de 3600 secondes... (photo Jocelyn Michel, fournie par artv)

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Cinq ans après la fin de 3600 secondes d'extase, Marc Labrèche est de retour à la barre d'une émission de télévision avec Info, sexe et mensonges.

photo Jocelyn Michel, fournie par artv

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Malheureusement, je n'ai pas beaucoup ri en visionnant la première d'Info, sexe et mensonges de Marc Labrèche, qui a été diffusée vendredi soir sur les ondes d'ARTV.

Pour une émission humoristique compacte qui ne dure que 30 minutes, ce n'est pas normal que des segments s'étirent inutilement comme l'arrivée du poussiéreux «mandat» de Radio-Canada en studio, qui n'en finissait plus de finir.

Cette première demi-heure manquait de rythme et de structure. Si l'intention derrière Info, sexe et mensonges est de créer un Daily Show québécois ou de suivre les traces du brillant John Oliver sur HBO, il faudra bonifier le contenu de l'émission, l'étoffer, mettre de la viande autour de l'os. Car la matière brute avec laquelle jonglait le fantaisiste vendredi était plutôt aérienne et périmée.

Pourquoi bâtir la moitié de l'émission autour d'un reportage de Radio-Canada qui date de septembre 2014? Le sort des travailleurs mexicains et guatémaltèques dans les champs du Québec a de toute évidence évolué depuis. Il aurait fallu inclure une mise à jour, il me semble. C'était un peu paresseux. On ne se sentait pas du tout dans l'actualité récente.

Aussi, les pubs d'Old El Paso de Manuel Tadros dont se moquait l'animateur datent d'il y a cinq ans. Il y avait certainement moyen de dénicher une référence plus contemporaine. Par contre, le générique de fermeture, un montage de personnalités publiques ayant menti à la face du monde entier, est un petit bijou à la Infoman.

Dans les dernières années, Marc Labrèche nous a habitués à des sketches délirants, des perruques en carton impossibles, des personnages exubérants et des imitations à la Christian «vino» Bégin. Avec son nouveau projet, il est seul, dans un superbe décor circulaire, mais sans collaborateurs comme Pierre Brassard, sans Anne Dorval pour le relancer et sans costumes flamboyants. Faudra s'habituer à cette formule dénudée, où Marc Labrèche a carte blanche à 100 %.

Cela dit, les émissions de Marc Labrèche (3600 secondes d'extase, La fin du monde est à 7 heures) mettent toujours plusieurs semaines avant d'atteindre leur vitesse de croisière. C'était une première pour Info, sexe et mensonges.

Ça risque de s'améliorer et de mieux cerner son ton. Marc Labrèche demeure un formidable raconteur. Il peut discourir d'à peu près n'importe quoi et rendre le sujet intéressant.

Il y a un autre truc qui agace avec Info, sexe et mensonges. Labrèche part sur de grandes envolées oratoires - un brin éparpillées - et on finit par ne plus démêler le vrai du faux. Remarquez, ça fait peut-être partie du concept, d'où le mot «mensonges» dans le titre, mais quand on fait de l'éditorial sur des enjeux de société sérieux, il faut que la frontière entre les gags et les «vraies informations» soit mieux tracée. Là-dessus, c'est au producteur et au diffuseur à mieux encadrer leur vedette.

De retour après le congé estival, les commentateurs de C'est juste de la TV ont eux aussi émis des commentaires mitigés sur le retour de Marc Labrèche au petit écran. Comme quoi la liste des intouchables du showbiz québécois raccourcit d'année en année.

Pour sa dixième saison, le magazine C'est juste de la TV a rafraîchi son imagerie visuelle (très jolie) et déplacé ses discussions dans un salon feutré. Dans ce format compressé à 60 minutes, l'émission n'a conservé que l'essentiel, soit le zapping, le «ça m'allume» et le réparateur, les portions les plus appréciées des téléspectateurs. Très bonne décision.

Car on se branche sur C'est juste de la TV pour entendre ce que les panélistes ont pensé de telle ou telle production. Les reportages et autres bébelles nous éloignaient de la mission première de ce magazine, qui est de passer aux rayons X le petit écran d'ici et d'ailleurs.

Serge Denoncourt ajoute du piquant et beaucoup de verve dans l'équipe. Sa sortie virulente contre Célibataires et nus de MusiquePlus a été savoureuse.

J'aime aussi que l'animatrice Anne-Marie Withenshaw se mouille et ne fasse pas que passer les plats entre Thérèse Parisien, Dave-Éric Ouellet et Serge Denoncourt. Le courant passe très bien entre les membres du quatuor, ce qui n'a pas toujours été le cas à C'est juste de la TV, n'est-ce pas, Lise Payette?

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