L'imposteur: d'autres vies que la sienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il faut absolument enfourner les deux premiers épisodes de L'imposteur pour devenir accro à ce thriller policier de TVA. Car la première heure, une mise en bouche qui se déguste lentement, ne rend pas justice au reste de cette télésérie beaucoup plus haletante et stressante que contemplative.

Voilà sans doute pourquoi TVA servira un programme double de L'imposteur lundi soir. À 21 h, place à la diffusion traditionnelle. Puis à 22 h, vous pourrez attaquer immédiatement la deuxième heure sur le site web de TVA. Conseil, ici: enchaînez-les. Sinon, vous risquez de décrocher.

Plutôt aride, le premier épisode plante le personnage principal dans son milieu de vie très modeste, l'est de Montréal, où les raffineries crachent leur épaisse fumée. Philippe Bouchard (Marc-André Grondin), cassé financièrement et brisé psychologiquement, échoue dans le sous-sol brun du bungalow de ses parents (Raymond Bouchard et Francine Ruel) après sept ans passés en prison pour une transaction de drogue qui a foiré.

Pendant 45 minutes, ça s'étire trop, nous voyons Philippe le loser se cogner le nez à des portes qui se ferment devant lui. Impossible de décrocher un boulot avec un casier judiciaire. Impossible, donc, de rembourser une vieille dette de 50 000 $ contractée avant son incarcération. Et impossible de rétablir le contact avec sa fille de 13 ans, qui habite avec son ex-copine (Catherine de Léan).

Dans l'entourage de Philippe gravitent de beaux personnages comme la belle-soeur chipie (Émilie Bibeau), le prêteur sur gages crotté (Martin Dubreuil) et le frère à la loyauté incassable (Guillaume Cyr).

C'est toutefois dans les dernières secondes que le punch nous frappe en plein visage. Enfin, une possible rédemption s'offre à Philippe. L'attrape? Il s'agit d'une double vie: Philippe s'appropriera l'identité d'un homme d'affaires riche et prospère, tout ce qu'il n'est pas, finalement.

Les rouages du suspense s'enclenchent et L'imposteur prend de la vitesse. À la fin du deuxième épisode, on se demande comment Philippe se sortira du pétrin et boum! l'émission exécute un demi-tour complet. Même scénario au troisième épisode. Vous pensez décoder ce qui se trame et paf! l'action part dans la direction opposée. Voici de la bonne télé addictive de type Netflix.

Les nombreux retournements de L'imposteur, toujours plausibles, vous berneront à tout coup. C'est habilement amené par les auteurs Annie Piérard et Bernard Dansereau de Toute la vérité, qui ont pondu L'imposteur avec leur fils Étienne Piérard-Dansereau.

Pas question, cependant, d'entrer dans les détails. Cela ruinerait votre écoute.

Marc-André Grondin réussit à rendre aimable un personnage taciturne qui ne sourit jamais. Au départ, on a le goût de lui botter le derrière à son Philippe. Réveille, le grand! Mettons qu'il n'attire pas notre sympathie.

C'est quand Philippe se glisse dans la peau de son double que le déclic se produit. Ce va-et-vient entre deux univers diamétralement opposés expose toutes les carences, les blessures et la vulnérabilité du personnage. Là, on se range enfin de son côté et on croise les doigts pour que la police ne le pince pas une deuxième fois.

Denis Bouchard, Sophie Desmarais, Patrice Robitaille, François Chénier et Marie Brassard apparaîtront également dans cette télésérie de 10 épisodes au superbe look industrialo-chic. Décrire leurs rôles divulgâcherait le récit. C'est top secret à ce point-là.

Bémol: dans les flash-back, la perruque que porte Marc-André Grondin dérange par sa laideur, comme les rallonges de Pierre-Yves Cardinal dans Le clan. On pourrait alors le rebaptiser L'imposticheur, mais on ne veut pas ça.

Télé-chiffres

La diffusion combinée de Célibataires et nus à V et MusiquePlus a intéressé un total de 180 000 personnes jeudi dernier. C'est énorme pour une production aussi vide, qui manque de vernis et de classe.

Lundi soir, la finale du Combat des villes à Radio-Canada (337 000) a été aplatie par la présentation spéciale de Sucré, salé de la rentrée (1 098 000) à TVA.

Du côté de V, départ intéressant pour le Coup de foudre de Mathieu Baron, dont les deux premiers épisodes ont été respectivement visionnés par 356 000 et 311 000 curieux.

Toujours à V, la nouveauté Tu m'aimes, tu mens, où des célibataires jouent à Columbo, a chatouillé l'intérêt de 228 000 téléphiles.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer