Fragile Céline

Fidèle à sa réputation de livre ouvert, Céline... (Photo fournie par TVA)

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Fidèle à sa réputation de livre ouvert, Céline Dion a parlé de tout, hier soir à TVA.

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Ce n'est pas le courage ni la force de Céline Dion qui ont été frappants hier soir à TVA. C'est plutôt sa fragilité, son émotivité à fleur de peau et sa petite voix étouffée, qui manquait de casser dans les moments où elle évoquait le souvenir de son époux, parti au ciel comme dans le film d'animation Up.

C'est loin d'être un reproche, au contraire. La vulnérabilité, c'est une magnifique qualité, pas un défaut. Derrière la façade impeccable de bravoure qu'elle montre depuis quatre mois à ses trois enfants et à son public, on a senti que la diva de Las Vegas souffrait encore beaucoup. C'était flagrant hier, quasiment inquiétant.

On avait le goût de faire un gros câlin à la petite Céline terrorisée qui se cachait sous ses beaux vêtements. On la sentait très seule dans son bateau et l'image de l'imposante salle vide derrière elle renforçait ce sentiment.

Personne ne blâmerait Céline de pleurer toutes les larmes de son corps, de s'encabaner avec sa famille et de ne plus donner de spectacles pendant un an, deux ans, le temps qu'il lui faudra pour guérir. L'extrait d'All By Myself qui a été remontré hier - où la star s'effondre sur la scène - est toujours aussi crève-coeur.

Assise devant Marie-Claude Barrette pour la première fois, la chanteuse de Charlemagne a été plus posée, plus distante que lorsqu'elle discute avec Julie Snyder, sa confidente habituelle. Il y avait une retenue similaire à celle qui régnait sur le plateau de Tout le monde en parle lors du passage remarqué de Céline Dion, en novembre 2012.

Aurait-elle été plus émotive devant Julie, qui la connaît depuis si longtemps? Probablement. Le ton aurait certainement été différent, d'un côté comme de l'autre.

Ce n'est pas une femme sereine que nous avons vue hier, mais une mère de famille protectrice qui se débat pour que rien ne s'écroule autour d'elle. Imaginez l'énergie que ça doit lui siphonner.

L'émission Céline maintenant a démarré sur une narration quasi hollywoodienne de Gilbert Sicotte qui ne cadrait pas du tout avec la sobriété des propos à venir. On se serait quasiment cru dans Accès illimité avec la descente de limousine d'une supervedette cachée derrière d'immenses verres fumés.

Fidèle à sa réputation de livre ouvert, Céline Dion a parlé de tout: de l'heure de la mort de son mari (entre 3h et 4h), de l'équipement médical qui meublait sa chambre, du fait que René-Charles, 15 ans et demi, n'a pas voulu voir le corps de son père, de la petite cabane à sucre des jumeaux érigée dans le salon et de l'importance qu'a eue le film Up dans l'acceptation du départ de René pour Nelson et Eddy, âgés de 5 ans. Papa est up et il n'a plus de bobo! On a même vu le lancer des ballons au ciel lors de l'inhumation, ce qui était limite voyeur.

Suivant les conseils de pro de sa styliste Annie Horth, Céline Dion, qui a blondi ses cheveux, avait enfilé une tunique fleurie ainsi qu'un pantalon court et large de la griffe Marni, de même que des escarpins Gucci. Un ensemble simple, chic, de bon goût.

Dans un court segment de quatre minutes relayé hier matin dans l'émission matinale Good Morning America du réseau ABC, la popstar a confié à la reporter Deborah Robert les dernières paroles qu'elle a soufflées à l'amour de sa vie: «Je lui ai dit: "Je veux que tu partes en paix, je ne veux pas que tu t'inquiètes. Tu t'es inquiété pour ma carrière, tu t'es inquiété pour les enfants, tu t'es inquiété pour tout. C'est assez. Je te promets que nous allons être OK."»

Aujourd'hui, quand elle regarde ses trois garçons, l'interprète endeuillée voit René Angélil, 73 ans. «Il vit à travers eux», a-t-elle remarqué lors d'une portion plus spirituelle de l'entretien.

Généreuse en entrevue, Céline Dion a répété plusieurs fois hier qu'elle était en paix. Ce côté ésotérique, alors qu'elle est si pragmatique d'habitude, ne lui ressemblait pas, je trouve. Comme si elle cherchait une bouée à laquelle s'accrocher pendant la tempête. Comme si elle cherchait une façon de se convaincre que «toute va être correct», la phrase fétiche de son René.

En même temps, ce serait tout aussi correct si «toute n'était pas correct», justement. On ne demande pas à Céline d'être une superwoman dans ces circonstances. On veut simplement qu'elle soit bien.

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