Séquelles manque de secousses

Les comédiens Élise Guilbault, Céline Bonnier, Stéphane Jacques et... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Les comédiens Élise Guilbault, Céline Bonnier, Stéphane Jacques et Jean-Nicolas Verreault à l'occasion du visionnement de presse de la série Séquelles.

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J'ai été déçu par la minisérie policière Séquelles, que Séries+ met en orbite le mercredi 6 avril à 21 h, en programme double. Voilà, c'est écrit.

Déçu parce que les dialogues, trop plaqués, ne coulent pas de source. Déçu parce que les chicanes de policiers empiètent trop sur le volet «tueur en série» de Séquelles, beaucoup plus captivant.

Déçu parce que la distribution cinq étoiles (Céline Bonnier, Élise Guilbault, François Papineau et David Boutin) ne brille pas autant qu'elle le devrait dans cette production dérivée du bouquin Le cri du cerf de Johanne Seymour.

À l'heure où les polars télévisés, notamment ceux assemblés en Scandinavie (The Killing, The Bridge), nous clouent au sofa, Séquelles ne réinvente pas ce genre. C'est correct, sans plus.

C'est dommage, car le personnage principal de Séquelles, l'enquêteuse Kate McDougall (excellente Céline Bonnier), regorge de potentiel. Femme empoisonnée par un passé traumatisant, Kate l'imparfaite boit comme un trou, néglige son apparence et déteste l'autorité, ce qui lui a valu d'être virée des crimes majeurs à Montréal et mutée à Brome-Perkins, où elle résout maintenant des vols de véhicules tout-terrain.

Kate McDougall est un porc-épic, une tête forte et une justicière qui ne recule devant rien pour protéger les enfants des criminels. D'ailleurs, après un cauchemar violent impliquant une gamine, Kate plonge dans son lac pour se refroidir les esprits et découvre, sur les berges, le corps d'une fillette de 9 ans, égorgée et vidée de son sang. Dans les poches de la victime, on trouve une lettre de scrabble enveloppée dans du coton à fromage.

Quelqu'un tente de passer un message à l'asociale Kate. Mais qui? Et pourquoi? Voilà du matériel exquis pour un thriller. Le problème, c'est que la scénariste Johanne Seymour s'écarte de cette intrigue glauque et insiste lourdement sur les jeux de pouvoir au sein de la police provinciale. Bref, elle nous perd. Les liens d'autorité entre tous les flics se tissent de façon pataude.

Et le personnage du sergent-chef Brodeur (Alexis Martin) manque de crédibilité. Brodeur déteste tellement Kate qu'il essaie de l'accuser du meurtre de la petite fille du lac. Ça ne tient pas la route.

L'enquête piétine et Kate, obligée de consulter une psychologue (Élise Guilbault), se ferme comme une huître. Après la sixième séance sur le divan, on imagine que Kate finira par s'ouvrir. Mais non. L'histoire fait du surplace.

Puis, vers la fin du deuxième épisode, on raccroche. La police repêche un deuxième corps d'enfant et découvre un deuxième jeton de scrabble. Le meurtrier, que l'on voit de dos, a même laissé une énigme à résoudre. Là, on tient quelque chose de diablement intéressant: qui est celui que les médias ont baptisé le Monstre du lac?

La caméra de Louis Bélanger (Les mauvaises herbes, En thérapie) filme de façon magnifique les Cantons-de-l'Est à l'automne. Vraiment, c'est superbe.

Le livre Le cri du cerf tient sur 330 pages. Peut-être qu'il aurait été plus sage de l'adapter sur quatre épisodes au lieu de six, question de ne pas trop diluer le récit.

Des Mensonges prenants

Toujours dans le domaine policier, ne ratez pas le début de la troisième saison de Mensonges, que la chaîne spécialisée AddikTV a relancé jeudi soir (21 h). On ne se tanne pas des enquêtes complexes de Julie Beauchemin (Fanny Mallette), Maxime Moreli (Éric Bruneau) et Bob Crépault (Sylvain Marcel).

L'action de Mensonges 3 reprend moins de 12 heures après la fin de la deuxième année. L'auteur Gilles Desjardins fignole toujours ses dossiers avec une plume aussi vive qu'intelligente.

Avec l'arrestation de Phil Walker (Normand D'Amour), notre trio à l'escouade des homicides a maintenant un nouveau patron: Pat Fortin, incarné par Sébastien Delorme. «C'est un enquêteur-vedette, un kid kodak qui comprend les médias. C'est un spécialiste du frame-up et du bluff», raconte la productrice de Mensonges, Sophie Deschênes, de Sovimage.

L'étau se resserre autour de Maxime après la découverte du corps calciné - toasté des deux bords, selon l'attachant Bob - de l'avocat véreux Martin Champagne (Yves Jacques), dit le Magicien.

Enceinte de Maxime, Julie soupçonne que quelque chose cloche dans cette affaire sordide. Elle aussi détenue, Corinne Caron (Élise Guilbault), alias Mme Ballon, lui refilera-t-elle les infos nécessaires pour assembler toutes les pièces du puzzle du réseau de pédophiles?

N'oublions pas la belle Carla Moreli (Mélissa Désormeaux-Poulin), qui a également un cadavre sur les bras: celui du producteur de pornographie qu'elle a abattu au motel. Comment s'en débarrassera-t-elle?

Voilà une série qui a du souffle, du rythme et du mordant. À programmer dans votre enregistreur numérique sans hésitation.

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