Crever l'abcès. Et vite!

Stephane Bellavance et Pénélope McQuade ont présenté dimanche... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Stephane Bellavance et Pénélope McQuade ont présenté dimanche un gala sans éclat qui ne s'est pas éternisé inutilement.

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Il fallait arracher le diachylon. Et ç'a été fait très rapidement dimanche soir. Les remerciements ont été raccourcis, le rythme de la soirée a été accéléré, les numéros de variétés ont été éradiqués, et en deux heures top chrono, on a quasiment entendu Stephane Bellavance et Pénélope McQuade pousser un long soupir de soulagement. Enfin, c'est fini.

Les deux maîtres de cérémonie ont passé le gala un pied sur l'accélérateur et un pied sur le frein. La montagne de contraintes imposées au tandem d'animateurs n'a pas dû être évidente à gérer.

Résultat? Nous avons assisté à une cérémonie de transition timorée, certains la qualifieront de terne et de générique, où personne ne souhaitait prononcer les mots honnis (Claude Jutra!) et où personne ne désirait pousser la blague de trop. On sentait une grande nervosité dans la salle et sur la scène.

Imaginez. S'il avait fallu qu'une autre controverse éclate, le milieu du cinéma québécois aurait implosé, c'est clair. Cette prudence extrême était nécessaire. Mieux vaut un gala ordinaire qu'un gala qui dérape, non?

Même le trophée remplaçant le Jutra était quelconque. Fait de bois blanc, il ressemblait davantage à une bûche d'allumage vendue dans tous les Boni Soir en région qu'à un objet prestigieux. 

Certains téléspectateurs ont d'abord pensé qu'il s'agissait d'une boîte en styromousse dans laquelle se cachait la vraie statuette, qui a aussi été comparée à une pinte de lait design, une lampe Ikea, une boîte de mouchoirs, un Tetra Pak de vin rouge ou une urne funéraire stylisée.

Dans les premières secondes du gala, Pénélope McQuade et Stephane Bellavance, tous deux habillés en noir, ont tout de suite offert leur soutien aux «victimes enfermées dans leur silence». Geste impératif et élégant. Reste que le malaise «Jutra» n'aura jamais complètement été dissipé.

Le numéro d'ouverture a jumelé des répliques réelles de films québécois à des événements d'actualité du septième art comme le débat sur les films pointus et grand public ou l'absence de Martine Francke dans les finalistes. Bonne idée, qui n'a pas été bien reçue au parterre du Monument-National, où ça ne rigolait pas fort, fort.

La reconstitution du scénario des quatre productions millionnaires au box-office (Paul à Québec, La passion d'Augustine, Le mirage et La guerre des tuques 3D) avec des jouets et autres objets s'est étirée inutilement. Plus compressée, cette vignette aurait gagné en punch, car elle contenait quelques flashs payants.

Les vérités sur l'industrie du cinéma, c'est le personnage fictif du stagiaire Souverain Pascal (Irdens Exantus) du film Guibord s'en va-t-en guerre qui les a sorties. Longs métrages qui restent à l'affiche deux semaines dans trois salles, diffusion en pleine nuit ou «boudage» des comédies par les comités de sélection: le message, enrobé dans l'humour, a passé de façon super efficace.

Autre bon segment: l'hommage tout en musique au compositeur François Dompierre. Tout un pan de notre cinématographie a alors défilé (Le matou, Bonheur d'occasion, Le déclin de l'empire américain), bercé par les voix de Louise Forestier, Catherine Major et Martin Léon. Simple, touchant, rien à voir avec l'hommage raté à Dominique Michel à l'ADISQ. Et il maîtrise bien l'art de l'anecdote, M. Dompierre.

À oublier, ce décor de blocs de couleurs vives, qui faisait très années 90. À souligner, le triomphe du très beau film La passion d'Augustine de Léa Pool.

Vous voyez, chers cinéastes, c'est possible qu'un film d'auteur engrange plus de 1 million aux tourniquets et qu'il séduise l'Académie.

Pas besoin de toujours se rouler dans la douleur pour fabriquer des oeuvres de qualité. La réalisatrice Léa Pool a d'ailleurs chaleureusement salué le public qui a encouragé ses religieuses.

Autre constat: le cinéma québécois fait beaucoup plus de place à la diversité culturelle que la télévision. Producteurs de téléséries, on prend des notes ici.

Au rayon des remerciements, peu de grands frissons. Le discours qui a suscité le plus de réactions a été celui du documentariste Patricio Henríquez, qui a rabroué la présidente du Front national, Marine Le Pen.

Sinon, l'émotion des lauréats était loin d'être contagieuse. Céline Bonnier a eu beau dire «chus ben énervée» au micro, mettons que ça ne transparaissait pas dans nos salons.

Comme ont sûrement soupiré Stephane et Pénélope, enfin, c'est fini.

Retour de Trogi-Morissette

Ricardo Trogi et Louis Morissette ont fait équipe sur Le mirage, film populaire qui a été boudé dimanche soir. Peu importe. Le cinéaste et le producteur de KOTV poursuivront leur association professionnelle dans une nouvelle télésérie destinée à Radio-Canada, dont les textes ont été pondus par l'humoriste Kim Lizotte.

Cette comédie, que mes taupes décrivent comme le «Girls du Québec», s'appelle Les Simone. On y vise, un peu comme Like-moi à Télé-Québec, la génération Y, clientèle que tous les diffuseurs s'arrachent. Le tournage démarrera très bientôt.

Selon mes espions, Radio-Canada dévoilera la distribution complète des Simone demain après-midi. Votre rapporteur officiel, le père Ovide des temps modernes, y sera, bien évidemment.

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