Rafale hivernale payante

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Adoptant le modèle de Netflix, qui encourage le gavage télévisuel, les dix épisodes de Série noire 2 ont été versés dans l'Extra d'ICI Tou.tv le 4 novembre dernier. Un mois plus tard, le nombre d'abonnés payants au service en ligne de Radio-Canada avait doublé.

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Il ne me reste que trois épisodes à consommer de la deuxième saison de Série noire. Et je repousse le moment fatidique des adieux, car après, il n'y aura plus jamais de Marc Arcand (intense Marc Beaupré) ou d'East Gay Gang (l'EGG, pour les intimes).

Le vide sera grand, car ce deuxième chapitre de Série noire surpasse de beaucoup le premier. C'est déchaîné. Ça commence comme un thriller politico-policier à Alma et ça se métamorphose, à mi-parcours, en incursion dans les coulisses du monde de la télé montréalaise, avec une productrice incompétente (non, ce n'est pas la formidable Louise) qui vend des bijoux de pacotille et un directeur de la programmation (Alain Zouvi) qui tourne une promo estivale ridicule de La loi de la justice sur une toune de Club Med.

Il y a au moins un mort dans Série noire 2, un braquage de banque, un micropénis, du chloroforme, des scorpions, un clone de Boba Fett, une tentative de suicide, une mystérieuse Deep Throat, un test de grossesse positif, une bombe artisanale, un cercueil déterré, plusieurs comprimés de speed et un poil pubien compromettant.

Ces éléments du scénario semblent n'avoir aucun lien entre eux, mais tout ça se tient de façon parfaitement cohérente. Les aventures rocambolesques des scénaristes de télévision Denis Rondeau (François Létourneau) et Patrick Bouchard (Vincent-Guillaume Otis), toujours dans un processus d'écriture immersive, déboulent à un rythme effréné dans nos écrans.

Adoptant le modèle de Netflix, qui encourage le gavage télévisuel, les dix épisodes de Série noire 2 ont été versés dans l'Extra d'ICI Tou.tv le 4 novembre dernier. Un mois plus tard, le nombre d'abonnés payants au service en ligne de Radio-Canada avait doublé. Ce qui confirme le pouvoir d'attraction de cette émission haut de gamme auprès d'une clientèle « premium », prête à sortir sa carte de crédit pour du contenu de qualité.

Aux dernières nouvelles, Série noire 2 avait généré quelque 262 000 branchements sur l'Extra d'ICI Tou.tv, près de quatre fois plus qu'Outlander - Le chardon et le tartan, que les langues sales ont rebaptisé Outlander - Le charbon et le tartare.

Un branchement sur l'Extra d'ICI Tou.tv équivaut au déclenchement du visionnement d'un épisode. Règle générale, 80 % des abonnés de l'Extra qui activent un épisode de Série noire le dévorent jusqu'à la fin.

J'ai vu sept épisodes de Série noire 2, je compte donc pour sept branchements dans le total. Pour emprunter un gros raccourci, 262 000 branchements pour cette télésérie de dix heures se traduiraient en une cote d'écoute traditionnelle de 26 200 personnes.

Ça semble peu. Pour la société d'État, c'est le pactole. « Ça fait beaucoup de promotion pour l'émission. Les gens en parlent. Et cinq fois plus de gens sont allés regarder la première saison de Série noire, également disponible sur l'Extra », m'explique la grande patronne de la télé de Radio-Canada, Dominique Chaloult.

Ce n'est qu'après la diffusion traditionnelle, qui s'est amorcée à 21 h hier, que la SRC saura si l'opération Série noire 2 aura été rentable.

Pour combler les fans aussi maniaques de détails que Denis Rondeau, Radio-Canada diffuse, tous les vendredis à 22 h sur son site web, un court talk-show d'après-match intitulé Série noire - L'obsession, qu'anime et réalise Sébastien Diaz. Il y reçoit un invité (première : Pénélope McQuade) qui en pince pour l'émission. C'est très bien fait et c'est l'endroit idéal pour libérer le geek en vous.

TOUJOURS AUSSI ADULESCENTS

Sam (Sugar Sammy) quitte enfin le nid familial. Simon (Simon-Olivier Fecteau) essaie d'être moins lavette. Mais les deux meilleurs amis prolongent leur joyeuse adulescence dans la troisième saison de Ces gars-là, qui reprend les ondes de V lundi à 20 h.

Les dix nouveaux épisodes mettent davantage l'accent sur le comique et délaissent les intrigues plus dramatiques, ce qui est une excellente décision. Plus Sam et Simon multiplient les niaiseries, plus on les aime.

Plusieurs situations cocasses au menu cet hiver : Simon aboutira dans un fauteuil roulant, Sam tentera de se sortir d'un mariage arrangé et Simon pensera être atteint du syndrome d'Asperger, un sujet délicat abordé avec délicatesse.

On connaît bien les parents de Sam et on découvrira cette année les parents de Simon, joués par Gilbert Sicotte et Suzanne Garceau. Le meilleur ami Massimo et la fille qui pue de la bouche seront aussi de retour.

J'ai vu trois bons épisodes de Ces gars-là cette semaine, dont un qui pastiche la série Chips et un autre qui revisite le référendum de 1995 sur trame de fond immobilière. C'est que la phase deux du complexe de condominiums où habite Sam souhaite se séparer des phases un, trois et quatre, qui hébergeraient trop de nouveaux arrivants. Un scrutin populaire s'organise, Sam milite évidemment contre la sécession et je vous laisse deviner à qui ressemble le président du comité du Oui. Indice : on l'appelle Monsieur !

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