Gagnants éparpillés, imprévisibles et incongrus

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Lady Gaga a causé la surprise en remportant le prix de la meilleure actrice dans une minisérie ou un téléfilm pour son rôle dans American Horror Story : Hotel.

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Non mais, quel gala bizarre et décousu que celui des Golden Globes présenté hier soir. Le pire du pire ? La très étrange Lady Gaga, qui a été franchement ordinaire - voire mauvaise - dans American Horror Story : Hotel, est repartie chez elle avec les grands honneurs.

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Taraji P. Henson est repartie avec le prix de la meilleure actrice dans une série dramatique.

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Au secours. Voilà une victoire insultante pour des actrices autrement plus douées que Mme Gaga comme Felicity Huffman (American Crime) ou Kirsten Dunst (Fargo), qui méritaient tellement plus de faire des remerciements au micro. D'ailleurs, American Horror Story, c'est devenu du grand n'importe quoi. Ce n'est plus du tout regardable. À la poubelle !

D'habitude, la Hollywood Foreign Press Association, qui élit les vainqueurs de la cérémonie, vise assez juste pour les émissions de télévision. Mais hier, plusieurs choix ont fait grincer des dents (parfaitement droites et blanches, il va sans dire) à Hollywood. Les Golden Globes ont été saupoudrés aux quatre coins de la salle de bal du Beverly Hilton, sans logique apparente. Prédire les gagnants s'est donc avéré quasi impossible.

En comédie, Mozart in the Jungle du service Amazon, qui explore les coulisses de l'Orchestre philharmonique de New York, a écarté du podium les brillantes comédies Transparent d'Amazon, Veep de HBO et Orange Is the New Black de Netflix. Étrange. Les critiques n'ont pourtant pas été dithyrambiques (un B- dans Entertainment Weekly) pour cette oeuvre peu connue, qui n'a pas généré une abondante couverture médiatique.

La présence de Gael García Bernal dans Mozart in the Jungle - il y incarne un chef d'orchestre excentrique - a été saluée hier, alors que tous les experts prédisaient un gain facile à Jeffrey Tambor de Transparent. Oups. Aurions-nous raté le buzz de l'année ?

En minisérie, le triomphe de Fargo semblait assuré. Mais non. C'est plutôt la minisérie historique Wolf Hall de la BBC qui l'a emporté. Cette production, relayée par PBS et découpée en six tranches d'une heure, raconte l'ascension de Thomas Cromwell dans la cour d'Henri VIII, au début du XVIe siècle.

L'acteur Jon Hamm, alias le publicitaire tourmenté Don Draper, a brillé pour la toute dernière saison de Mad Men. Statuette amplement méritée, même si Rami Malek, qui a porté le techno-thriller Mr. Robot à bout de bras, méritait tout autant d'empoigner la récompense.

Heureusement, Mr. Robot a été sacrée meilleure série dramatique, se faufilant devant des poids lourds tels Game of Thrones et Narcos. AddikTV a acheté la première saison de Mr. Robot et la programmera à l'automne. C'est captivant. Toujours dans Mr. Robot, le vétéran Christian Slater a agrippé un trophée, question de couvrir d'or son grand retour.

Bien content du prix d'interprétation attribué à la flamboyante Taraji P. Henson de la série Empire de Fox. Si ce soap à la sauce hip-hop est aussi délicieux, c'est en grande partie grâce à sa scintillante Cookie, jamais à court de répliques corrosives.

La lauréate la plus expressive a sans aucun doute été la pétillante vedette de Crazy Ex-Girlfriend, Rachel Bloom, une nouvelle venue sur le circuit. Crazy Ex-Girlfriend raconte, en paroles et en chansons, le déménagement d'une brillante avocate de New York dans une minuscule ville de la Californie, où habite son ancien petit ami. Pour fans de comédies musicales seulement.

Pendant le temps des Fêtes, j'ai entamé la minisérie Show Me a Hero de HBO, du même créateur que The Wire. C'est vraiment très bien. Ça raconte les vives tensions qui ont secoué Yonkers, en banlieue de New York, à la fin des années 80, à propos de la construction de HLM dans des quartiers à majorité blanche. L'acteur Oscar Isaac, gagnant d'un Golden Globe hier, y incarne un conseiller municipal qui brigue la mairie.

Après une pause de trois ans, où les drôlissimes Amy Poehler et Tina Fey ont officié derrière le lutrin, le Britannique Ricky Gervais est revenu canarder le gratin hollywoodien hier, toujours accompagné de son verre de bière.

C'était sa quatrième fois, et probablement sa moins bonne performance. Son monologue d'ouverture a moins grincé que prévu et il n'a pas atteint la brillance comique de Tina Fey et Amy Poehler. Cela dit, Ricky Gervais, très allumé, a saisi toutes les balles au bond et a été plus présent, tout au long du gala, que le tandem Fey-Poehler.

Suggestion, comme ça : pourquoi ne pas confier l'animation de l'an prochain à Amy Schumer et Jennifer Lawrence ? Elles seraient parfaites.

Cette 73e remise des Golden Globes a marqué un tournant dans l'industrie de la télévision américaine. Pour la première fois de (sa jeune) histoire, le service en ligne Netflix avait récolté plus de sélections (huit) que la prestigieuse chaîne câblée HBO (sept), la reine de la télé de qualité depuis la fin des années 90.

L'an passé, HBO avait cumulé un total de 15 mises en nomination, comparativement à 7 pour Netflix.

Malheureusement, aucune des productions de Netflix n'a été remarquée hier soir. Pas de House of Cards. Pas de Bloodline. Ni de Narcos. Comme le dit si bien mon père : grosse vitrine, petit magasin ?

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