Paula pense maintenant internet!

Catherine Bérubé, Danny Gilmore, Julie Perreault et Luc... (PHOTO FOURNIE PAR TVA)

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Catherine Bérubé, Danny Gilmore, Julie Perreault et Luc Picard font partie de la distribution de la deuxième saison des Jeunes loups.

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La game a véritablement changé. Paula Champagne (France Castel) envoie maintenant des textos. La chef de pupitre Maripier Renaud (Catherine Bérubé) sacre moins et a perdu sa quincaillerie faciale ainsi que sa coupe rasée à la Lisbeth Salander.

Et la patronne Claudie St-Laurent (Julie Perreault)? Elle a enfin rangé ses vestes sans manches!

Au premier coup d'oeil, la deuxième saison des Jeunes loups de TVA s'annonce plus crédible et réaliste que la première, qui avait tout de même fasciné 1,6 million de téléspectateurs à l'hiver 2014. Le journal Le Matin publiera sa prochaine édition lundi à 21 h, en même temps que Les pays d'en haut de Radio-Canada. Bonjour la bataille des cotes d'écoute.

Les textes de Réjean Tremblay ont aussi été peaufinés, épurés. L'intrigue fait un petit saut de sept ou huit mois dans le temps, mais l'ensemble de l'oeuvre passe enfin des années 90 à aujourd'hui. C'est maintenant moderne et rythmé. Le côté clinquant de la télésérie a été éradiqué, Dieu merci, et tous les personnages semblent avoir suivi leur formation au Genius Bar d'Apple.

C'est le réalisateur François Gingras (Trauma, Fortier) qui a supervisé cette métamorphose nécessaire avec l'auteur. Tout y est moins gros, moins caricatural. En même temps, Réjean restera Réjean. Au deuxième épisode, il a inséré une scène de sexe assez gratuite - et potentiellement dangereuse -, qui se déroule dans une voiture roulant sur l'autoroute. Aucun divulgâcheur ici, mais vous imaginez facilement le portrait.

Plusieurs thèmes chers à Réjean Tremblay ressurgissent dans Les jeunes loups 2, comme le pouvoir irrésistible de l'argent, la corruption au sein des grandes institutions de même que les élites qui s'acoquinent les unes avec les autres, en méprisant le petit peuple.

Comme le dit le flic Trudeau (Nicolas Canuel) au vétéran reporter Marc Quenneville (Luc Picard): un bon policier qui gagne 85 000 $ par année résistera-t-il longtemps aux montagnes de fric d'un crotté qui essaie de le soudoyer?

Danny Gilmore reprend en douceur le rôle de... (PHOTO SÉBASTIEN RAYMOND, FOURNIE PAR TVA) - image 2.0

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Danny Gilmore reprend en douceur le rôle de Philippe St-Pierre, joué par Pierre-Yves Cardinal dans la première saison de la série. Julie Perreault est de retour dans le rôle de la patronne du journal Le Matin, Claudie St-Laurent.

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La première enquête journalistique de Quenneville, qui vise un père de famille indigne, le conduira jusqu'à Cuba. Ce papa cocaïnomane, clairement coupable d'avoir violenté son bébé, échappera à de graves accusations en raison de l'incompétence d'une jeune procureure de la Couronne.

Par contre, ce batteur d'enfants tombera dans les griffes d'un groupe de justiciers clandestins, qui punissent eux-mêmes les criminels ayant filé entre les mailles du système juridique. Très bon filon à exploiter.

Sur le point d'accoucher, la chroniqueuse artistique Marianne Desbiens (Jacynthe René) prépare aussi un coup fumant. Un influent réalisateur de cinéma a acheté - au rabais - un scénario de film à un de ses étudiants, qu'il a ensuite fourgué aux institutions pour obtenir de juteuses subventions. Parenthèse: on ne connaît toujours pas l'identité du père de l'enfant que porte Marianne. Son mari (Sébastien Delorme)? Ou son amant (Danny Gilmore)?

Au fait, la transition de Pierre-Yves Cardinal vers Danny Gilmore dans le rôle du reporter tombeur Philippe St-Pierre s'effectue en douceur. Le délai de deux ans entre la parution des deux chapitres des Jeunes loups a contribué, soyons honnête, à ce que ce changement s'exécute sans trop de bouleversements.

Réjean Tremblay a introduit au Matin une journaliste stagiaire originaire du Burkina Faso, un pays que le chroniqueur sportif a souvent visité et qui lui a inspiré une télésérie, Princesse Yennenga, qui a finalement été commercialisée sous forme de roman. Ce volet «africain» aurait pu être rayé du scénario. C'est souvent prévisible (l'excision!) et folklorique (la reporter africaine écrit ses articles au stylo!).

Ceci dit, Les jeunes loups possèdent ce petit côté séduisant qui nous scotche à l'écran pendant 45 minutes. Comment ne pas espérer très fort que ces électrons libres du journal Le Matin mettront à genoux les puissants de ce monde à coups de scoops et de reportages fracassants? Évidemment qu'on se range de leur côté. Et c'est clair que je vais visionner la série jusqu'à la dernière seconde.

Dans Les jeunes loups de Réjean Tremblay, le journalisme se pratique sur le terrain, avec le vrai monde. Ce qui n'est pas faux. Le style, le cran et la liberté sont les trois éléments qui séparent les bons reporters des mauvais. Encore ici, difficile de contredire Réjean.

Le personnage qui jappait le plus fort dans la première saison des Jeunes loups, la punkette Maripier, a été passablement adouci. L'irruption de son père (Marc Béland) nous révélera pourquoi notre Maripier s'est forgé un caractère aussi cassant.

Mais n'allez pas croire que la Maripier 2.0 ne livre plus le fond de sa pensée. À sa collègue Claudie, qui flirte avec un homme d'affaires riche et sexy (Francisco Randez), Maripier lancera: «Décolle-toi les genoux et laisse-toi pogner le cul.»

Réjean restera toujours Réjean.

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