Ariane, une femme exemplaire

Vincent-Guillaume Otis et Mélissa Désormeaux-Poulin forment un couple... (PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA)

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Vincent-Guillaume Otis et Mélissa Désormeaux-Poulin forment un couple d'avocats dans la série Ruptures.

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Quand la guigne frappe une télésérie, c'est rare qu'elle s'acharne jusqu'à la toute dernière seconde. Ce fut pourtant le cas pour Ruptures, une production dramatico-judiciaire de Fabienne Larouche qu'a réalisée Mariloup Wolfe.

Après le débrayage des techniciens l'été dernier, épuisés par la cadence de travail trop rapide sur le plateau, après la mort tragique du cantinier Carl Shunamon (et la récupération du décès à des fins syndicales) et après la coupe de plusieurs pages de textes pour boucler le tournage à temps, on aurait pu croire que l'équipe de Ruptures avait pas mal traversé le pire du pire.

Mais non. La malchance s'est poursuivie, mercredi matin, lors du visionnement de presse organisé par Radio-Canada. Les deux épisodes de Ruptures devant être montrés aux journalistes ont été compressés dans le mauvais format chez Vision globale. Oups. Impossible, donc, de les regarder sur grand écran.

Une version de secours, de qualité très inférieure, a ensuite été projetée, pour complètement geler après 22 minutes. Re-oups. Il n'y avait plus rien à faire. En 25 ans de carrière, Fabienne Larouche n'avait jamais vécu un tel enchaînement de poisse.

Les relationnistes ont alors abruptement mis fin à l'événement de presse et les chroniqueurs ont été invités à consommer les deux épisodes de Ruptures dans le confort de leur salon, via un site web sécurisé qui fonctionne habituellement très bien.

Mais non. Encore ici, bonjour les pépins techniques. Le deuxième épisode était illisible et il a fallu que la SRC l'envoie directement, dans l'après-midi, aux reporters qui couvrent la télévision. Re-re-oups.

Heureusement, tous ces désagréments ne migreront pas dans vos téléviseurs quand Ruptures y débarquera le mercredi 13 janvier à 21h sur les ondes de la SRC. Si vous avez flanché pour des émissions juridiques comme Toute la vérité, Suits ou The Good Wife, vous allez développer des atomes crochus avec cette production léchée des auteurs Isabelle Pelletier et Daniel Thibault, créateurs de Mirador et La vie parfaite. Luc Dionne (Blue Moon, Omertà) a également pianoté sur son clavier dans les derniers milles de la série.

Ruptures repose entièrement sur les épaules de la très douée Mélissa Désormeaux-Poulin, qui apparaît dans presque chacune des scènes. Elle y enfile les chics tailleurs d'Ariane Beaumont, 33 ans, une avocate en droit de la famille inspirée de la vraie procureure Suzanne Pringle, une amie proche de la productrice Fabienne Larouche.

Ariane, c'est une guerrière en escarpins griffés. C'est une battante, une passionnée, qui s'investit corps et âme dans les causes qu'elle porte à bout de bras, quitte à rogner sur sa vie personnelle. Ce qui ne plaît guère à son copain, Étienne (Vincent-Guillaume Otis), avocat en droit commercial dans le même prestigieux cabinet qu'elle.

Lui aussi possède une garde-robe du tonnerre. D'ailleurs, toutes les séquences de bureau, tournées à la Place Ville Marie, sont superbes. Avec tous ces personnages tirés à quatre épingles, on se croirait dans l'univers vitré et feutré de Suits, une de mes séries américaines préférées.

Ruptures démarre en lion. Ariane se rend à Toronto avec son client David (excellent Daniel Parent) pour récupérer ses deux enfants que sa propre femme Katia (Isabelle Guérard) a kidnappés. La caméra de Mariloup Wolfe est nerveuse. Et les pleurs incessants du bébé nous plongent dans un climat anxiogène, oppressant.

Le lourd conflit entre David et sa conjointe Katia ne se résoudra qu'à la fin du troisième épisode (sur un total de 12), ce qui est un brin lent. Ça manque de célérité dans ce dossier, mettons. Mais sur le fond, cette histoire de garde d'enfants nous entraîne dans des zones grises fort intéressantes.

Qui fait le meilleur parent entre un père épuisé qui a déjà secoué son bambin et une mère bipolaire qui ne prend plus ses médicaments? Même Ariane ne le sait plus trop.

À la firme De Vries, Lepage, Farley et Boily, Ariane entretient une relation ambiguë avec son mentor Claude (Isabel Richer), qui rentre au boulot après huit mois d'absence pour épuisement professionnel. Pendant cette éclipse, Ariane en a mené large et Claude sent le tapis glisser sous les talons hauts. Ces deux brillantes avocates se colletteront autant qu'elles s'entraideront.

Les deux premiers épisodes de Ruptures donnent le goût d'en voir davantage, ce qui est un bon signe. Par contre, je m'attendais à plus de drames et plus de larmes. Plus de punch aussi. Faudra voir les 10 épisodes suivants. Chose certaine, la matière scénaristique s'annonce fertile.

Et la réalisatrice Mariloup Wolfe? Elle s'en sort très bien. Sa série est sexy, dynamique et intelligente. Comme son héroïne Ariane, finalement.

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