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Je cours après Marie

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Le personnage de Marie Lamontagne se transforme étrangement depuis le début de la saison. Son passé serait-il plus trouble qu'elle le laissait paraître?

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Pas facile à suivre, notre chère Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay), dans Unité 9. Depuis son retour dans nos téléviseurs, au début de septembre, l'ex-présidente du comité des détenues de Lietteville affiche un air encore plus bête que ceux, combinés, de Nancy Prévost et d'Henriette Boulier.

Bien sûr, Marie accumule les raisons de broyer du noir: ses deux enfants ont péri dans un accident d'auto et elle croit dur comme fer que son mari Benoît Frigon (Patrice L'Écuyer) a agressé sa fille Léa. Il y a de quoi péter les plombs, direz-vous. C'est bien vrai.

Mais depuis les débuts d'Unité 9, Marie Lamontagne était un peu nos yeux et nos oreilles à Lietteville, comme si nous vivions l'incarcération à travers son cheminement. Voilà pourquoi on s'identifiait si facilement à cette femme - qui représentait le téléspectateur moyen, en quelque sorte - et qu'on éprouvait de la sympathie pour les malheurs qui s'abattaient sur elle. Plus maintenant. Marie a changé de camp.

L'auteure Danielle Trottier a exécuté cet automne une manoeuvre scénaristique aussi audacieuse que risquée, soit celle de transformer son héroïne en une vilaine. Et pour l'instant, les résultats sont très mitigés, je trouve.

Radicalisation

Marie Lamontagne s'est radicalisée, contrairement à ses consoeurs Jeanne Biron (Ève Landry) ou Henriette (Danielle Proulx), dont le caractère s'est adouci. Tous les mardis soirs, le visage de Marie est fermé, grave et dur. Alors qu'elle a toujours materné ses compagnes de cellule, la colérique Marie les bardasse allègrement. Suzanne (Céline Bonnier), sur le point de sortir de Lietteville, a même été utilisée comme mule.

Parenthèse, ici: le propriétaire de l'animalerie où travaille l'inoffensive Suzanne est vraiment louche. Trop, même.

En nouant une amitié intéressée avec Bétina (Claudia Ferri), Marie, de plus en plus violente, s'assure aussi de contrôler le stock qui entre au pénitencier. Bref, elle s'est transformée en caïd aussi redoutable et manipulatrice que Bouba (Ayisha Issa). Un virage à 180 degrés pour Marie, qui a toujours été la «bonne» parmi les «méchantes».

La métamorphose inattendue de Marie Lamontagne ressemble beaucoup à celle qu'a vécue la prisonnière Bea Smith dans l'excellente télésérie australienne Wentworth, disponible actuellement sur Netflix et au printemps sur l'Extra de Tou.TV.

Pour terminer la conversion de Marie, voilà qu'elle multiplie les avances explicites envers Georges (Paul Doucet), alors qu'elle sait pertinemment que l'aumônier en pince pour elle. Elle cherche quoi, au juste, notre Marie? On la reconnaît à peine.

Patience requise

Ah oui, autre truc. Les preuves que Marie a récoltées pour accuser Benoît (un égoportrait et une robe tachée) sont bien minces pour la faire dérailler à ce point. Marie canalise toute sa détresse et sa peine dans un plan de vengeance basé sur à peu près rien de solide.

Pourquoi tout ce beau monde ne se parle-t-il pas afin de dissiper les ambiguïtés? À moins que Benoît-le-parfait ait vraiment couché avec Léa, ce qui serait un gros punch. Attendons la suite.

Parlant de patience, Unité 9 en exige beaucoup de ses fans cette saison-ci, notamment en raison des nombreuses intrigues qui demeurent en suspens.

En une demi-année, nous n'avons pratiquement rien appris sur la nouvelle infirmière sexy Gwendoline Bachand (Patricia Larivière), celle qui a lavé ses godemichés dans les toilettes de Lietteville. Son secret n'a toujours pas été éventé.

Aussi: où se cache Annie Surprenant (Anne Casabonne), qui s'est évadée au printemps? Aucune nouvelle. Une petite mise à jour sur son escapade ne ferait pas de tort.

Ficelles à attacher

Autre personne portée disparue: l'ami de coeur du directeur Normand Despins (François Papineau). Il est sans doute allé rejoindre l'ex-femme de Despins, campée par Julie du Page, de même que leur grande fille trisomique.

Quant à Caroline Laplante (Salomé Corbo), elle a abandonné trop rapidement, il me semble, la bataille pour revoir son petit garçon.

C'est certain que Danielle Trottier, une auteure méticuleuse, a échafaudé un plan d'ensemble pour chacun de ses personnages. Elle finira assurément par clore le destin de chacune des détenues.

Il reste qu'il y a encore beaucoup de boucles à boucler. Et si on ne veut pas perdre le fil, il faudrait peut-être commencer à en attacher quelques-unes.

Réflexion, en terminant: que voulait dire Lucie Lamontagne (Émilie Bibeau) quand elle a suggéré à Benoît, au dernier épisode, de s'éloigner de Marie pour éviter qu'elle ne le détruise? Et si Marie Lamontagne cachait un passé encore plus trouble qu'on ne le croyait?

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