Toi, Beth et Sébastien

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Le maladroit Rod (Emmanuel Bilodeau) tombe systématiquement dans les pommes à la vue d'une urne funéraire. C'est marrant? Nadine (Pierrette Robitaille) se mouche et produit quasiment le son d'un troupeau d'éléphants en fuite dans la savane africaine. Ça vous fait rigoler?

Si oui, programmez immédiatement votre enregistreur les jeudis à 19 h sur ARTV pour la comédie romantique Toi et moi. La deuxième saison de cette émission franco-ontarienne a repris les ondes cette semaine dans la plus grande discrétion, sans bruit de porte qui claque ou de personne qui déboule les escaliers. Pour une «primeur» à ARTV, on aura vu des campagnes publicitaires plus dynamiques.

Ce deuxième chapitre de Toi et moi, qui flirte encore avec le théâtre d'été, s'ouvre sur une triste nouvelle: le décès inattendu du père de Beth (Anick Lemay), qui, elle, est maintenant enceinte jusqu'aux oreilles. Le clan élargi des Olyphant se réunira et, à partir d'ici, vous pouvez pratiquement écrire vous-même le scénario de cette demi-heure de télévision, tellement tout y est prévisible.

Une urne trône sur la table à manger? Il y aura certainement un dégât avec les cendres du défunt. La belle-famille débarque? La chicane va pogner, c'est clair. Deux personnages esseulés se rencontrent dans le jardin autour d'un verre de vin? Ils vont finir par baiser dans le cabanon et en ressortir les cheveux ébouriffés. Et ainsi de suite.

Cela dit, l'esprit plus burlesque de la première saison a été atténué, Dieu merci, dans la deuxième. Les auteurs de Toi et moi, Margaret McBrearty et Matt Holland, ont aussi mis la pédale douce sur les répliques peu comiques à propos des préjugés envers les Québécois, extravertis et râleurs, par opposition aux Franco-Ontariens, plus raisonnables.

Maintenant, les scénaristes s'attaquent aux stéréotypes associés à l'Angleterre, d'où provient la famille Olyphant.

Tout demeure exagéré dans Toi et moi. Comme le côté méchant de Nadine (Pierrette Robitaille), le caractère revêche de Geneviève (Marie-Hélène Thibault), l'accent anglophone variable du comédien René Gagnon et la personnalité gaffeuse de Rod, qui passe le premier épisode à fuir l'urne maléfique.

Une chose demeure constante dans cette comédie: l'amour unissant Beth (Anick Lemay) et son jeune mari Sébastien (Jean-Philippe Perras, qui possède le même timbre de voix qu'Yves Jacques). Ils forment un très beau couple, attachant et crédible.

Contrairement à son époux hypersensible, Beth n'arrive pas à pleurer la mort de son papa Wayne. Beth a beau sentir les vêtements de son père, les porter ou assembler le casse-tête inachevé du paternel, rien n'y fait, c'est la sécheresse oculaire.

De son côté, Sébastien est à fleur de peau et le moindre détail lui arrache de gros sanglots. «Ha, tu m'énarves! Voyons, tu vois un tournevis pis tu brailles. Pis moi, rien», lui dira Beth de façon maladroite.

Le noeud émotif de Beth se défera dans une scène de cerf-volant où le budget des effets spéciaux n'a visiblement pas été dépassé. Sans blague, on voit quasiment le technicien tenir la corde dudit cerf-volant, tant c'est peu réaliste.

Tournée dans la grande région d'Ottawa, la comédie Toi et moi a vu son nombre d'épisodes rétrécir de dix à huit cette année. Peut-être que le reste de la saison sera plus compact et plus punché? On l'espère. Après ARTV, Radio-Canada présentera Toi et moi 2 à partir du 16 juillet.

Quelques mots sur la dernière saison de Mad Men, avant de vous abandonner, amis lecteurs. C'était très mal parti, au secours! mais ça se replace dangereusement bien depuis quelques semaines.

Une série d'époque aussi merveilleuse et aussi bien confectionnée depuis sept ans n'avait pas le droit de nous décevoir ainsi. Alerte au divulgâcheur, ici: les téléspectateurs pour qui Peggy Olson (Elisabeth Moss) travaille encore comme secrétaire chez Sterling Cooper auraient intérêt à faire du rattrapage intensif, merci.

Alors, l'obsession maladive de Don Draper (Jon Hamm) pour la mystérieuse serveuse/prostituée Diana a fléchi, laissant plus de temps d'antenne aux personnages de Peggy et Joan (Christina Hendricks). Même Betty (January Jones) est revenue dans le décor. Et elle lit du Freud!

À la nouvelle agence McCann Erickson, censée être le paradis des publicitaires, Joan frappe un mur solide. Plus personne ne reconnaît son autorité ni ses compétences. Et ses collègues (visqueux!) la traitent quasiment comme une Marie-couche-toi-là. La scène où elle interpelle son grand patron à ce sujet - le harcèlement - a été superbe, même si la belle Joan a perdu beaucoup d'argent au change.

À l'opposé, Peggy a négocié et obtenu ce qu'elle voulait: un bureau tout à elle. La voir entrer chez McCann avec toute l'assurance du monde, clope au bec et verres fumés sur le nez, a été fantastique.

Il ne reste que deux petits épisodes de Mad Men en anglais avant les adieux. La septième et dernière saison décollera sur Télé-Québec à la fin juillet. Don Draper survivra-t-il à sa chute annoncée? Pas certain de ça, moi.

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