L'inclassable Kimmy Schmidt

Les personnages de Kimmy (Ellie Kemper) et Jacqueline... (Photo: fournie par Netflix)

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Les personnages de Kimmy (Ellie Kemper) et Jacqueline (Jane Krakowski) fournissent à l'émission son meilleur matériel. Les scènes entre elles sont délicieuses.

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Il faut s'accorder une période d'adaptation d'au moins quatre épisodes avant de décider du sort de la nouvelle sitcom du service en ligne Netflix, Unbreakable Kimmy Schmidt.

Parce que c'est une comédie hyper originale, qui ne ressemble absolument à rien, mis à part peut-être 30 Rock pour son esprit décalé. Parce que c'est à la fois loufoque, farfelu et très excentrique. Et parce que le personnage principal, la très enthousiaste Kimmy Schmidt (brillante Ellie Kemper), vous déstabilisera par sa bonne humeur indestructible et sa naïveté inattaquable.

Pourtant, elle ne devrait pas sourire autant, notre éternelle optimiste Kimmy Schmidt. Kidnappée à l'âge de 14 ans par le chef d'une secte dangereuse, la rousse Kimmy a passé les 15 dernières années enfermée dans un bunker souterrain de l'Indiana avec trois autres femmes habillées en amish. Pendant toutes ces années, le gourou Richard Wayne Gary Wayne (joué par un acteur très connu) a fait croire à ses quatre prisonnières qu'elles étaient les uniques survivantes de l'Apocalypse, rien de moins.

La comédie de Netflix démarre avec la libération - par une équipe d'intervention d'élite - des quatre «femmes taupes» de l'Indiana. Évidemment, les médias se régalent de cette histoire et le Today Show accueille les quatre survivantes à New York, où la pétillante Kimmy, maintenant âgée de 29 ans, prend une décision cruciale: au diable son petit bled perdu du Midwest, elle se réinventera une vie dans la Grosse Pomme.

Pour être totalement honnête, j'ai bien failli larguer la belle Kimmy à mi-parcours. Trop heureuse d'être contente, Kimmy me tapait sur le gros nerf avec ses vêtements aux couleurs criardes et sa naïveté qui pouvait passer pour de la stupidité. Son coloc gai en mettait trop, sa propriétaire fêlée ne disait rien de comique - bref, ça ne cliquait pas avec l'univers de bande dessinée de Kimmy Schmidt.

Mais comme la géniale Tina Fey (Liz Lemon dans 30 Rock) avait créé cette sitcom, j'ai persisté, uniquement pour Tina. Après le 13e et dernier épisode, tous disponibles sur Netflix en français et en anglais, j'étais sous le charme.

Les répliques sont truffées de références à la culture populaire. C'est très fin comme humour. On détecte aussi dans Unbreakable Kimmy Schmidt plusieurs éléments de la signature de 30 Rock, dont la musique pimpante et les retours en arrière très rapides. À lui seul, le générique d'ouverture est un chef-d'oeuvre de ver d'oreille.

Plus les intrigues progressent, plus on l'adore, notre Kimmy, qui vit toujours comme dans les années 90, les seules années qu'elle a vécues de façon «normale». Plusieurs gags jouent d'ailleurs avec le décalage permanent dans lequel baigne l'héroïne. Quoi? Whitney Houston est morte?

Installée dans un rez-de-jardin défraîchi (un bon vieux demi-sous-sol) avec un acteur raté de Broadway, Kimmy se déniche un emploi de nounou auprès d'une riche épouse new-yorkaise, soit la dérangée Jacqueline (excellente Jane Krakowski, aussi dans 30 Rock). Cette dernière, obsédée par son statut social, vole souvent la vedette à Kimmy.

Les scènes entre Kimmy et Jacqueline, qui ressemble parfois à Jenna dans 30 Rock, sont toujours délicieuses. Ces deux femmes fournissent à la sitcom son meilleur matériel. Comme Kimmy ne détecte pas vraiment le sarcasme, cela donne lieu à des échanges surréalistes.

Par petites touches, les auteurs se permettent de rigoler du côté plus sombre de l'histoire de Kimmy - sa captivité, son lavage de cerveau, les sévices qu'elle a subis, etc. Il s'agit d'un sujet hyper sensible et délicat, qui a été traité de façon respectueuse. Fans de Tina Fey, vous devrez attendre au 11e épisode avant de pouvoir la voir dans la peau d'une avocate incompétente, mais tellement drôle! Et très frisée.

Au départ, c'est NBC qui devait diffuser Unbreakable Kimmy Schmidt. La chaîne a cependant jugé le projet trop flyé, pas assez grand public, et l'a refilé à Netflix. Ça peut se comprendre. Elle est inclassable et incassable, notre Kimmy Schmidt. C'est pour ça qu'on l'aime.

Super lundi

Encore beaucoup de gens devant leur téléviseur lundi soir, malgré le beau temps. À 20h, Les 400 coups! de TVA a été suivi par 1 475 000 personnes. Excellente audience. À 21h, Testé sur des humains a obtenu la faveur de 1 138 000 téléspectateurs. Dans l'oeil du dragon de Radio-Canada (630 000) souffre beaucoup de la présence de Philippe Bond à TVA, tandis que Pénélope McQuade a frôlé le demi-million (480 000). Du côté de V, Ces gars-là a attiré 359 000 fans et Les recettes pompettes (avec Charles Lafortune) a complété sa saison devant 417 000 fidèles.

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