Catalogue varié, frissons comptés

La meilleure prestation - et de très loin... (PHOTO FOURNIE PAR OSA IMAGES)

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La meilleure prestation - et de très loin - a été offerte par Sylvie Desgroseillers, 50 ans, une professionnelle qui oeuvre comme choriste depuis tellement d'années dans le showbiz québécois.

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Personne n'accusera La voix de ne dépoussiérer que des chansons ringardes pour baby-boomers nostalgiques, une des critiques souvent formulées à l'endroit de Star Académie. Les futures étoiles de TVA ont puisé dimanche soir à gauche et à droite dans le grand catalogue de la musique populaire, offrant aux téléspectateurs des pièces de CCR, Bernard Adamus, Ray Lamontagne, India Arie, Vance Joy, Patrice Michaud, The Miracles, Kings of Leon, France Gall et même Michel Louvain.

Cette troisième saison de La voix a donc démarré sous le signe de la variété. Pour les lecteurs qui raffolent des statistiques, sachez que sur les 12 chansons choisies par les candidats dimanche, huit ont été interprétées en anglais. Une proportion tout de même imposante.

Contrairement aux années précédentes, je n'ai pas eu de gros coup de coeur pour une des 12 stars montantes dévoilées dimanche soir. En fait, la meilleure prestation - et de très loin - a été offerte par Sylvie Desgroseillers, 50 ans, une professionnelle qui oeuvre comme choriste depuis tellement d'années dans le showbiz québécois.

Son Amazing Grace, sans accompagnement musical, a été époustouflant. Que de puissance dans les cordes vocales. En même temps, qu'est-ce la présence de Sylvie Desgroseillers à La voix révèle sur l'état actuel du métier de chanteur au Québec? Que malgré des apparitions constantes à la télévision ou dans des revues musicales, c'est à peu près impossible pour une artiste expérimentée comme Sylvie Desgroseillers de percer sans passer par un concours télévisé aussi populaire?

Ça m'a un peu chicoté de la voir recommencer au bas de l'échelle, aux côtés de jeunes de 15 ou 16 ans, je l'admets. C'était quasiment irréel. Sylvie Desgroseillers a fait preuve d'une grande humilité en acceptant de repartir à zéro et nous a rappelé qu'une carrière dans l'industrie de la musique, c'est loin d'être facile.

Le nouveau coach de la troupe, Pierre Lapointe, s'est très bien débrouillé dimanche, même si son départ a été moins canon que celui de Louis-Jean Cormier l'an passé. Son rire contagieux a résonné aux quatre coins du studio. J'étais certain que Pierre Lapointe porterait un habit beaucoup plus original que celui qu'il a enfilé dimanche. L'auteur-compositeur-interprète nous a surpris avec une tenue assez classique pour lui. Rappelez-vous de son coloré costume à rayures à l'ADISQ.

La formule magique de La voix n'a pratiquement pas bougé. Bonne idée de ne pas avoir trop insisté sur les drames vécus par les concurrents, à part pour les multiples opérations à la jambe de Shaharah Sinclair, 36 ans, et une entrée au secondaire difficile pour Jacques Rousseau, 28 ans.

Les coachs en ont beurré très épais dans leurs plaidoyers pour séduire des chanteurs. Ils finiront par manquer de superlatifs et de formules préfabriquées si jamais une jeune Céline Dion se pointe sur la scène. C'était exagéré, surtout que les performances n'ont pas toutes été extraordinaires.

La toute première à empoigner le micro, Lili-Ann de Francesco, 15 ans, était une petite bombe d'énergie. Quasiment un clone d'Éléonore Lagacé l'hiver dernier. Lili-Ann a opté pour Isabelle Boulay.

Shaharah Sinclair, de Montréal, sera la chanteuse soul de l'édition 2015, un peu comme Valérie Daure en 2014. Elle a une voix vraiment somptueuse, comme l'a remarqué Isabelle Boulay.

En plus de Sylvie Desgroseillers, vous avez sans doute reconnu Sara Dufour, 30 ans, de Dolbeau-Mistassini, qui a chanté du Bernard Adamus. C'est que Sara Dufour a déjà joué dans le feuilleton Watatatow, où elle a incarné Laurence Bouchard entre 2002 et 2005.

Le moment le plus extraterrestre de ces deux heures d'auditions à l'aveugle? La relecture théâtrale de Poupée de cire, poupée de son par Jacques Rousseau, 28 ans, de Montréal. Intense à la Pol Pelletier.

Bien aimé Mathieu Holubowki, 26 ans, un chansonnier de Hudson dont le timbre de voix évoque Damien Rice, James Blunt et Patrick Watson. Il a convaincu Pierre Lapointe avec Burn de Ray Lamontagne.

Laurence Pagé, 22 ans, a dû trouver son tour de chant pénible dimanche. Alors qu'une de ses vidéos YouTube avait récolté des millions de clics, aucune des chaises n'a pivoté pendant qu'elle reprenait Riptide de Vance Joy. Mauvais choix de chanson pour elle, qui ne lui a pas permis de s'éclater.

En rafale, le coach Éric Lapointe a adopté une approche moins agressante pour charmer les gens en audition. C'était mieux dosé. Il faudra cependant qu'il apprenne à mieux faire des selfies s'il veut convaincre la galerie de sa «coolitude» et de sa «branchitude».

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