La secte du différé

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De plus en plus de Québécois écoutent leurs émissions préférées en différé. «Il y a longtemps que je ne regarde plus rien en direct. Je saute les commerciaux débiles et répétitifs», écrit par exemple Roger Quesnel.

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Honnêtement, je ne m'attendais pas à déclencher une aussi grosse tempête de courriels en écrivant sur le pouvoir libérateur de l'enregistreur numérique personnel (ENP), ce fidèle compagnon électronique de nos soirées de type «patate de sofa».

Il semble que notre super secte d'adeptes du visionnement en différé grossit de semaine en semaine. Tant mieux! Les grands réseaux de télévision et les agences de publicité ne nous aiment pas trop, car nous zappons systématiquement les mauvaises réclames de Brand Power, mais il y a des limites à subir la dictature des grilles horaires. Comme dirait un philosophe grec célèbre: whoa, les nerfs.

Vos nombreux témoignages ont été très éclairants sur la façon dont vous consommez vos émissions préférées. «Il y a longtemps que je ne regarde plus rien en direct. Je saute les commerciaux débiles et répétitifs», écrit Roger Quesnel.

Michel Danis renchérit: «Rien de plus agréable que d'appuyer sur le fast-forward pour passer outre ces trois ou quatre minutes interminables de pubs ennuyantes.» Difficile d'être en désaccord avec ça.

En plus de votre ENP adoré, vous utilisez régulièrement l'Apple TV, la vidéo sur demande (VSD) et vous fouillez dans le catalogue - plutôt limité - de Netflix Canada. Pourquoi regarder la télé autrement qu'en différé? demande Michel Dallaire de Laval. «En plus, ma conjointe et moi avons 49 ans. Imaginez les plus jeunes», ajoute-t-il. Observation très juste.

Pour Alain D., le temps est précieux. «L'enregistrement des émissions est devenu la norme ici. On fait ce que l'on veut, quand on le veut, à la maison ou ailleurs», martèle-t-il.

Suzanne Normandeau a passé des années à se dépêcher pour s'asseoir devant son poste à 15h pour son Oprah Winfrey. Finie, cette époque surannée, qui nous renvoie quasiment aux Filles de Caleb. «Aujourd'hui, je regarde le menu. Ai-je le goût de cuisine? De crime? De comédie? Et je me fais mon propre cocktail», indique-t-elle.

Pascal Laroche, de Québec, pousse l'expérience encore plus loin. «Je suis maintenant en plein contrôle de ce que j'écoute. Je saute impérativement toutes les pubs. Même pendant les matchs sportifs en direct, je me garde un décalage de 30 minutes. L'ENP me permet de me débarrasser de Tou.tv à jamais. L'ENP me permet aussi de devenir mon propre réalisateur des émissions que je regarde. Je saute toutes les scènes où les personnages d'une série m'agacent, comme les scènes de l'ado névrosée dans Homeland. La touche skip 30 seconds de ma télécommande est tellement usée», détaille-t-il.

Le prochain obstacle à contourner pour notre belle secte du différé sera celui de l'intégration publicitaire directement dans nos feuilletons favoris. Ça, même l'ENP le plus performant n'y pourra rien. Merdouille.

La Terre appelle SNL Québec

Que se passe-t-il avec l'émission à sketches SNL Québec? Samedi soir, avec Antoine Bertrand aux commandes, mettons que les rires ne fusaient pas aux 30 secondes chez Télé-Québec. Loin de là. Ce fut plutôt long et décousu. Même la chanteuse Frannie Holder de la formation Random Recipe s'est enfargée - et est tombée par terre - pendant la première chanson en direct.

Les comédiens de la troupe, particulièrement les trois femmes, pètent le feu, mais le matériel comique que les auteurs leur pondent cet automne ne vole pas haut. On s'attend à du meilleur calibre, d'autant que l'équipe dispose d'un mois pour bricoler 90 minutes de télévision.

Par contre, le remplacement de Mathieu Quesnel aux Nouvelles SNL par Guillaume Girard et Mickaël Gouin a relancé ce segment chancelant. L'apparition de Paige Beaulieu (interprétée par Katherine Levac) a été mon moment préféré de samedi soir.

Patrick Huard chauffera la prochaine édition de SNL Québec le 22 novembre. En espérant que les gags y atteignent plus souvent le centre de la cible.

Double vie!

On la croyait parfaite et lisse, la famille Lapointe dans Nouvelle adresse. Peut-être pas, finalement. Le vernis a solidement craqué lundi soir à Radio-Canada. Avertissement: si vous suivez cette méga tendance mondiale qui consiste à enregistrer vos émissions pour les déguster en brochette, ne lisez pas ceci, votre rétine risque de décoller. Voilà, c'est écrit.

Le bon docteur Laurent (Jean-François Pichette) a une maîtresse et un enfant illégitime? Le fils parfait (Patrick Hivon) de Janine (Muriel Dutil) est séropositif? Et Émile (Antoine Pilon) a été arrêté pour voies de fait? Les plaques tectoniques du clan Lapointe n'ont pas fini de se heurter. Autres secousses à prévoir.

Diffusé en même temps que Nouvelle adresse, l'épisode de Toute la vérité de TVA a été tout aussi chargé avec le mariage avorté entre Sylvain (Éric Bruneau) et Véronique (Julie Le Breton). L'intrigue du boxeur criminel Dave Ross (Pierre-Paul Alain) a été bouclée. Même chose pour le suicidé maquillé de Samuel (Patrice Robitaille): c'était bel et bien un assassinat. Affaire classée. Bravo aux lecteurs Columbo qui avaient démasqué le tueur très tôt dans la saison.

Il ne reste que cinq épisodes à cette très bonne série judiciaire. Nos procureurs de la Couronne préférés accrocheront pour de bon leur toge le lundi 24 novembre.

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