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Le pouvoir libérateur de l'enregistreur

Le premier épisode d'Au secours de Béatrice à... (Photo: fournie par TVA)

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Le premier épisode d'Au secours de Béatrice à TVA a été suivi en direct par 1 012 000 personnes. Par contre, la cote d'écoute finale de la série a gonflé à 1 345 000 téléspectateurs en tenant compte des retardataires qui ont enregistré l'émission. On parle ici d'une hausse de l'audience de 33%.

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Pas de panique, les amis. Et pas nécessaire d'appeler la belle Olivia Pope de Scandal pour tripoter la réalité. Les téléspectateurs québécois suivent leurs téléséries chouchous avec autant d'assiduité qu'avant. Ils le font simplement à un rythme différent, à l'extérieur des zones de trafic traditionnelles.

Les façons de consommer la télévision ont énormément changé dans les dernières années, et il faudra un jour que le système de mesure des audiences s'adapte à ce nouvel environnement. Pouvez-vous croire que la firme Numeris (l'ancien nom de BBM) n'intègre toujours pas les visionnements sur Tou.TV - ou même ceux au canal 900 d'illico - dans le calcul des cotes d'écoute? C'est assez archaïque et incompréhensible. D'autant plus que les Québécois se tournent de plus en plus vers les plateformes alternatives pour rattraper les «beaux programmes» qu'ils ont ratés.

La rentrée automnale de 2014 a été marquée, jusqu'à présent, par une baisse assez marquée de l'écoute en direct de plusieurs séries dramatiques, autant à TVA qu'à Radio-Canada. Par contre, en incorporant les accros qui ont enregistré leurs téléromans préférés pour les visionner dans les sept jours suivant la diffusion originale, les cotes estimées par Numeris bondissent de 15 % à 33 % pour une majorité d'émissions de fiction.

Examinons quelques cas concrets. Le premier épisode d'Au secours de Béatrice à TVA a été suivi en direct par 1 012 000 personnes le mercredi 10 septembre à 20 h. Par contre, la cote d'écoute finale de la série a gonflé à 1 345 000 téléspectateurs en tenant compte des retardataires qui ont enregistré l'émission pour la dévorer plus tard. On parle ici d'une hausse de l'audience de 33 %.

De la même façon, le deuxième épisode d'Au secours de Béatrice (17 septembre) est passé de 888 000 à 1 166 000 fans, ce qui équivaut à une bonification de 31 %. Vraiment, les enregistrements tirent notre Béatrice vers le haut.

Et cette tendance lourde à ne plus respecter les horaires imposés par les grandes chaînes s'accentuera encore. En effet, pourquoi se grouiller à mettre les enfants au lit ou engouffrer notre souper en cinq minutes quand on sait qu'une belle petite machine fiable emmagasine toutes nos émissions favorites? Je le fais, vous le faites, tout le monde le fait. Au diable les contraintes!

La série O' à TVA bénéficie du même coup de pouce technologique. Le mardi 16 septembre à 21 h, 967 000 amateurs ont renoué - en direct - avec Samuel, Jacqueline et tous les enfants O'Hara. Environ 267 000 autres se sont ajoutés grâce aux enregistreurs numériques, faisant enfler l'audience totale d'O' à 1 234 000 amateurs. Un gros saut de 28 %.

«Quand il y a du hockey le mardi soir, c'est plus compliqué. Mais on se rattrape avec les enregistrements. Il y a plus de gens qui suivent O' cet automne que l'hiver dernier», constate la productrice du téléroman O', Sophie Deschênes, de Sovimage.

Les visionnements en différé aident également les gros canons comme Unité 9. Cet automne, le premier épisode de cette excellente série carcérale, présenté le 16 septembre, a été vu par 1 809 000 curieux. En intégrant les enregistrements, la cote d'écoute a enflé à 2 182 000 téléphages, soit 20 % de plus. La semaine suivante (le 23 septembre), les chiffres d'Unité 9 ont progressé de 1 715 000 à 1 986 000 fidèles, une augmentation de 16 %, propulsée par les enregistrements.

«Les gens sont là. Ils n'ont jamais autant regardé de productions locales. Il n'y a jamais eu autant de besoins pour des contenus audiovisuels», note Michel Trudeau, producteur chez Aetios (30 vies, Unité 9).

Quand deux émissions très populaires se cognent dans la même case horaire, comme les lundis à 21 h, les enregistrements deviennent cruciaux. Le premier épisode de Nouvelle adresse a rallié 733 000 téléphiles en direct, mais a chatouillé le million en additionnant les enregistrements.

Radio-Canada n'a pas commenté hier l'utilisation grandissante des enregistreurs numériques personnels (ENP) par sa clientèle, qui n'a pourtant rien de négatif, au contraire. La SRC a estimé qu'il était «trop tôt dans la saison pour donner des chiffres et les commenter».

Trop tôt? C'est l'Halloween dans 10 jours et les décorations de Noël sortent un peu partout. Le temps se serait-il suspendu quelque part dans la grande tour?

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