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Le parrain-tyran du Moyen-Orient

Tout le monde parle présentement de Tyrant, la nouvelle télésérie des créateurs de Homeland et de 24 heures chrono. Pour les bonnes et, surtout, les pires raisons.

Le cinéaste Ang Lee (Life of Pi, Brokeback Mountain) devait réaliser le premier épisode de Tyrant, mais a quitté le plateau avant même d'avoir crié «action». Il a été remplacé par le Britannique David Yates (Harry Potter). Ensuite, le scénariste Gideon Raff, couvert de récompenses pour son travail sur Homeland, a aussi largué cette ambitieuse saga politico-familiale de style The Godfather au Moyen-Orient après le tournage du pilote.

Bref, je m'attendais à une immense catastrophe en m'asseyant devant FX Canada, mardi soir, pour assister aux premiers pas de ce Tyrant. Oui, c'est bourré de clichés, notamment dans la représentation des personnages arabes, tous plus violents et vicieux les uns que les autres. Oui, ça sent le soap luxuriant, ça abuse du oud dans les moments de tension, mais ça donne quand même le goût de s'en servir d'autres tranches d'une heure.

Tyrant, c'est l'histoire de Bassam al-Fayeed (Adam Rayner), le deuxième fils d'un richissime dictateur qui règne sur Abbudin, pays fictif empruntant autant à la Syrie qu'à la Libye. Adolescent, Bassam a fui les horreurs d'Abbudin (quel horrible nom, vraiment) et vit depuis 20 ans en Californie avec sa belle épouse blonde Molly et leurs deux ados de 16 et 17 ans, Sammy et Emma.

Aux États-Unis, Bassam se fait appeler Barry et ne parle jamais de son passé trouble. L'acteur qui joue le bon Barry/Bassam, un Blanc aux yeux bleus, ne ressemble aucunement à son frère aîné dans l'émission, le terrifiant Jamal al-Fayeed, qui, lui, est campé par un comédien israélien d'origine arabe. Confusion, donc, entre ces Caïn et Abel du Moyen-Orient.

Reprenons. Bassam a rompu tout contact avec sa puissante famille depuis des lunes, mais voilà qu'il décide - bulle au cerveau? - d'assister au mariage princier de son neveu qui se déroule à... ta-dam: Abbudin. Bassam y trimballe avec lui sa petite famille, trop contente de découvrir l'immense palais où papa a grandi.

Évidemment, tout ça tournera extrêmement mal et la famille de Barry/Bassam deviendra prisonnière du nouveau régime en place à Abbudin, pays musulman très strict. Impossible pour eux de sauter dans le premier vol pour Los Angeles. Ça devient, en quelque sorte, un Homeland à l'envers. Si les problèmes du soldat Nicholas Brody (Damian Lewis) se déclenchent après sa libération, ceux de Barry al-Fayeed remonteront avec le début de sa captivité. Beaucoup de potentiel à explorer.

Barry/Bassam en veut énormément à son vieux despote de père, Khaled al-Fayeed. La réunion entre les deux hommes ne se déroulera pas comme prévu, c'est le moins que l'on puisse dire. On détecte ici des éléments empruntés à la famille Assad en Syrie ou à celle de Saddam Hussein en Irak.

Malheureusement - c'est devenu une mode désagréable dans les téléséries -, les deux ados de Tyrant sont détestables et égocentriques à l'os. Dana Brody de Homeland et Kim Bauer de 24 heures chrono ont encore été clonées, faut croire. Par exemple, Sammy ne pense qu'à la fortune du clan Fayeed et ne se pose aucune question sur la provenance de ces montagnes de fric. N'a-t-il donc jamais allumé la télévision à CNN? Sammy aurait notamment pu apprendre quelques trucs sur les moeurs sexuelles en sol étranger. Sa soeur l'avait pourtant prévenu.

Le frère cruel Jamal al-Fayeed, premier dans la lignée de succession, est aussi dessiné à gros traits. En 60 minutes, Jamal réussit à violer deux femmes et à malmener sa propre épouse. Ça va, on a compris. Il est vraiment salaud, ce Jamal. 10-4.

Malgré une cascade de défauts, Tyrant nous envoûte avec de superbes images. Après le premier épisode, les questions se bousculent. Barry/Bassam tenterait-il de refouler son propre tyran intérieur? Est-il aussi pur qu'il en a l'air? Pourquoi Barry/Bassam n'a-t-il absolument rien raconté de son enfance à sa propre famille?

C'est le genre de thriller politico-dramatique qui intéresserait certainement Super Écran, Télé-Québec ou AddikTV. En espérant que les prochains épisodes de Tyrant lèveront le voile (excusez-la) sur tous les mystères de la dynastie Fayeed.

***

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