L'étrange «Série noire»

Mettant en vedette Vincent-Guillaume Otis et François Létourneau,... (Photo fournie par Radio-Canada)

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Mettant en vedette Vincent-Guillaume Otis et François Létourneau, Série noire en arrache au palmarès des cotes d'écoute.

Photo fournie par Radio-Canada

Série noire n'est pas une bibitte télévisuelle qui s'apprivoise facilement. C'est flyé, c'est absurde, c'est étrange et c'est déstabilisant pour un téléspectateur habitué à des émissions aux intrigues plus classiques.

De plus, les deux têtes d'affiche de Série noire - François Létourneau et Vincent-Guillaume Otis - n'ont pas le pouvoir d'attraction d'une Guylaine Tremblay ou d'un Claude Legault, ce qui n'a pas aidé la nouveauté de la SRC à être propulsée par des cotes d'écoute monstrueuses.

En outre, les antihéros paumés de cette production ovni s'enfoncent dans des histoires abracadabrantes, tandis que les personnages sans foi ni loi de Réjean Tremblay déterrent des cadavres, grimpent sur des ambulances et fricotent avec la mafia. À Radio-Canada, il y a deux auteurs ratés de la télé. À TVA, il y a des superhéros armés de caméras-stylos.

Voilà, en partie, pourquoi la nouveauté de Radio-Canada en arrache dans les sondages BBM. Lundi soir, à peine 354 000 curieux ont regardé le quatrième épisode. C'est une inquiétante baisse de 100 000 personnes par rapport à la semaine dernière. Depuis un mois, Les jeunes loups de TVA (1 277 000) bouffent tout rond les deux scénaristes poqués de Série noire.

Il serait tentant de juger ou de mépriser les téléphiles qui préfèrent les hurlements peu subtils de La loi de la justice, pardon, des Jeunes loups à l'audace et l'originalité de Série noire. Mais non. Si le public rejette une oeuvre aussi massivement, c'est qu'elle contient des pépins. Notamment dans la construction des trois premiers épisodes, très lents et échevelés, ce qui en a découragé plus d'un.

Autre truc incongru dans Série noire, les personnages secondaires volent carrément la vedette à ceux qui devraient tirer l'oeuvre vers le haut. J'adore le fêlé Marc Arcand (Marc Beaupré), la productrice vulgaire Louise (Louise Bombardier), la masseuse dégourdie Charlène (Anne-Élisabeth Bossé), la maman à mèches Kimberly (Francine Ruel) et le comédien libidineux (Guy Nadon). Assurément, Marc Beaupré, Guy Nadon et Anne-Élisabeth Bossé décrocheront des nominations au prochain gala des Gémeaux.

Quant aux personnages principaux Denis Rondeau (François Létourneau) et Patrick Bouchard (Vincent-Guillaume Otis) de Série noire, on ne s'y attache guère, je trouve, et ils se fondent dans le décor.

Début janvier, je vous avais avertis qu'il faudrait être patient avec Série noire. Les 354 000 accros qui ont poursuivi l'écoute en direct lundi soir ont vu un épisode délicieux, le meilleur de la saison. La vengeance orchestrée par Marc Arcand a été spectaculaire. De la dynamite qui a sauté sur les accords de Destroy Everything You Touch de Ladytron.

À l'inverse, le quatrième épisode des Jeunes loups, truffé d'invraisemblances, a été le pire jusqu'à présent. La scène où Benoît Gouin détruisait tout sur son bureau a été jouée presque comme une parodie. Combien de fois la police débarquera-t-elle au Matin? Et que dire de la muzak pseudo-érotique qui a été plaquée sur la scène d'amour entre Philippe St-Pierre (Pierre-Yves Cardinal) et la photographe?

Les chiffres de Série noire souffrent sans doute de l'accessibilité à Tou.TV, qui permet de tout consommer gratuitement en un clic, sans avoir à programmer son enregistreur. À moins d'être branché avec Vidéotron, le rattrapage web des émissions de TVA est pas mal plus difficile (voire inexistant), ce qui favorise énormément l'écoute en direct.

Tout.TV à l'étranger?

Mon scoop d'hier sur un futur Tou.TV payant qui jouerait dans les plates-bandes du Club illico de Vidéotron a beaucoup fait réagir. Plusieurs lecteurs qui passent l'hiver en Floride m'ont signifié qu'ils paieraient volontiers leur abonnement si Radio-Canada «débarrait» le service régulier à l'extérieur du pays. Proposition intéressante.

En effet, Tou.Tv n'est pas accessible aux internautes qui séjournent hors des frontières canadiennes. Des lecteurs en Europe aimeraient aussi y avoir accès. Source de financement supplémentaire à exploiter? À suivre.

Pas d'«Auto-Tune» à La voix

Nous avons été plusieurs à tiquer pendant la prestation d'Emmanuelle Duval-Auger à La voix, dimanche soir. La voix d'Emmanuelle sur Roar de Katy Perry avait parfois des tonalités métalliques, comme si elle avait été trafiquée à l'aide d'un logiciel dont les stars pop abusent: l'Auto-Tune.

C'est ce bidule qui corrige et ajuste la tonalité des chanteurs en temps réel, donnant une texture robotique à leur organe vocal.

Sur Twitter, des gazouillis comme celui-ci ont rebondi: «Pourquoi autant d'Auto-Tune sur la voix des participants à La voix? Ce n'est même plus subtil.»

Les producteurs de La voix démentent tout recours à de l'aide électronique de style Auto-Tune lors des auditions à l'aveugle.

«Les juges doivent entendre les voix telles qu'elles sont. Aucun logiciel n'est employé. Nous n'avons pas le droit de faire ça», assure le porte-parole de Productions J, Louis Noël. Fin de ce chapitre musical.

Pour joindre notre chroniqueur: hugo.dumas@lapresse.ca




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