Les beaux malaises: Martin Matte, le Louis C.K. québécois

Patrick (Patrice Robitaille, à droite sur la photo),... (Photo Bernard Calmeau)

Agrandir

Patrick (Patrice Robitaille, à droite sur la photo), un gars de la construction aux opinions hyper tranchées et dont le discours sur les arts se rapproche de celui distillé sur les ondes de Radio X, et JF (Martin Perizollo, au centre), l'ami rejet et souffre-douleur, sont les amis de Martin Matte dans Les beaux malaises.

Photo Bernard Calmeau

C'est bien écrit, bien joué et bien réalisé. C'est bourré d'autodérision. En plus, c'est touchant, grinçant et intelligent en même temps. Bref, ça ne marchera jamais à TVA.

Bien non, c'est une blague. L'étonnante Les beaux malaises, qui démarre le mercredi 22 janvier à 21h sur les ondes de TVA, vous fera encore plus aimer Martin Matte, un des humoristes parmi les plus brillants du Québec avec Louis-José Houde.

Dans ce nouveau projet, qu'il a coécrit avec François Avard et dont il est un des producteurs, Martin Matte incarne une version moins baveuse de son personnage de gars fendant, mais tout aussi sarcastique. C'est donc l'histoire du populaire humoriste Martin Matte, 43 ans, de sa femme Julie (excellente Julie Le Breton) et de leurs deux enfants.

Les beaux malaises s'inscrit dans la lignée des émissions des comiques américains comme Louis C.K., créateur de Louie, où la fiction s'enchevêtre habilement avec des faits réellement vécus par les protagonistes. Chacun des 10 épisodes d'une demi-heure des Beaux malaises a été tricoté autour d'un thème précis. Le premier traite du couple. Martin Matte - le seul à jouer son propre rôle - et Julie aboutissent en thérapie.

Chacune de leurs séances devant le psy (Alexis Martin) provoquera, bien sûr, une cascade de malaises à propos de la masturbation au sein d'un couple ou de la sexualité de la mère de Martin (Michèle Deslauriers), qui parle sans gêne de son vagin et de ses orgasmes. Des sujets plutôt audacieux pour TVA, qui opte généralement pour des comédies très grand public et moins décapantes comme LOL ou Un sur deux.

Les épisodes se concluent presque tous de façon heureuse. Mais rien de cucul, rassurez-vous. Certaines fins, dont celle du troisième épisode, sont surprenantes. On y passe du rire au malaise, puis aux larmes le temps d'une scène très émouvante.

Les beaux malaises a évité le dangereux piège de ne parler que de Martin Matte et de ses problèmes de star. Un seul épisode est d'ailleurs consacré à sa notoriété et à sa célébrité. Loin d'être hermétique, la série résonnera dans plusieurs foyers québécois avec des thèmes tels le démon du midi, l'argent ou la façon d'élever les enfants.

Les amis de Martin Matte fournissent beaucoup de matériel rigolo. En particulier Patrick (Patrice Robitaille), un gars de la construction aux opinions hyper tranchées et dont le discours sur les arts se rapproche de celui distillé sur les ondes de Radio X. Le trio est complété par JF (Martin Perizollo), l'ami rejet et souffre-douleur.

Au fil des épisodes, vous verrez Martin Matte en père indigne qui fait notamment des doigts d'honneur à ses enfants dans leur dos. Vous découvrirez aussi qu'être connu ne comporte pas que des avantages. Comme dans House of Cards, Martin Matte s'adresse parfois directement à la caméra, mais le procédé est employé avec parcimonie par le réalisateur Francis Leclerc (Les rescapés, Apparences).

L'approche des Beaux malaises est plus réaliste que celle, par exemple, privilégiée dans Tout sur moi. Dans le même style d'émission, Martin Matte écrase La vie rêvée de Mario Jean, une comédie radio-canadienne de 2004 lisse et sans mordant.

Certains gags des Beaux malaises, comme ceux sur la pédophilie ou sur un patient en phase terminale, auraient facilement pu sombrer dans le mauvais goût. Martin Matte s'approche très près de la ligne dangereuse, mais ne la franchit jamais. Ça promet pour le reste de la saison.

Le chiffrier du week-end

Vendredi soir, le décollage en direct de C'est ma toune à Radio-Canada a intéressé 682 000 téléspectateurs, soit un peu moins que la première du Choc des générations cet automne (723 000). Ce dérivé de La fureur animé par Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau, dont je vous reparlerai plus tard cette semaine, a cependant été battu de justesse par Du talent à revendre à TVA avec ses 688 000 fidèles.

Toujours vendredi soir, Les gars des vues, qui amorçait aussi sa première saison, a retenu 174 000 personnes devant leur poste. À 21h, Deux hommes en or de Télé-Québec, une reprise de Soirée de clowns à V et C'est juste de la TV d'ARTV ont été à égalité avec des cotes d'écoute respectives évaluées à 137 000, 137 000 et 133 000 curieux. Messmer : drôlement mystérieux de TVA a dominé cette plage horaire avec une audience estimée à 460 000 accros, contre 235 000 qui ont préféré 1000 jours pour la planète à la SRC.

Dimanche soir, le gala Célébration de TVA a dominé le palmarès BBM avec 1 532 000 télévores à l'écoute. L'émission Le meilleur de nous-mêmes, de La Presse et Radio-Canada, a été beaucoup moins fréquentée avec 309 000 téléspectateurs à l'écoute. Ça commence bien l'année à TVA a aussi fracassé le million magique (1 077 000).

Quant aux Golden Globes, ils ont été suivis dimanche par 228 000 francophones sur les ondes de CTV, surpassant légèrement le documentaire sur Lise Payette à TéléQuébec (215 000).

Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca




la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer