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Mon meilleur ami, ma surdose de drame

Mon meilleur ami, qui débute à Séries +... (PHOTO BERTRAND CALMEAU, FOURNIE PAR SÉRIES+)

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Mon meilleur ami, qui débute à Séries + le mercredi 27 mars à 20h, raconte l'amitié indestructible unissant deux architectes depuis plus de 20 ans, Simon Gauvin (David La Haye) et Alex Daoust (Claude Legault).

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L'histoire de la minisérie Mon meilleur ami aurait dû me remuer davantage, car ce qui arrive au personnage principal est atroce. Un cauchemar inimaginable que très peu d'entre nous auraient le courage d'affronter: devenir tétraplégique. Avec deux jeunes enfants à la maison.

Pourtant, l'émotion n'a pas monté après avoir visionné deux épisodes (sur cinq) de Mon meilleur ami. Les larmes non plus. Est-ce que l'abondance de drames qui contamine toutes les téléséries québécoises de l'hiver nous rendrait insensibles à cette nouvelle tragédie télévisuelle, qui s'ajoute à une liste infiniment longue? Aurions-nous vu trop de personnages brailler leur vie au petit écran depuis le début des Fêtes?

Que ce soit dans 19-2, Trauma, Yamaska, 30 vies, Mémoires vives, O' ou Unité 9, il ne passe pas une semaine sans un suicide, un avortement, des funérailles, des attaques violentes, des tumeurs au cerveau, des divorces, des accidents de ski nautique, du gambling compulsif et des morts à la dizaine. Ça devient dur sur le mental tout ça. Et désolé, amis lecteurs, mais les émissions - de fiction - supposément drôles comme LOL:-), Rock et Rolland ou Tranches de vie, ça ne fonctionne pas avec moi. Ça manque de Mauvais karma, de Tout sur moi et de Sophie Paquin cette saison.

Mais revenons à Mon meilleur ami, qui débute à Séries + le mercredi 27 mars à 20h et qui raconte l'amitié indestructible unissant deux architectes depuis plus de 20 ans, Alex Daoust (Claude Legault) et Simon Gauvin (David La Haye). Deux gars cool, brillants et habitant de splendides maisons.

Ces deux jeunes quadragénaires ont fondé le cabinet d'architecture Daoust Gauvin et partagent aussi une passion pour l'escalade. Sans dévoiler de secret ici, Alex fait une vilaine chute en grimpant une paroi rocheuse et perd l'usage de ses quatre membres. Cette scène, qui bouleversera la vie de tous les personnages de l'histoire, est étrangement peu dramatique, voire banale, quand elle se produit sous nos yeux.

Et pourtant. De mari parfait qui adore ses enfants et qui s'adonne même au bénévolat, Alex se transforme en boulet pour sa famille. Dans le premier épisode, Alex prend quasiment à la légère son statut d'invalide, comme s'il banalisait la catastrophe en multipliant les remarques sarcastiques avec une infirmière empathique et enjouée (Kathleen Fortin). Sa femme graphiste (Catherine Sénart) ne paraît pas trop ébranlée par les événements non plus, ce qui donne l'impression au téléspectateur que cette situation n'est pas si grave que ça, finalement. Pourtant, Alex refuse que ses deux enfants le visitent à l'hôpital.

Le ton valse comme ça un peu trop souvent. Quand l'infirmière lui change sa couche, Alex (Claude Legault) raille: «Si vous trouvez de la drogue, je vous jure que ce n'est pas moi qui l'ai mise là».

À mon avis, un des aspects les plus intéressants à explorer est la culpabilité qui dévore le meilleur ami d'Alex, Simon (David LaHaye). Lors de la chute en escalade, au lieu de vérifier les mousquetons, Simon textait sur son portable. Et avant l'accident, Simon avait accepté une offre juteuse d'une firme d'architecte concurrente pour déménager à New York. Il devait donc annoncer à Alex la fin de leur association professionnelle. C'était avant le drame.

Maintenant, Simon abandonnera-t-il son meilleur ami handicapé - et sabotera-t-il leur entreprise? - pour poursuivre son rêve américain? Surtout qu'Alex ne sait pas que Simon est responsable de sa tétraplégie. Encore ici, le tourment de Simon nous est mal communiqué. Sa détresse passe mal et ne convainc pas.

En fait, c'est Claude Legault, un des meilleurs acteurs de sa génération, qui porte cette minisérie à bout de bras. Il est très crédible dans son rôle d'handicapé. La scène du troisième épisode où il évacue sa colère en thérapie de groupe est d'une tristesse infinie.

Réalisée par Francis Leclerc (Apparences) et écrite par Benoît Chartier (Dans une galaxie près de chez vous), la série Mon meilleur ami met cependant trop de temps à progresser. C'est anormal pour une oeuvre ne comprenant que cinq épisodes. En lisant le synopsis, j'ai constaté que tous les rebondissements ont été concentrés dans les deux derniers épisodes. Faudra patienter jusque-là, car ça va brasser.

Personnellement, j'ai mieux aimé la minisérie Vertige, que Séries + a programmée au printemps dernier. Mon petit doigt me dit que Mon meilleur ami va finir en Mon pire ennemi.

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