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Marie-Louise d'un bord et de l'autre

Louise Portal (à droite) dans 19-2.... (Photo: fournie par Radio-Canada)

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Louise Portal (à droite) dans 19-2.

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Aux États-Unis, les comédiens de séries dramatiques signent des ententes exclusives qui les enchaînent à leurs émissions pendant aussi longtemps que sept ans. Voilà pourquoi Dre Grey et Dr House ne se croisent jamais dans les corridors de l'hôpital de Nurse Jackie, par exemple.

Chez nous, la situation des acteurs ne s'apparente aucunement à celle qui prévaut à Hollywood. Le milieu québécois est minuscule, les contrats paient beaucoup moins et l'ouvrage se fait plus rare, pour paraphraser La Bolduc. Conséquence: les comédiens jouent dans plusieurs émissions en simultané pour s'assurer d'un revenu décent. Parfois, ils apparaissent - ou nous entendons leurs voix - dans une publicité insérée à même leur téléroman.

Ce n'est rien de nouveau. Mais pour le téléspectateur, ces apparitions multiples, qui pullulent cet hiver, provoquent des situations loin d'être idéales. Des hasards et des coïncidences qui débouchent malheureusement sur des cas comme celui d'Hélène Florent, qui se faisait compétition à elle-même cet automne en jouant dans La galère et Toute la vérité.

Faisons un tour d'horizon rapide de la situation actuelle. Les mardis soirs, à la même heure, mais sur deux postes différents, Micheline Lanctôt fouille dans les boîtes du conseil d'administration d'Agua dans O' tout en préparant sa libération conditionnelle dans Unité 9.

Le cas de Louise Portal est doublement spécial: elle joue deux personnages qui s'appellent Marie-Louise, dans deux séries logées dans la même case horaire. Il y a la Marie-Louise de Toute la vérité, femme adultère du juge Régimbald. Et il y la Marie-Louise du bar dans 19-2, celle qui connaît les potins sur tous les policiers. Marie-Louise d'un bord, Marie-Louise de l'autre.

Encore les mardis soirs, Catherine Renaud joue la soeur de Déborah Mills dans O' et une heure plus tard, sur les ondes de la SRC, elle enfile le sarrau de la psychiatre Flavie de Mémoires vives.

Cette semaine, Maxim Roy sort avec son garagiste dans O' et elle est aussi mère lesbienne dans 30 vies. Le lundi soir, Guylaine Tremblay enfile sporadiquement sa toge de juge dans Toute la vérité à TVA et le lendemain, à Radio-Canada, elle croupit à Lietteville, où elle organise le satané concert des détenues d'Unité 9.

Encore le lundi, Yan England planche sur un projet d'animation dans Yamaska et le mercredi, il cherche toujours Sophie dans Trauma. Louis-David Morasse et Lynda Johnson sont à la fois collègues dans L'auberge du chien noir à la SRC et dans O' à TVA.

Je le répète: les comédiens ne sont pas responsables de ces doublons. On leur offre du travail, ils le prennent et n'ont pas leur mot à dire sur les grilles de programmation des grands réseaux.

Par contre, les producteurs et les diffuseurs gagneraient à élargir leur spectre de sélection. Bien souvent, ils ne cherchent que des «gros noms» pour bâtir la distribution d'une série. C'est un point de vue qui se défend. Avoir à son générique plusieurs vedettes populaires, surtout si elles débordent de talent, c'est doublement payant. D'abord, pour la crédibilité du projet. Ensuite, pour la cote d'écoute.

Comment, alors, devenir connu ou populaire si personne ne nous accorde cette première chance?

Ève Landry, la méchante Jeanne dans Unité 9, a bien failli ne jamais se joindre au téléroman canon. Au départ, elle convoitait le rôle de la jeune Laurence (Sarah-Jeanne Labrosse), mais elle n'était pas assez connue, lui a-t-on dit.

Il a fallu que la directrice de distribution Lucie Robitaille lui suggère, à la toute dernière minute, de passer l'audition pour Jeanne-la-pas-fine. Encore là, la partie était loin d'être gagnée, car la talentueuse Ève Landry était toujours une nobody. Trois auditions plus tard, et sous l'insistance du réalisateur Jean-Philippe Duval, on lui a finalement attribué le rôle.

En une semaine, le public québécois l'a adoptée et la popularité d'Ève Landry a explosé. Comme quoi, oser sortir des sentiers battus, ça peut être aussi payant que de recruter la comédienne de l'heure.

Yamaska rencontre Toute la vérité

C'est lundi que le croisement s'opérera entre Toute la vérité et Yamaska à TVA. Il s'agira d'une sorte de programme double. À 20h, les personnages du téléroman d'Anne Boyer et Michel d'Astous discuteront de ce qui pend au bout du nez de la jeune Alicia (Audréane Carrier) et à 21h, Dominatrix (Maude Guérin) de Toute la vérité présidera la procès de cette même Alicia, qui a tenté d'étrangler sa rivale Ingrid (Roxane Gaudette-Loiseau) avec de la corde jaune.

Les personnages de Toute la vérité ne traversent pas dans Yamaska, c'est plutôt l'inverse. En plus d'Alicia et Ingrid, Brian (Yan England), Marthe (Patricia Nolin), Olivier (Émile Mailhiot) et Geoffroy (Pascal Darilus) visiteront le palais de justice de Toute la vérité. Alicia avait aussi tenté de poignarder Ingrid, lors de la grande finale du printemps dernier. Ce détail risque de rebondir au procès.




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