Louis Morissette, pour une dernière fois

Louis Morissette... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Louis Morissette

Photo: Robert Skinner, La Presse

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Le vendredi 21 décembre, Louis Morissette a fait ce qu'il fait presque tous les ans avant de mettre la touche finale au Bye Bye de Radio-Canada. Il a réuni un «focus group» de 150 personnes et leur a montré tout le contenu - et même plus - de la revue de fin d'année qu'il bricole intensivement (et secrètement) depuis quatre mois avec ses collaborateurs habituels.

Et comme toujours, Louis Morissette s'est installé au fond de la salle, derrière la vitre miroir. Il a écouté et pris plein de notes dans son gros cartable reliant tous les textes de l'émission phare du 31 décembre. «Ça ne m'intéresse pas de savoir ce que ces gens pensent de nos idées. J'y vais uniquement au son: où ça rit, quand ça rit et ce qui fait rire le plus fort. Après ça, on réorganise l'ordre des sketches, et 10% du matériel est coupé», explique Louis Morissette, auteur, comédien et producteur du Bye Bye 2012.

Alors, qu'allons-nous voir dans l'heure précédant le passage à 2013? Il y a plusieurs incontournables, dont Céline Dion, René Angélil, Mahée Paiement (pour sa campagne sur l'allaitement), la juge France Charbonneau, Léo Bureau-Blouin, Gabriel Nadeau-Dubois, Lino Zambito, Luc Leclerc, Gilles Surprenant, Jean Charest et Françoise David.

Selon nos espions à la SRC, les anciennes ministres libérales Line Beauchamp, Michelle Courchesne et Nathalie Normandeau devraient aussi apparaître en nouvelles prisonnières d'Unité 9. Ce sketch a été tourné en secret dans les vrais décors du téléroman de Danielle Trottier, au troisième sous-sol de Radio-Canada.

Comme l'an passé, ce Bye Bye aura une concentration très élevée en politique avec l'année mouvementée de crise étudiante et de collusion que nous venons de traverser. «La corruption, c'est un sujet en or pour des auteurs. Mais il faut faire attention de ne pas être redondant, dit Louis Morissette. Dans les années précédentes, tu voyais le vrai Jean Charest et le vrai Régis Labeaume à Tout le monde en parle (qui fait relâche le 31 décembre). Il y avait aussi des blagues sur eux à Infoman et à Et dieu créa... Laflaque. Nous, on arrivait en dernier. C'était peut-être une grande accumulation.»

Un projet comme le Bye Bye comporte toujours son lot de contraintes. Par exemple, Louis Morissette, qui s'est entouré des auteurs Jean-François Léger, Benoît Pelletier, Pascal Barriault, Louis T. et François Avard, avait pondu un sketch intitulé Starmafia, une comédie musicale sur la commission Charbonneau rythmée par les airs connus de l'opéra rock Starmania. «Sur papier, c'était parfait. Mais Luc Plamondon n'a jamais voulu libérer les droits. Donc, on ne l'a pas fait», glisse Louis Morissette.

Côté culturel, vous entendrez dans ce Bye Bye 2012 une relecture de Toi + moi, l'hymne national de Star Académie, ainsi que Give Me All Your Luvin' de Madonna, qui servira de canevas à une parodie comme Party Rock Anthem l'an passé. Et consécration: la chanson Aujourd'hui, ma vie c'est d'la marde de Lisa LeBlanc risque d'égayer notre 31 décembre, si elle n'a pas été retranchée entre-temps. Côté visuel, le producteur nous promet «un christie de bon show» avec encore plus de perruques, plus de costumes et plus de prothèses.

De son propre aveu, le 31 décembre est une des pires journées dans l'année de Louis Morissette. «Je me lève à 5h30 et j'ai juste hâte que la journée soit finie. C'est moi qui vais réveiller les enfants et qui les force quasiment à venir jouer dehors», indique-t-il.

Contrairement à son épouse Véronique Cloutier, qui y est très active, Louis Morissette n'alimente pas de compte Twitter. «Il y a une réalité sur les réseaux sociaux qui n'est pas le reflet de Monsieur et Madame tout-le-monde», constate-t-il.

Pourtant, le 31 décembre, à 23h, Louis Morissette ira quand même écornifler sur Twitter et Facebook, pour lire des commentaires à chaud sur le Bye Bye. «Twitter, ça reste un bon baromètre. Je pense que ça peut avoir une certaine influence, notamment sur les critiques qui vont paraître. Après 15 minutes, mon idée est pas mal faite», explique-t-il.

Louis Morissette l'a répété plusieurs fois: pour le Bye Bye 2013, il passe son tour. «Je prends ma retraite en même temps que Jean Charest. Jouer dans le Bye Bye, c'est vraiment le fun. Ce sont les 12 autres chapeaux qui sont lourds à porter. Moi, j'ai le goût de retourner à la fiction, en télévision et au cinéma», note-t-il.

En incluant Ceci n'est pas un Bye-Bye en 2003, Louis Morissette pilote sa cinquième revue de fin d'année, la troisième consécutive avec les mousquetaires Véronique Cloutier, Michel Courtemanche, Joël Legendre et Hélène Bourgeois-Leclerc. «C'est un cycle de trois ans. Je n'aurais pas arrêté après le Bye Bye 2011. Là, j'ai l'impression d'avoir bien mis le couvercle sur la marmite de la tempête de 2008», constate-t-il.

Au fil des controverses qui ont jalonné ses débuts dans le showbiz, Louis Morissette s'est - légèrement - assagi. «C'est l'année où je suis le plus relax. On survit à tout. Le Bye Bye va diviser, c'est sûr. Certains vont nous accuser d'être pro-carrés rouges, d'autres vont dire exactement le contraire», dit-il avec philosophie.

Louis Morissette est-il de gauche ou de droite? Ça varie beaucoup, précise-t-il. «Je réfléchis de gauche. Je trouve que la gauche, c'est l'idéal. Malheureusement, la gauche ne tient que si tout le monde se tient ensemble. Ensemble, ça peut fonctionner. Si on est divisé, ça peut devenir catastrophique, car il y aura toujours des gens pour exploiter le système», déplore-t-il.

Il enchaîne: «Nous avons eu une vision très idéalisée du printemps érable. On a prouvé quoi? On a été à deux respirations d'avoir encore Jean Charest comme premier ministre. On n'a pas été capable d'évacuer les libéraux. Ça va prendre quoi?»

Oui, Louis Morissette est plus calme et moins imprévisible dans les médias, mais il n'a pas perdu son petit côté baveux pour autant. Savez-vous où il a installé sa compagnie de production KOTV? Dans un grand loft moderne et spacieux du Vieux-Montréal au pied de la tour appartenant à... Québecor.

«Pierre Karl [Péladeau] est sorti de son garage l'autre jour et il a failli m'écraser dans la rue», dit Louis Morissette en riant.

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