Sans le CH, TVA Sports survivra-t-elle?

Attention RDS et bientôt RDS2, votre nouveau rival télévisuel «quebecorien» a sauté sur la patinoire hier à 17h avec la mise en ondes d'un long préambule sur la beauté du sport, suivi du magazine de type 5 à 7 L'esprit d'équipe, dirigé par la capitaine Karine Champagne, ancienne coéquipière de Jean-François Guérin à LCN le matin.

Quelques heures plus tôt, c'est le PDG de TVA, Pierre Dion, qui a détaillé le contenu 110% sports de cette station flambant neuve, qui a nécessité l'injection de plusieurs millions, l'investissement le plus coûteux depuis celui de LCN en 1997. Combien de millions, au juste? Impossible de le savoir.

TVA vise un million de foyers abonnés à TVA Sports d'ici un an. Objectif ambitieux, car Bell Télé et Cogeco ne relaieront pas, pour l'instant, le signal numérique de TVA Sports, les négociations à ce sujet ayant échoué. Bien sûr, Vidéotron l'a ajouté, tout comme Shaw Direct, et le débrouillage gratuit s'éteindra le 30 novembre au soir.

«Appelez Bell. Appelez Cogeco. Et dites-leur que vous voulez TVA Sports», a quasiment imploré Pierre Dion lors d'un point de presse hier.

La grande question qui se pose avec une telle antenne, même si elle profitera des multiples leviers de l'empire Quebecor, c'est: pourra-t-elle bourgeonner sans offrir un seul match du Canadien de Montréal, dont les droits exclusifs de télédiffusion appartiennent à RDS jusqu'en 2014? Et la survie de TVA Sports, dans cet univers saturé de chaînes spécialisées, passe-t-elle absolument par l'octroi d'une nouvelle franchise de la LNH à Québec, dossier sur lequel Pierre Karl Péladeau planche avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d'ardeur?

Soyons honnêtes deux petites secondes ici: ce n'est pas en programmant 38 parties des Sénateurs d'Ottawa dans sa grille que TVA Sports collectionnera les abonnés payants. Chez RDS, un match des Sénateurs ne bat même pas un match de présaison du Canadien en matière de chiffres BBM.

Pierre Dion l'admet simplement: «On n'a jamais caché que l'on voulait des matches du Canadien. Et TVA Sports sera là pour la renégociation.» Sans Canadien ni Nordiques à l'écran, TVA Sports misera «sur sa diversité» pour briller dans cette galaxie télé déjà lumineuse. «On passera de George St-Pierre aux quilles. Et on a des talents extraordinaires à l'écran», note Pierre Dion, qui appliquera la recette gagnante de TVA à TVA Sports: proximité et émotion.

L'émission phare de TVA Sports, c'est bien sûr L'esprit d'équipe, magazine quotidien de deux heures auquel collaboreront des gens comme Réjean Tremblay (qui a ouvert la station en sortant une primeur sur Mark Lafleur), Dave Morissette, Enrico Ciccone et Patrice Brisebois. «Ce sera un genre de Salut bonjour à TVA Sports. Il va y avoir de tout: de la nouvelle, des interviews et des opinions», indique Pierre Dion.

Le match de Dave Morissette, allongé à 60 minutes, passera tous les soirs à 22h, avec une reprise à TVA à 23h45. Le bulletin des sports de Michel Godbout logera à 23h.

Sinon, vous verrez sur cette chaîne l'Impact de Montréal, les Blues Jays de Toronto, les combats de la UFC, les événements de Red Bull (comme le Crashed Ice), les affrontements d'Interbox et de GYM, des parties de la LHJMQ et de la LCH, le Grand Prix de Trois-Rivières, un documentaire sur Lucian Bute, la Ligue des champions, le Vélirium de Québec et le magazine Junior et Majeur animé par l'humoriste Maxim Martin.

Maisons de fous à TV5

L'idée à l'origine de Maisons de fous de la chaîne TV5, soit de déstigmatiser les maladies mentales, est très bonne et fort louable. Rien à redire à cela. Mais son exécution par le cinéaste inexpérimenté Alexandre Hamel, un patineur artistique de compétition, s'avère plus ou moins réussie.

Pendant près de neuf mois, Alexandre Hamel a fréquenté et même habité aux résidences Petite-Patrie et Viau, deux centres montréalais qui aident d'anciens patients de l'hôpital psychiatrique Louis-H. Lafontaine à retomber sur leurs pattes.

Le jeune réalisateur de 27 ans a ainsi braqué sa petite caméra sur trois malades: Édith, une schizophrène qui boit et fume énormément, Marie-Pier, une Asperger obsessive-compulsive qui souffre aussi du syndrome Gilles de la Tourette, ainsi que Marc-André, un «multipoqué» vivant avec toutes sortes de tics.

C'est la vie de Marie-Pier, ses crises de comportement, sa tendresse et son besoin immuable de routine qui contribuent le plus à comprendre le quotidien de ces gens aux parcours douloureux. Marie-Pier doit toujours répéter les mêmes gestes, sinon ça la rend anxieuse et elle se mord violemment.

En fait, ce qui ressort le plus de Maisons de fous, c'est la patience infinie, la dévotion, l'abnégation et l'humanisme dont font preuve les gens - des anges - qui épaulent les Marie-Pier, Marc-André et Édith de notre monde. Le vrai sujet du documentaire, il se trouvait peut-être là. Maisons de fous, qui se veut un docufeuilleton sur un univers méconnu, ouvre ses portes le mercredi 21 septembre à 19h30. Huit épisodes de 30 minutes ont été commandés.




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