Bye Bye: déjà une controverse

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Vous ne lirez pas d'entrevues ou de reportages pré-Bye Bye 2010 dans les journaux appartenant à Quebecor. Louis Morissette et Véronique Cloutier, qui ont régulièrement été écorchés par l'Empire de Pierre Karl Péladeau dans le passé, poursuivent leur boycottage en vigueur depuis deux ans déjà.

Et cette fois-ci, le blocus, qui concerne toute la troupe du Bye Bye, ne s'applique pas qu'au Journal de Montréal: il s'étend à d'autres branches de Quebecor Media comme Le Journal de Québec, dont les textes aboutissent régulièrement dans le quotidien de la rue Frontenac sous la signature de l'agence QMI.

«Jamais je ne vais dire à un journaliste d'aimer ou pas ce que je fais. Mais entre le 3 et le 9 janvier 2009, nous avons fait six fois le front page du Journal de Montréal. C'était de l'acharnement», indique Louis Morissette, qui cite aussi le lock-out comme raison de ne pas dialoguer avec les quotidiens de Quebecor.

Après le Bye Bye 2008, Le Journal de Montréal avait publié, avec une énorme référence en page frontispice, une entrevue avec René Angélil qui traitait Louis Morissette et François Avard «d'imbéciles», de gens sans talent, sans culture et sans créativité. L'impresario et mari de Céline Dion avait même ajouté que cette équipe manquait d'intelligence et de goût.

Et comme dans les tabloïds américains ou britanniques, un photographe du Journal de Montréal avait été dépêché à l'aéroport de Dorval pour croquer Louis Morissette et Véronique Cloutier à leur retour de Floride, où ils se reposaient avec leurs enfants. Du paparazzi à son meilleur. Déjà houleuses, les relations entre Quebecor et le couple vedette ont été rompues à ce moment précis.

«Tout le monde savait que nous ne voulions pas montrer nos enfants. Quand les photographes sont arrivés, je suis devenu fou. On n'avait tué personne et on n'était pas des criminels», ajoute Louis Morissette.

Ni la directrice de la section arts et spectacles du Journal de Montréal, Michelle Coudé-Lord, ni le rédacteur en chef, Dany Doucet, ni le vice-président des affaires corporatives de Quebecor Media, Serge Sasseville, n'ont répondu à nos messages hier.

Radio-Canada ne s'objecte pas au choix éditorial de Louis Morissette et Véronique Cloutier. «C'est la prérogative des artistes. Un diffuseur ne peut pas les forcer à accorder des entrevues qu'ils ne veulent pas accorder», note la porte-parole de la SRC, Nathalie Moreau. Surtout que Louis Morissette produit lui-même cette revue de fin d'année par l'entremise d'une société qu'il a spécialement créée, les Productions Bye Bye 2010.

Hier après-midi, les cinq artistes de l'émission la plus attendue des Fêtes recevaient les journalistes, du moins une partie des journalistes, dans une magnifique suite de l'hôtel W. Le noyau des comédiens, qui comprend aussi Hélène Bourgeois-Leclerc, Michel Courtemanche et Joël Legendre, est solidaire et uni: personne ne parlera avec Quebecor. Et personne ne changera d'idée (message subtil à Joël Legendre, ici).

Trêve de guerre d'empires, que nous réserve cette émission populaire? Vous verrez des pastiches de Jean Charest, Pauline Marois, Lady Gaga, du couple Dion-Angélil et de leurs poupons Nelson et Eddy, ainsi que Claude Dubois et Crystal Miller, bref tout ce qui a marqué la dernière année.

En entrevue, la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Louise Lantagne, a glissé qu'elle espérait un Bye Bye familial. Ça veut dire quoi exactement, familial? «Nous n'avons pas eu de commande précise. Ce ne sera pas le Broco Show. Ça reste baveux, ça va brasser un peu. Ça fait partie de la game. Il faut cependant que tes références soient grand public. Et le deuxième degré, étire-le pas trop», note Louis Morissette.

Le terme familial, «c'est une façon de dire: il n'y aura pas de scandale comme il y a deux ans», note Véronique Cloutier. «Moi, c'est le mot rassembleur qui me vient en tête», enchaîne Hélène Bourgeois-Leclerc.

Selon Véronique Cloutier, la (mauvaise) blague sur Nathalie Simard, qui a passé à 23h10 en 2008, a enragé plusieurs téléspectateurs, qui n'ont pas décoléré du reste de l'heure.

Oui, ce Bye Bye renfermera des sacres, mais pas de numéros de variétés. À 99%, le contenu s'articulera autour de sketches mettant en vedette les cinq comédiens principaux. «Tu ne chercheras pas pendant deux minutes qui se cache sous la perruque ou le maquillage», souligne Joël Legendre.

Malgré les tensions entre les empires, la troupe du Bye Bye ne se gênera pas pour rire des artisans et émissions de TVA, le clan ennemi. «C'est le réseau le plus regardé. On y a tous déjà goûté. Il faut savoir rire un peu de soi. Être imité au Bye Bye, c'est quasiment un honneur», confie Véronique Cloutier. «C'est de la parodie, ce n'est pas de la méchanceté gratuite», remarque Hélène Bourgeois-Leclerc.

À l'époque, RBO avait notamment rebaptisé C.A.C.A. la série coquine de Louis Morissette. «Bien oui, je l'ai pris sur la gueule. Mais j'aurais sans doute fait le même gag», se souvient Louis Morissette.

Joël Legendre et Hélène Bourgeois-Leclerc ont employé la même technique pour peaufiner leurs imitations: les deux enregistraient la voix de la personne à parodier dans leurs iPhone et l'écoutaient en boucle. Véronique Cloutier a ensuite copié leur façon de travailler. Quant à Michel Courtemanche, il a sollicité les services de Pierre Verville. «C'était parfait. Avec Pierre, c'était plus facile. J'entendais tous les défauts de la personne d'un coup», précise Michel Courtemanche.

Comme les acteurs l'ont répété hier, avec quatre millions de téléspectateurs, c'est impossible de faire l'unanimité. «Mais il n'y a pas un sketch, pas une ligne que je n'assume pas», assure Louis Morissette.




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