Les sacres torpillent Dubois en réalité

Claude Dubois sacre beaucoup. C'est lui-même qui l'admet entrevue. Mais le «droit de regard» qu'il a inclus dans son lucratif contrat pour sa participation à Dubois en réalité lui permet à 100% d'empêcher la diffusion de ses jurons sur la chaîne V.

Dans nos salons, Claude Dubois ne lâche que des (bip) ou des (bip) et parfois un gros (bip). Jamais de crisse bien lisse ou d'ostie bien senti.

Des blasphèmes dans une téléréalité: voilà l'enjeu majeur qui a déchiré le populaire auteur-compositeur-interprète de 63 ans et les créateurs de Dubois en réalité, dont un seul épisode de 30 minutes n'a été montré en ondes jusqu'à présent. Celui prévu hier soir - le deuxième d'une série de 14 - a été remplacé en catastrophe par une tranche de Rire et délire». Pourquoi? Très simple.

La semaine dernière, Claude Dubois, brandissant son fameux «droit de regard inaltérable», avait approuvé le montage et l'assemblage de la deuxième tranche de sa docuréalité, que vous auriez dû visionner à 19h. Mais voilà, V a exigé quelques changements de dernière minute, dont l'ajout de sacres non camouflés par des bips, et a renvoyé lundi, vers 18h, un DVD modifié à Claude Dubois et sa compagne Crystal Miller, qui séjournaient dans un hôtel de Québec.

Évidemment, l'interprète de Femmes de rêve n'a pas apprécié de s'entendre émettre autant de mots d'église et a exigé que seule la version de Dubois en réalité qu'il avait déjà approuvée - sans sacre audible - aboutisse à l'écran. La direction de V a refusé net, frette, sec.

Claude Dubois, sa compagne Crystal Miller, et leur... (Photo: David Boily, La Presse) - image 2.0

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Claude Dubois, sa compagne Crystal Miller, et leur petite fille Melody Clea.

Photo: David Boily, La Presse

L'avocate de Claude Dubois, Micheline Parizeau, a alors demandé une injonction pour empêcher la diffusion du deuxième épisode (poivré de quelques termes religieux), que le juge Paul G. Chaput lui a accordée à 18h hier, soit à exactement 60 minutes de son heure de diffusion habituelle. Une blague poussée par Jean-François Mercier, un invité surprise, a aussi agacé le papa de la petite Melody Clea, trois ans.

Le juge Chaput a rapidement tranché: «le droit (de regard du chanteur) m'apparaît clair». Alors, si un épisode doit être présenté, c'est celui et seulement celui qui a été sanctionné par l'artiste-vedette tel que paraphé dans sa lettre d'entente.

Refusant de se faire imposer le contenu de ses émissions, la chaîne V a torpillé la version proprette homologuée par Claude Dubois et modifié sa programmation à la dernière minute: bébé n'a donc pas joué la toune. «Ce n'est pas M. Dubois qui viendra dicter ce que nous diffuserons sur nos ondes», a tonné, dans un communiqué de presse, le coprésident et chef de la direction de V, Maxime Rémillard.

À la sortie du palais de justice hier soir, où aucune caméra ne les attendait, pas même les leurs, ni Claude Dubois ni son avocate Micheline Parizeau n'ont voulu répondre aux questions du représentant de La Presse. L'interprète souhaite-t-il poursuivre l'aventure? Le climat de travail pourri le permettrait-il? Silence.

Même incertitude chez V: «La direction discute présentement de l'impact de ce jugement sur le futur de la série», note le directeur des affaires juridiques de V, Mark Sorella.

En cour hier, l'avocate de la star de la musique, Micheline Parizeau, a argué que Dubois en réalité, une «émission mignonne», devait représenter le quotidien des Dubois «dans tout ce qu'il y a de plus charmant». «Il y a des enfants à l'écoute, a-t-elle plaidé. Et des blasphèmes, ce n'est pas acceptable dans une émission familiale.»

Selon Me Parizeau, les sacres avaient tous été enlevés ou camouflés avant d'être rajoutés dans la deuxième copie. «Peut-être que ça aide les cotes d'écoute, mais on essaie de détruire et démolir l'image d'une famille», a avancé l'avocate.

Réponse du procureur du producteur Trio Orange, Raymond Doray: «C'est une téléréalité, et la réalité, c'est que M. Dubois sacre». Me Doray a enchaîné: «Un docuréalité, ça doit être conforme à la réalité».

Selon nos informations, qui n'ont pas été validées par Trio Orange, Claude Dubois empocherait autour de 10 000$ par épisode de Dubois en réalité, pour un montant total de 140 000$. Devant le juge Paul G. Chaput, l'avocat Raymond Doray a insisté: «Il (Claude Dubois) est grassement payé» pour participer à la téléréalité sans toutefois chiffrer son salaire exact.

Les tiraillements entre Claude Dubois et ses producteurs ne datent pas d'hier. Une première mise en demeure relatant le mécontentement du chanteur par rapport à l'assemblage de la téléréalité, qui filme le clan Dubois-Miller dans son plus banal quotidien, a été expédiée le 8 septembre. Et la semaine dernière, le réalisateur Charles Martel, excédé que des gens refassent constamment le travail par-dessus son épaule, a claqué la porte de Dubois en réalité. Mettons qu'il n'y a pas «plein de tendresse» dans l'équipe.

Trio Orange dit avoir accumulé du matériel de tournage pour bricoler environ huit ou neuf épisodes de Dubois en réalité. Pour l'instant, personne ne peut affirmer si ces images serviront ou si Claude Dubois martèlera de nouveau «tu peux pas, y faut pas, t'as pas le droit, écoute pas, fait pas ça, continue pas comme ça».




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