Les rescapés : quiproquos à gogo

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Hugo Dumas
La Presse

La nouvelle série Les rescapés de Radio-Canada regorge de potentiel. Son réalisateur Claude Desrosiers, qui a brillamment mis en images Aveux, n'a pas perdu sa touche magique. Son scénariste Frédéric Ouellet (Grande Ourse) signe des dialogues savoureux. Et ses deux interprètes principaux, soit Guylaine Tremblay et Roy Dupuis, crèvent le petit écran. Particulièrement Guylaine Tremblay, qui excelle autant dans les scènes comiques que dans celles plus tragiques. Quel talent.

Roy Dupuis et Guylaine Tremblay... (Photo: Radio-Canada) - image 1.0

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Roy Dupuis et Guylaine Tremblay

Photo: Radio-Canada

Pourtant, après le visionnement des deux premiers épisodes hier midi, je me questionnais sur l'intrigue: est-ce assez fort, assez puissant ou assez prenant pour nous planter sur le bout de nos sofas tous les mardis à 21 h après Providence? Faudra voir.

Qu'on se comprenne bien ici: Les rescapés, c'est de la très bonne télé. Mais les deux premiers épisodes baignent beaucoup dans l'anecdote temporelle et les comparaisons comiques entre les années 1964 et 2010, un procédé qui lasse à la longue. Car Les rescapés, pour ceux qui n'ont rien lu à ce sujet, c'est en fait le voyage dans le futur de la famille Boivin, composée du père policier Gérald (Roy Dupuis), de la maman Monique (Guylaine Tremblay) et de leurs trois enfants Charles (Maxim Gaudette), Jeanne (Ève Lemieux) et Marco (excellent Antoine L'Écuyer).

Le temps d'un mystérieux éclair qui a frappé leur roulotte sur le mont Royal en juin 1964, zap! tout le clan Boivin - même le malcommode pépère - a été téléporté en 2010. Dans l'auto rétro, la radio crache maintenant Hawaïenne des Trois Accords.

Évidemment, ce saut dans le temps provoque une cascade de cocasseries: les Boivin ne reconnaissent pas du tout ce Montréal moderne «envahi par les chars russes». Ils critiquent le prix de l'essence (gang de voleurs!), confondent le Stade olympique avec une soucoupe volante et prennent les squeegees pour des martiens.

Au-delà de ces quiproquos, et en parallèle du volet fantastique, il y a quoi? C'est ici que l'intérêt fond légèrement. Il y a une enquête policière amorcée par Gérald Boivin en 1964. Un mystérieux pyromane, que la presse a surnommé «le flambeur», terrorise alors la métropole. Et Gérald n'arrive pas à l'épingler, jusqu'où jour où un louche personnage, Viateur Bolduc (Yan England), lui avoue connaître l'identité du dangereux «flambeur». Coïncidence? Ce même Viateur Bolduc provoque la téléportation des Boivin - et la sienne - dans le futur. La clé de l'énigme se trouverait-elle en 2010?

La toute première demi-heure des Rescapés se déroule entièrement en noir et blanc, un peu à la manière d'un vieux film policier. Les militants antitabac vont rager en regardant ces images: plusieurs personnages de 1964 fument comme des cheminées, un peu à la Mad Men.

La série, qui distille un fort parfum de nostalgie, plaira beaucoup aux baby-boomers qui reconnaîtront l'époque de leur enfance, les meubles de salon ou les lunettes vintage perchées sur le nez de Roy Dupuis.

Pour hameçonner les plus jeunes, chacun des épisodes des Rescapés se conclut par un générique musical où des artistes de la relève revisitent des classiques des années 60. Tout ça est très joli et efficace. Vous entendrez notamment Ces bottes sont faites pour marcher (par Stéphanie Lapointe), Tous les garçons et les filles (Coeur de pirate) et Oh non (Yann Perreau).

La question qui rythme l'oeuvre de Frédéric Ouellet se lit comme ceci: les Boivin voudront-ils revenir dans leur ancienne vie de 1964 après avoir goûté à la modernité de 2010? Au fil des épisodes, les Boivin expérimenteront aussi tous les mouvements sociaux découlant de leur périple dans le temps: perte de l'influence du clergé, montée du féminisme, ce qui teintera leurs rapports entre eux. Vivement d'autres épisodes pour se forger une opinion plus précise.

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