Les risques de l'exil pour la LNH

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François Gagnon
La Presse

Les rats sont toujours les premiers à s'échapper d'un navire lorsque sa cale commence à se remplir d'eau. Un principe qui s'applique selon que le naufrage soit considéré au sens propre, ou au sens figuré.

Les grandes vedettes de la LNH se sont-elles transformées en rats depuis que l'eau s'infiltre dans le calendrier et menace de faire couler la saison 2012-2013?

C'est certainement l'impression provoquée par l'exil de plusieurs vedettes depuis que le commissaire Gary Bettman a décrété, le 15 septembre, le troisième lock-out lors des 18 dernières saisons dans la LNH. Des vedettes qui sont loin d'avoir besoin de ce revenu d'appoint pour éviter des fins de mois difficiles...

L'Américain Bobby Ryan, des Ducks d'Anaheim, s'est d'ailleurs affiché contre cette migration. S'entraînant au New Jersey, où il a grandi, Ryan s'insurge contre le fait que les joueurs qui mettent le cap vers l'Est volent des emplois à ceux qui sont sacrifiés pour leur faire une place là-bas. Il soutient aussi que c'est ici, autour des 30 patinoires de la LNH, que tous ces joueurs devraient se regrouper pour combattre le lock-out et ceux qui l'ont décrété.

Dans le camp du Canadien, Josh Gorges est d'accord en partie avec Bobby Ryan. «Il faut que nous soyons solidaires, et plus nous serons nombreux à nous battre ici, plus nous pourrons nous dresser devant la LNH. Pour le moment, Sidney Crosby est toujours ici. D'autres grandes vedettes l'imitent. Comme quoi il est faux de prétendre que les cols bleus se battent pour les vedettes», a lancé le défenseur du Canadien.

Exil temporaire ou permanent?

Gorges, l'un des joueurs les plus réfléchis du Tricolore, balaie toutefois d'un revers de main les allégations selon lesquelles les joueurs partis en Europe sont des déserteurs, des profiteurs et/ou des voleurs de job.

«Nous sommes des joueurs de hockey. Nous avons besoin de jouer. La Ligue nous prive de ce besoin essentiel. Personnellement, c'est ici que je veux rester. Que je veux me battre pour notre cause. Pour nos droits. Mais je comprends que certains gars tiennent à jouer. Surtout ceux qui sont à la maison en Europe», a plaidé Gorges, qui craint toutefois un contrecoup de cet exode.

«Les Européens reviendront-ils une fois le conflit réglé. Si la Ligue impose de nouvelles coupures et que les salaires sont amputés de 15%, 20% ou 25%, certaines des grandes vedettes européennes resteront dans leur pays. Ça m'inquiète vraiment. Et ça devrait inquiéter la Ligue», m'a indiqué Gorges lorsque je l'ai croisé après le match de la Tournée des joueurs, à Saint-Hyacinthe.

Cette préoccupation de Gorges me semble exagérée. Du moins pour le moment. Car plus encore que la comparaison entre les salaires empochés dans la LNH et ceux en Europe, la qualité de jeu offert dans ces ligues importe davantage.

Tant que la LNH sera la meilleure du monde et que cette domination fermera la porte à toute comparaison, les joueurs voudront évoluer dans la meilleure des ligues. Et si tel n'est pas le cas, qu'ils restent à la maison.

Cela dit, si les Malkin, Ovechkin, Kovalchuk, Chara, Sedin décidaient tous de rester en Europe, le niveau de jeu de leurs ligues respectives grimperait d'un coup en faisant plonger le niveau de jeu de la LNH du même coup.

Un effet pervers dont Bettman doit se méfier.

Une tournée qui fait du bien

Jeudi soir, à Saint-Hyacinthe, le stade L.P. Gaucher vibrait comme dans les belles années de Martin Brodeur avec le Laser de la LHJMQ. Plus de 2400 amateurs de hockey s'amusaient dans les gradins en regardant la bande à Maxime Talbot et celle de Bruno Gervais s'amuser sur la glace.

Cette tournée fait du bien à tout le monde. Aux joueurs qui peuvent pousser un peu plus la machine. Aux organismes d'aide à l'enfance et de lutte au cancer à qui tous les profits sont remis. Et aussi aux amateurs en manque de hockey de la LNH. Des amateurs qui profitent pleinement de cette tournée pour voir, parler et toucher à leurs joueurs préférés. C'était vrai à Châteauguay, première escale de la tournée la semaine dernière. Ce l'était aussi à Sherbrooke vendredi soir. Ce le sera encore la semaine prochaine à Rimouski et Québec.

Tout ça est bien beau. Mais combien de temps ce diachylon qu'est la Tournée des joueurs pourra éviter que la plaie vive provoquée par le lock-out dans la LNH ne s'infecte?

Si le conflit se prolonge, la Tournée perdra des joueurs qui chercheront une patinoire sur laquelle ils pourront jouer au hockey pour vrai. Et les amateurs, combien de temps accepteront-ils de faire la vague en attendant eux aussi du vrai de vrai hockey?

À mon avis, ça durera une dizaine de matchs. Peut-être 15. Après, les joueurs, plus encore que les amateurs, se lasseront. À moins qu'ils soient contraints de mettre une croix sur l'année et qu'ils passent l'hiver à jouer aux amuseurs publics. Cela n'a rien de déshonorant, cela dit. Car cette tournée fait du bien à tout le monde. Du moins pour l'instant...

L'escale de la Tournée des joueurs au Colisée Pepsi de Québec, jeudi prochain, sera télédiffusée par RDS.

Toujours sur la scène de télé sportive, TVA Sports vient d'obtenir le volet francophone de la diffusion des matchs des Bulldogs de Hamilton, le club-école du Canadien. Il s'agit d'une belle prise puisque les Bulldogs, comme plusieurs clubs de la Ligue américaine, regorgeront de jeunes joueurs de talent en raison du lock-out.

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