Inacceptabilité sociale

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J'ai beau chercher, je ne trouve pas.

Le maire de Vancouver s'est opposé au pipeline Northern Gateway en affirmant que les risques étaient plus grands que les bénéfices, et pourtant, je ne trouve pas. Pas d'édito méprisant dans les archives du Globe. Pas de traces d'un tweetfight avec un premier ministre de l'Ouest. Pas même un rant accusateur de l'animateur Rick Mercer.

Ben coudon.

C'est à se demander si c'est l'opposition au projet Oléoduc Énergie Est qui dérange le reste du pays... ou si ce n'est pas simplement l'expression d'une opposition en provenance du Québec qui fait tant réagir.

Car ce qu'a dit Denis Coderre ces derniers jours ressemble pas mal à ce que disait Gregor Robertson en 2012. On a de « grandes inquiétudes ». On craint pour les milieux naturels. Et on constate que les villes traversées par des pipelines prennent tous les risques... sans grande compensation.

Une évidence, il me semble.

Donc oui, il faut prendre en considération l'importance du lien fédéral. Oui, il y a nécessité de se serrer les coudes d'un océan à l'autre. Oui, la péréquation, les ressources naturelles, la création de richesse.

Mais pas besoin d'être souverainiste pour savoir tracer la ligne entre ce qui est acceptable au nom du bien national et ce qui ne l'est pas. On peut être pour l'unité canadienne sans tout accepter en son nom.

Le projet Oléoduc Énergie Est est, dans son état actuel, un mauvais projet, tout simplement.

Pas parce qu'il franchit le Québec sans s'arrêter. Pas parce qu'il ne crée pas de jobs à Montréal, ou si peu. Pas parce qu'il y a lieu de bloquer tous les pipelines sans réflexion.

C'est un mauvais projet parce qu'il traverse la région métropolitaine comme s'il s'agissait d'un terrain vague qui n'a aucune valeur, n'appartient à personne, n'est soumis à aucune autorité.

Voilà pourquoi le président de la CMM lève la main en disant : « Youhou, on est là ! » Voilà pourquoi il dit non à TransCanada après avoir dit oui à Enbridge, infiniment plus respectueuse. Voilà pourquoi il manifeste la même énergie que l'an dernier lorsqu'il s'était attaqué à Postes Canada avec son marteau-piqueur.

L'ennemi à abattre est le même, dans le fond : l'arrogance corporative de grosses organisations qui voient encore les villes comme de vulgaires dispensaires de services qu'on peut bulldozer au nom du bien commun national.

TransCanada évoque ainsi le « dialogue avec les collectivités », mais elle a refusé de participer aux consultations menées par la région. Elle n'a pas de communications avec la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), contrairement à Enbridge, qui a accepté de négocier les conditions d'exploitation du pipeline 9B. Et elle a dessiné le tracé d'Énergie Est à l'aveugle, probablement à partir de Google Maps.

Elle a en effet relié bêtement le point A (l'Alberta) au point B (Nouveau-Brunswick), sans souci pour les boisés, les milieux humides et les cours d'eau qui se trouvent entre les deux. Sans souci non plus pour les nombreuses craintes exprimées sur son passage.

« Jusqu'à maintenant, TransCanada Pipeline n'a pas répondu à nos inquiétudes, a lancé hier le président de la Communauté métropolitaine de Québec, Régis Labeaume (qui est en faveur du projet). On est quand même en 2016 ! Je les trouve incompétents. »

Manifestement, le promoteur d'Énergie Est n'a pas de temps à perdre à rassurer les élus municipaux et leurs commettants. Il n'a rien à faire de la position des maires... jusqu'à ce que cette position lui rappelle leur existence.

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