Sous les pavés...

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Vous êtes-vous promené dans les rues de Montréal ces dernières semaines? Dans Villeray, Rosemont, Ahuntsic? Il se passe quelque chose.

Dans Hochelaga-Maisonneuve aussi. Dans Saint-Laurent. Dans le Quartier chinois. Il se passe assurément quelque chose...

Quelque chose qui ressemble à une réappropriation de la rue par l'entremise de petits et gros projets de piétonnisation. Sur De Castelneau. Sur Beaubien. Sur Park Stanley.

Un peu partout, l'administration Coderre fait pousser des espaces publics temporaires de concert avec les arrondissements. Sur Ontario. Sur Stanislas. Sur De La Gauchetière aussi, qui vient de profiter d'un sérieux rajeunissement en plein Quartier chinois.

Et tous ces projets ne sont que le début de la réappropriation...

Derrière les gros legs du 375e, comme cette magnifique illumination du pont Jacques-Cartier, il se cache plusieurs petits projets qui pourraient avoir plus d'impact encore sur le quotidien des Montréalais à compter de 2017.

Je pense à ce réaménagement de la place Jacques-Cartier qui, s'il est bien fait, pourrait la transformer en «rambla». Je pense à l'installation permanente et élargie des espaces publics testés dans les quartiers cités plus haut.

Et je pense, surtout, à cette réfection de la rue Prince-Arthur qui pourrait enfin transformer cette catastrophe urbaine en ce qu'elle aurait dû être il y a près de 40 ans: l'une des plus attrayantes rues piétonnes de la métropole.

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On retrouve déjà à Montréal plusieurs espaces piétonnisés. Mais avez-vous remarqué? Aucune ne reflète vraiment le caractère européen de la ville qu'on aime tant vanter.

La rue Saint-Paul Est est charmante, mais elle manque d'authenticité avec tous ces vendeurs de bébelles. Sainte-Catherine Est est longue et agréable, surtout avec ses boules roses, mais il s'agit d'une succession monotone de terrasses en pleine rue. Et De La Gauchetière n'a pas grand-chose d'européen, évidemment.

Restent tous ces petits tronçons piétons, comme ces places qui bordent de belle façon le Musée des beaux-arts, le musée McCord et la Fonderie Darling. Mais on est dans le petit format, dans l'acupuncture urbaine.

Rien qui ressemble donc aux longues rues coquettes du Vieux Continent qu'on arpente à pied en se délectant de l'animation et de la beauté de l'endroit...

Or, c'est très précisément ce qu'a essayé de faire l'administration Drapeau-Lamarre avec la rue Prince-Arthur dans les années 70. Une piétonnisation qui se voulait novatrice à l'époque, avec son mobilier urbain unique, son aménagement modulé autour de grosses boîtes à fleurs, ses fontaines et ses oeuvres d'art publiques.

Mais bien peu de tout ça a vu le jour, hélas. «On a eu peur que les gens désertent la rue, et que l'investissement soit perdu. On a donc réduit le projet à sa plus simple expression à la dernière minute», raconte Grégory Taillon, féru d'urbanisme et d'architecture, dont le père a oeuvré sur le projet, à l'époque.

«L'aménagement prévu a été remplacé par un simple pavage. Le mobilier urbain a fait place à un modèle choisi par catalogue. Seule une modeste fontaine a été installée. Le but était de pouvoir rouvrir la rue aux voitures au besoin, le plus facilement possible.»

Avec le triste résultat qu'on connaît...

***

En vue du 375e, chaque arrondissement peut obtenir du financement pour un gros projet. Et la modernisation de la rue Prince-Arthur, eh bien, c'est le projet du Plateau-Mont-Royal.

Les consultations ont débuté. L'analyse de cet écosystème urbain est en cours. Et plusieurs initiatives se préparent pour tester le potentiel de la rue, comme un marché public à compter du 13 août.

Objectif: en faire dès 2017 l'une des plus attrayantes rues piétonnes de la ville, 12 mois sur 12, tant pour les touristes que pour les riverains.

«Ce n'est pas compliqué, on veut tout améliorer, la diversité commerciale, le verdissement, l'animation, le mobilier, m'a expliqué Luc Ferrandez en arpentant la rue. Il y a actuellement beaucoup de commerces fermés, de trous à combler et donc un grand potentiel qu'il suffit d'exploiter.»

Le budget n'est pas mirobolant, 2 millions de dollars. Et rien n'assure que les pompiers permettront qu'on occupe tout l'espace. Mais ce qui pourrait distinguer ce projet des autres, c'est sa localisation entre un quartier résidentiel, une artère d'envergure et le square Saint-Louis. C'est le fait qu'elle est déjà piétonne et qu'il suffit de l'aménager. Et c'est, surtout, le temps qu'on met à penser la rue avant de la refaire.

«Il y a eu une grosse vague de rues piétonnes sur le continent il y a 25 ans, mais à peine 15% ont survécu, note Luc Ferrandez. On souhaite profiter des meilleures pratiques des exemples réussis, comme Church à Burlington et Pearl Street Mall à Boulder, pour en faire la seule rue piétonne qui attire même en hiver.»

Un gros défi, mais un beau défi pour une ville qui renoue tranquillement avec ses racines européennes, à la veille de l'anniversaire de sa fondation.

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