Le PQ et le titre boursier de Québecor

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À la suite de l'annonce hier de la démission de Pierre Karl Péladeau à titre de chef du Parti québécois et de député de Saint-Jérôme, l'action de Québecor a reculé de 2,5 %.

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La nouvelle est saisissante. Personne ne pouvait imaginer pareille volte-face de Pierre Karl Péladeau, dont l'annonce changera le paysage politique au Québec.

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Source : Thomson Reuters

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Mais au-delà des considérations politiques, j'ai été étonné par la vive réaction en Bourse des actionnaires de Québecor. PKP a commencé son discours de démission vers 14 h, lundi. Or, 15 minutes plus tard, le titre de Québecor avait plongé de 1,4 %, à 34,03 $.

Question : comment expliquer que la décision du chef du PQ - et actionnaire de contrôle de Québecor - puisse avoir fait baisser autant le titre boursier de son entreprise ?

Vous me direz que le marché boursier était peut-être généralement en baisse, à ce moment-là, et que le recul de Québecor est plutôt attribuable à des facteurs externes.

Après tout, la démission du chef du PQ coïncidait avec l'importante transaction de BCE, qui annonçait le matin même l'acquisition de Manitoba Telecom Services (MTS) pour 3,9 milliards de dollars. Peu après l'annonce de BCE, les titres du secteur des télécommunications ont réagi favorablement à la disparition d'un concurrent, avant de se replier en après-midi.

Or, vérification faite, l'indice Thomson Reuters des titres de télécommunications canadiens a reculé de 0,14 % dans les minutes qui ont suivi 14 h, soit 10 fois moins que le titre de Québecor.

Ma question demeure : comment expliquer que la démission du chef du PQ puisse avoir fait baisser autant le titre de Québecor ? Est-il possible que certains investisseurs craignent le retour du bouillant actionnaire de contrôle à la gestion quotidienne de l'entreprise ?

Rappelez-vous les anecdotes entourant PKP. D'ex-cadres l'ont décrit comme un gestionnaire colérique et antagoniste, maniaque des détails. Rappelez-vous les critiques du dragon Mitch Garber.

Certes, les méthodes de PKP ont parfois porté leurs fruits, comme ses succès avec Vidéotron, mais qui dit que son possible retour à la barre ne bousculerait pas les pratiques et les stratégies mises en place depuis son départ, il y a deux ans ?

Hier, lendemain de la démission de PKP, les investisseurs ont continué à imprégner au titre de Québecor une tendance différente de celle du secteur des télécommunications. Les actions de Québecor ont reculé de 2,5 %, à 32,98 $, contre une baisse de seulement 0,5 % pour l'indice des télécommunications.

Certains font valoir que les investisseurs ont une aversion pour le risque, quel qu'il soit, et que leur réaction en Bourse traduit tout simplement la crainte d'un changement possible à la direction, sans égards au gestionnaire PKP à proprement parler.

Bien possible. N'empêche, les investisseurs ont parfois une réaction diamétralement opposée à la venue d'un nouveau gestionnaire. Rappelez-vous comment ont été accueillies les rumeurs entourant l'embauche de Hunter Harrisson au Canadien Pacifique, à l'automne 2011, ce gestionnaire-vedette qui avait fait des miracles avec le Canadien National. En quelques semaines, le titre du CP est passé de 48 $ à 63 $, un bond de plus de 30 %.

Vous me direz, avec raison, que la situation est différente chez Québecor, que l'entreprise est entre bonnes mains et qu'elle ne bat pas de l'aile comme le CP à l'époque. Vous me direz que le titre subit peut-être les contrecoups de revoir possiblement à sa tête un homme qui a milité pour l'indépendance du Québec et pris position sur divers sujets sociaux. N'empêche, la baisse du titre soulève des questions sur la perception qu'ont les investisseurs quant aux habiletés de gestion de PKP.

LE MANDAT SANS DROIT DE REGARD

À propos, avec son changement de statut, combien de temps faudra-t-il à Pierre Karl Péladeau pour retrouver le même droit de contrôle sur son entreprise ? Est-il soumis à une certaine période de transition ? Pas du tout.

Lors de son entrée en politique, PKP avait quitté le conseil de Québecor et entamé un processus pour donner à trois indépendants le mandat de gérer son entreprise, sans droit de regard. Or, l'un des mandataires, Claude Béland, me confirme que le mandat n'est pas encore en vigueur.

Les trois personnes nommées travaillaient dans l'éventualité où l'homme d'affaires deviendrait premier ministre du Québec. « Nous avons eu trois réunions entre les mandataires, pas plus que ça », dit-il.

Vérification faite, PKP a exercé ses droits de vote à la dernière assemblée des actionnaires, en mai 2015. Et tout indique qu'il le fera pour nommer les administrateurs à la prochaine assemblée, le 12 mai.




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