Économie québécoise : Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles

Le premier ministre Philippe Couillard et quelques-uns de... (PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL)

Agrandir

Le premier ministre Philippe Couillard et quelques-uns de ses ministres, dont Dominique Anglade, Carlos Leitao et Sébastien Proulx, ont visité une école jeudi dernier.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alain Dubuc
La Presse

La semaine dernière, en lisant le grand dossier publié dans La Presse+, « Le réveil de Montréal », je me disais qu'on a tendance, dans cette période de morosité post-austérité et de ralentissement pétrolier, à ne voir que le côté sombre des choses.

Et pourtant, il y a aussi de bonnes nouvelles sur le front de l'économie. Ce n'est pas du jovialisme que de noter que plusieurs indicateurs affichent une bonne tenue, qu'il se passe des choses intéressantes dans le secteur privé, que certaines initiatives de nos gouvernements sont prometteuses.

Mais on ne s'en aperçoit pas, surtout au Québec, où le gouvernement Couillard s'empêtre tellement dans ses gaffes que ses bons coups sont passés inaperçus et qu'il a perdu le contrôle du débat économique. Voici donc huit événements qui permettent de voir que ça ne va pas si mal qu'on le croit.

1. Commençons par la publication, vendredi, des résultats de l'Enquête sur la population active pour le mois de mai. Il s'est créé 22 000 emplois au Québec, une hausse spectaculaire qui met fin à un an de stagnation. Et plus encore, il y a eu création de 55 800 emplois à temps plein. Il faut faire très attention. Les données mensuelles fluctuent tellement qu'on ne peut pas sauter aux conclusions sur les bons résultats d'un seul mois. Mais c'est une très bonne nouvelle.

2. Le réveil de Montréal, que décrivait si bien La Presse. Il tient en partie à des travaux publics, mais il repose aussi sur l'activité du secteur privé, le dynamisme de la construction domiciliaire, le développement du centre-ville autour du Centre Bell, l'explosion de Griffintown ou des projets majeurs comme le futur complexe commercial Royalmount. Et derrière, il y a un climat de confiance dans la métropole qu'on n'avait pas vu depuis longtemps. Il tient en partie à l'émergence d'un leadership municipal fort à Québec avec Régis Labeaume et à Montréal avec Denis Coderre.

3. L'effet structurant des travaux publics majeurs à Montréal - l'échangeur Turcot, le pont Champlain, l'achèvement des grands chantiers hospitaliers. Ce sont des milliards en investissement et des ouvrages qui auront une force symbolique, qui marqueront le XXIe siècle et, pour un certain temps, une infrastructure hospitalière qui sera la plus moderne du monde. Des travaux publics, il y en aura beaucoup, partout au Québec et pour longtemps, parce que les deux gouvernements prévoient investir de façon massive dans les infrastructures.

4. Le succès du gouvernement Couillard pour équilibrer les finances publiques, que l'on n'a pas assez souligné. Il y est parvenu sans grèves, sans lois spéciales et en laissant le secteur public relativement intact. Cela permet de sortir du mode panique, de dégager une marge de manoeuvre pour l'avenir et même d'obtenir un jugement appréciatif des agences de crédit.

5. Le système de train léger sur rail sera un projet franchement grandiose pour Montréal. Un investissement colossal de 5,6 milliards, un montage financier ingénieux qui fait de la Caisse de dépôt et placement (CDP) son maître d'oeuvre avec une compétence qu'on n'a jamais vue au ministère des Transports. Et le résultat : un train électrique moderne qui suscitera la fierté. C'est le genre de grand projet mobilisateur dont une société a besoin.

6. La renaissance de Bombardier, un pilier de notre économie - je ne veux pas utiliser le terme galvaudé de fleuron - qui a frôlé la catastrophe. Le choix risqué du gouvernement Couillard de miser sur la C Series semble avoir été une bonne idée maintenant que le nouvel avion a pris son envol. L'investissement de la CDP a également renforcé l'entreprise. Bref, une intervention gouvernementale majeure qui a porté ses fruits.

7. Les politiques sectorielles du gouvernement libéral, souvent passées inaperçues dans la tourmente politique, frappent sur les bons clous. C'est le cas de la politique énergétique du ministre Pierre Arcand, soucieuse de réduire notre empreinte, mais qui soutient le développement économique. C'est aussi le cas des stratégies présentées par Dominique Anglade, ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, pour le numérique, l'aéronautique, et le soutien aux entreprises manufacturières innovantes. Cependant, il manque quelque chose au gouvernement Couillard : une vision pour intégrer les politiques qu'il rend publiques à la pièce et pour assurer plus de cohérence à son action.

8. Le virage éducation du gouvernement Couillard constitue également une excellente nouvelle, tant sur les plans social qu'économique. C'est la clé. Et il était grand temps qu'un gouvernement en fasse sa grande priorité. Reste à savoir si ce virage tardif est profond, sincère et durable, et qu'il est plus qu'un slogan.

Mais ces bonnes nouvelles ne doivent évidemment pas faire oublier les nombreux nuages qui masquent le soleil.

D'abord un contexte économique mondial et canadien qui n'a rien de réjouissant. Ensuite, le fait que quelques bonnes décisions ne suffiront pas à combler l'énorme retard du Québec pour sa productivité, son niveau de vie et sa performance économique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer