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Les 25 500 emplois perdus

Le fait que l'emploi a plafonné et baissé... (Infographie La Presse)

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Le fait que l'emploi a plafonné et baissé tout au cours de 2013 ne peut pas être que le fruit du hasard. Ce n'est pas arrivé ailleurs au Canada. Et c'est arrivé quelques mois après l'arrivée au pouvoir du PQ.

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Alain Dubuc
La Presse

Il s'est perdu 25 500 emplois en février au Québec. C'est énorme. Cette perte élimine complètement les très faibles gains enregistrés au cours de 2013. Le Québec se retrouve maintenant avec moins d'emplois qu'en novembre 2012!

C'est une très mauvaise nouvelle pour le Québec. Et certainement une très mauvaise nouvelle qui arrive au mauvais moment pour la première ministre Pauline Marois, au début d'une campagne qu'elle veut faire porter beaucoup sur l'économie. Ce chiffre a été éclipsé par l'arrivée en scène de Pierre Karl Péladeau, mais il va certainement refaire surface.

Il est vrai que les données sur l'emploi sont volatiles, qu'elles grimpent et chutent de façon assez spectaculaire d'un mois à l'autre et qu'elles doivent donc être interprétées avec prudence. Mais même s'il y a des hauts et des bas, ça fait assez longtemps que la situation est médiocre - 13 mois - pour qu'on voie clairement que la machine économique s'est enrayée en 2013 et que la création d'emplois est au point mort.

D'autant plus que la première ministre ne s'est pas gênée pour utiliser ces mêmes chiffres quand ils faisaient son affaire. Le matin même du lancement de la campagne, il y a neuf jours, Mme Marois a repris une affirmation du budget Marceau pour lancer, avec emphase, qu'il n'y avait jamais eu autant de Québécois au travail de toute notre histoire. Deux jours plus tard, quand Statistique Canada a publié ses données, ce n'était plus vrai. Gênant.

Ce qui était également gênant, c'est l'affirmation elle-même. Dire qu'il n'y a jamais eu autant d'emplois, c'est un truisme. L'emploi augmente tout le temps d'une année à l'autre, sauf en récession. Comme les prix. Comme les salaires. Depuis 1976, un premier ministre aurait pu dire la même chose 27 années sur 39. C'est un peu comme écrire «sans gras trans» sur un carton de jus d'orange. Mais la phrase frappe. Elle fait dire «wow». Et en campagne électorale, c'est hélas ça qui compte.

On peut dire la même chose des 250 000 emplois du chef libéral Philippe Couillard. Il a beau dire que ce n'est pas une promesse, mais plutôt un objectif, l'intention est la même. Un chiffre racoleur pour frapper l'imagination des électeurs. Un engagement sur lequel il n'a aucun contrôle.

Dans les deux cas, les chefs savent que l'économie est ce qui préoccupe le plus les citoyens, et derrière l'économie, l'emploi. Il faut donc frapper fort là-dessus, avec des formules-chocs.

Mais au-delà des slogans, il y a des faits. Une stagnation de l'emploi dont il faut comprendre les causes. En février 2014, le Québec comptait 3000 emplois de moins qu'en février 2013. Pendant ces mêmes 12 mois, il s'en créait 28 800 en Ontario et 97 300 dans le reste du Canada. Pourquoi?

Mme Marois et son ministre des Finances Nicolas Marceau ont choisi de nier le problème, en comptant sur une interprétation des données qui ne tient plus la route et surtout, en faisant miroiter les emplois que leur stratégie économique permettrait de créer.

Les gouvernements ne créent pas les emplois, mais ils contribuent indirectement à la situation. Le fait que l'emploi, après avoir explosé à l'automne 2012, a plafonné et baissé tout au cours de 2013 ne peut pas être que le fruit du hasard. Ce n'est pas arrivé ailleurs au Canada. Et c'est arrivé quelques mois après l'arrivée au pouvoir du PQ. Assez pour y voir une partie de l'explication, quoiqu'il y a évidemment d'autres facteurs.

Le réflexe du gouvernement sortant a donc été, on s'en doute, de faire porter sa campagne sur ses projets plutôt que sur son bilan. Mais on ne créera pas d'emplois à l'avenir si on ne comprend pas pourquoi on n'en crée pas maintenant.




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