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Sacrifier la recherche, c'est sacrifier l'avenir

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Alain Dubuc
La Presse

J'ai écrit, il y a à peine 10 jours, une chronique sur les menaces qui pèsent sur l'une des trois grandes industries de pointe où le Québec s'impose, le secteur des sciences de la vie. Ce domaine de haute technologie est affecté par la crise des multinationales pharmaceutiques.

Je disais qu'il ne fallait pas délaisser cette industrie essentielle et qu'il fallait développer de nouveaux modèles de soutien. Si les multinationales se désengagent, il faut renforcer les autres pôles de ce secteur, notamment celui de la recherche publique.

Eh bien, le gouvernement du Québec a plutôt choisi de l'affaiblir.

Les compressions de 10 millions dans le Fonds de recherche du Québec-Santé (FRQS) auront certainement un impact négatif et viendront peser encore davantage sur les difficultés de cette filière.

Il y a quelque chose qui est difficile à comprendre dans les choix du gouvernement Marois qui a des liens de proximité avec le monde de l'université, de l'enseignement, de la recherche, de la culture, du savoir. Et pourtant, ce gouvernement se comporte de façon particulièrement brutale avec ceux qui sont pourtant ses alliés naturels.

Depuis quelques mois, on en a eu quelques exemples troublants, comme les coupes de dernière minute aux universités, l'étonnante négation de l'existence d'un sous-financement universitaire. Il y a un dénominateur commun à ces trois incidents: Pierre Duchesne, à qui on a confié la direction d'un nouveau ministère, baptisé pompeusement ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. M. Duchesne, qui consacre le gros de ses énergies à gérer les carrés rouges, ne semble pas avoir les sensibilités qu'exige la fonction stratégique de son portefeuille.

Le Fonds de recherche du Québec-Santé est un organisme subventionnaire qui distribue une centaine de millions en subventions à chaque année, dont 80 millions proviennent du trésor québécois. Cette contribution passera à 70 millions. Ce fonds subventionne des centres de recherche, des groupes de recherche, et donne presque 1000 bourses à des étudiants de maîtrise et de doctorat ou pour des recherches postdoctorales.

Comme le FQRS est un organisme subventionnaire, si on coupe 10 millions dans son budget, il devra couper ses subventions. Des projets seront abandonnés, de jeunes chercheurs devront abandonner leurs travaux ou poursuivre leurs recherches ailleurs. Les compressions ne paraîtront pas tout de suite, mais elles auront des conséquences pour l'avenir, comme l'a admis le ministre de la Santé, Réjean Hébert. C'est encore pire.

Cette décision malheureuse s'explique en bonne partie par le fait que le gouvernement Marois, dans la lutte au déficit, s'est enferré dans une logique de coupes aveugles, un peu comme le gouvernement Harper. Je comprends que les efforts de réduction du déficit sont une tâche ingrate. Je suis conscient du fait qu'il est très facile de dénoncer les compressions prises une à une, en oubliant le contexte financier.

Mais il faut faire preuve de finesse dans les choix. Le mot d'ordre du gouvernement Marois, c'est l'optimisation. Fort bien. Cette logique voudrait toutefois que l'on concentre les compressions là où l'optimisation est possible, plutôt que dire que «tout le monde doit faire sa part», ce qui mène à des coupes aveugles. Pour un organisme subventionnaire, qui soutient de la recherche à long terme, il n'y a pas d'optimisation possible. Moins d'argent, c'est moins de soutien.

Dans des efforts de compression, il faut aussi s'attaquer à l'inutile pour préserver l'essentiel. La recherche, dans une société qui mise sur le savoir, est absolument essentielle, c'est l'une des clés de notre avenir. Et dans le cas de la recherche en santé, elle mène, un jour, à des découvertes qui aident les gens, qui sauvent des vies. On y pense deux fois avant d'y toucher.

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Commentaires (39)
    • Le Centre de cancérologie pour les enfants, dont un des instigateurs est monsieur Pierre Bruneau, est capable de guérir un nombre impressionnant de jeunes malades. Il y a sûrement d'autres centres de santé de chez nous qui ont des résultats remarquables. Pourquoi ne pas vendre cette expertise aux autres pays ? On aurait ainsi de l'argent pour financer la recherche. De plus, on n'aurait pas besoin de faire venir d'outre-mer des patients riches pour les soigner, car ils pourraient faire appel à leurs propres médecins dans leurs hôpitaux.
      Il y a d'autres moyens d'amasser des sous. Supposons que je veuille améliorer ma santé. Je vais donc acheter de bons aliments, un tapis de yoga, une bicyclette sur place, un abonnement au gym, etc. Imaginez si tout le monde faisait ça ! Ça apporterait d'immenses profits aux industries qui nous vendent tous ces produits et ça créerait des milliers d'emplois. Il y aurait moins d'absentéisme et de gens malades. De plus, les gens auraient les idées plus claires pour trouver des solutions aux problèmes de société. Mais mon idée de base derrière tout ça, ce serait de demander à ces compagnies de donner une petite part de ces profits faramineux à un fonds spécial pour financer la remise en forme de nos concitoyens. Le gouvernement pourrait statuer que ces compagnies auraient droit à de généreux crédits d'impôts si elles le faisaient. Cela se ferait petit à petit : par exemple, un aréna à la fois.
      Il y a quelques années, on a vu à la télé le défi de hockey Québec-Montréal, où des gens ordinaires se mesuraient en montrant leur savoir-faire sur patins. Pourquoi ne pas faire une autre émission basée sur le défi, comme par exemple "La ville la plus en forme du Québec" ?

    • Voilà une chronique qui fait beaucoup de bien! Dans l'univers qui nous habite et que nous habitons, c'est à la science du savoir que tous nous devons la qualité de nos vies. De la chandelle à Bell, du cadran solaire à Huygens, des pandémies mortelles à Pasteur, des grands électeurs à Berners-Lee, des déplacements par animaux à Delamare-Deboutteville, des milliers de chercheurs, penseurs, innovateurs, inventeurs ont profité de subventions collectives pour nous emmener là où nous en sommes aujourd'hui.
      Des investissements souvent peu lucratifs à court terme, de l'argent en apparence perdu entre les mains de tous ces chercheurs à qui on ne doit ni la découverte officielle de l'ampoule électrique, ni des microorgansimes, ni du world wide web, ni du premier moteur automobile, et j'en passe. Pourtant, tous ces chercheurs, penseurs, innovateurs, inventeurs auront mis les mains à la pâte, chacun à leur manière, et leur contribution, si petite et oubliée soit-elle, fait partie aujourd'hui des acquis extraordinaires dont nous jouissons tous au jour le jour.
      Que fait donc le PQ dans ce contexte du haut savoir cumulatif? J'ai honte et j'ai peur rien qu'à y penser. Il choisit d'abandonner les petits blocs sur lesquels reposent les plus grandes et plus extraordinaires des pyramides que l'histoire du savoir nous ait donné de connaître. Et il le fait juste pour sauver un peu d'argent et se vanter ensuite de bien diriger les finances du Québec dans l'espoir de plaire à un électorat mal informé. J'ai vraiment honte... Ce gouvernement ne cherche pas à construire des pyramides, il ne cherche qu'à régner aux sommets des acquis.

    • La tenue "d'assises nationales" sur la recherche constitue un autre exemple que ce gouvernement est incompétent. De toute évidence, le PQ est arrivé au pouvoir sans plan de match. Heureusement que nous ne lui avons confié qu'un mandat minoritaire.

    • Mme Marois, vous et votre gouvernement m'avez trahi, vous avez fait de la fausse représentation des dernières élections. Vous ne mériterez jamais plus ma confiance. En passant, tentez, un tant soit peu, de gérer les vrais problèmes du Québec plutôt que de nous jeter de la poudre aux yeux avec les farandoles de laïcité de votre ministre Drainville.

    • Faut que vous compreniez qu'il faut couper dans les depenses a cause des dettes municipales, provinciales, nationales et personnels. Bientot, se seront les chinois qui vont mener. C'est qui vont faire les recherche a notre place. Nous, on fabriquer des bebelles en plastique comme les chinois l'ont fait pendant longtemps.

    • Et on veut ajouter 28,000 places en garderie à 7$ par jour ... qui coûte à notre cher poche de contribuable (euh, état) ... quoi? 135$ par jour en subvention. Je m'y perds un peu.

    • @ univers7 vous semblez obliez que les frais de scolarité monte à raison de 50$ par session depuis 2007. Les étudiants ont déjà fait une bonne partie

    • Le docteur joseph Mengele devait se dire ça le soir après son travail : "De toutes façons, la mort est inévitable" pour se consoler de ses turpitudes.
      Son parti était nationaliste et socialiste d'après son appellation entk.
      Son chef dans ses discours devait se défendre sur l'économie genre on a pas d'argent pour supporter les faibles, nous on investit dans la jeunesse. Sûrement hein ?! au début il a dû couper dans les soins de santé pour diriger l'argent vers la jeunesse de son parti.
      Restez vigilants parce que là, il y a des gens qui avalent pas mal de mensonges du gars qui a un titre de ministre et qui est donc supposé être honorable.
      Peut-être que les péquistes vont devoir dire un jour on ne savait pas pour la folie de notre chef...

    • Depuis le début la recherche et la découverte nous ont affranchis de la survie. La culture également. Nous n'aimons pas la recherche ou la culture, nous aimons les bébelles économiques ou les armes qu'elles prosuisent.
      Peut-être avons-nous assez de jouets ou alors on coupera dans la recherche qui ne 'produit' pas de ... jouets.
      Actuellement on joue à la souveraineté et on appelle ça de la recherche de souveraineté.
      Personne, sauf ceux qui y trouvent de l'emploie, n'en veut mais qu'importe.

    • Bon. Tout d'abord, 30 millions dans un budget de 180 millions, ce n'est pas teeeeeellement affolant. Surtout que ce 30 millions avait été accordé par les libéraux comme un «extra», i.e. de manière non pérenne, donc non enchassés dans leur budget de fonctionnement. D'autre part, il faut savoir que ces 30 millions seront répartis sur l'ensemble des activités de recherche avec, pour résultat, peu d'impact sur les traitements expérimentaux qui sont, je le répète, expérimentaux, i.e qui ne fonctionneront, au mieux, que pendant quelques temps. La mort est inévitable. D'autre part, seulement quelques bourses d'études seront coupées. De toute manière, comme vous l'avez si bien mentionné en tête d'article, les Sciences de la Vie sont presque mortes au Québec (et partout dans l'OCDE, par ailleurs). On épargnera ces jeunes de s'avancer académiquement vers le chômage en sortant des bancs d'école. Enfin, le salaire des chercheurs sera légèrement amputé. Le reste sera absorbé dans le budget de fonctionnement des centres de recherche.
      Rien de trop trop dramatique, compte tenu, comme vous le mentionnez dans votre micro-résumé, la «crise des compagnies pahrmaceutiques». Cette «crise«, en fait, résulte d'un changement de modèle d'affaires, ou la R

    • @Julita44
      Vérifiez vos sources. Le PQ n'a pas coupé dans la culture et il octroie une somme de 60 millions pour une piste cyclable sans que les utilisateurs n'aient à payer quoi que ce soit - pas de plaques d'immatriculation, pas de contravention pour les fervents de la religion verte.


    • Quand vous dites :
      «Mais il faut faire preuve de ?'finesse'' dans les choix. Le mot d'ordre du gouvernement Marois, c'est l'''optimisation''.
      Dire que «tout le monde doit faire sa part», et le modus opéranti des gouvernement de gauche..il faut couper tous le monde ... ce qui mène un gouvernement de sourd à des coupes aveugles.
      Pour la finesse on repassera , et quand le PQ parle d'optimisation on parle d'optimiser le vote pas le reste ...et si il fallait que au lieu des coupure aveugles pour tous le PQ se mette à l'analyse on risquerait de se retrouver comme ces économistes anglais qui analysaient les trains !
      Visualisons! Le conseil des ministres se réunit pour analyser avec toute la finesse dont il est capable la rentabilité du transport ferrovière au Québec .
      ? Le ministre des Finances et économie recommande qu'on analyse en finesse chaque wagon et comme chacun doit faire sa part qu'on optimise le rendement global pour toutes les unités, sans exceptions , en coupant tout ce qu'on peut couper .
      ? Le Conseil exécutif ne se dit pas touché puisque les transports importants se font par limousine
      ? La Culture et Communications rappelle que presque tous les wagons ont des panneaux publicitaires qui rapportent un peu .
      ? Le Développement durable, Environnement, Faune et Parcs . propose qu'on suprime tous les wagons qui émettent une forte pollution atmosphérique.
      ? Les Relations internationales, Francophonie et Commerce extérieur indique que le gros du commerce peut se faire par bateau et par avion .
      ? Les Ressources naturelles Estiment que le pétrole utilisé est en grande partie importé mais rapporte peu en taxes et que une électrification serait souhaitable.
      ? La Santé et Services sociaux verrait d'un bon ?il la disparition des émanations dues au wagon avant.
      ? La Sécurité publique estime qu'en roulant moins

    • Incroyable que lorsque c'est le PL qui chante sur tous les tons "Faut que chacun fasse sa part" M.Dubuc applaudise et lorsque c'est le PQ dit de même M. Dubuc s'en offusque. Pourquoi êtes-vous tellement de mauvaise foi et ce, impunément?

    • @ thegopher001
      "On demande un effort à tout le monde et cela inclus les chercheurs."
      Mais pas les étudiants?

    • Je suis un de ces cerveaux expatriés. Bon pas trop loin, à l'université d'Ottawa. Mais je souhaite revenir au Québec comme prof d'université. La situation actuelle est désespérante. Chaque mois, chaque semaine, une nouvelle annonce diminue l'intensité de la lumière au bout du tunnel.
      Les universités qui ont géré leurs expansion comme d'autres jouent à la roulette russe; des chargés de cours en trop forte proportion qui "patchent les trous" temporairement depuis des décennies; des étudiants endettés qui manifestent pour la gratuité; des profs qui n'enseignent que trop peu et il en manquerait 1800 dans le réseau; plusieurs diplômes universitaire qui ne garantissent plus d'emplois; des étudiants en médecine et ingénierie qui ne payent que 10% de ce qu'il en coûte pour les former.
      Bref, un des flambeau de notre révolution tranquille n'est plus aussi brillant. J'ai bien peur que mes espoirs au bout du tunnel ne soient éclairés que par une chandelle... qu'on aura économiser à coups de petits bouts.

    • @ M_Landry
      Quand on a pas d'arguments, on attaque le messager.

    • Couper dans la recherche ou couper dans l'éducation, dans les deux cas, vous manquerez de ressources. Coupez l'accès aux études et vous n'aurez pas de chercheurs pour faire vos recherches... c'est mieux?!? Les deux sont tout aussi négatifs à long terme. Sacrifier l'éducation, c'est aussi sacrifier l'avenir!
      Est-ce qu'on encore le luxe de pelleter nos problèmes vers l'avant? M. Dubuc, quelle solution proposez vous pour atteindre l'équilibre budgétaire? Est-ce qu'on devrait plutôt couper 10 millios dans votre régime des rentes?

    • claude_lafreniere
      ''Cela n'est pas populaire de le dire mais la recherche scientifique n'a pas pour motif légitime autre chose que savoir pour savoir: la curiosité est son seul motif légitime. Pas le pouvoir, pas le bien de l'humanité, pas le bonheur. Difficile à financer, je le reconnais.''
      Ça peut être utile d'ajouter que les sciences appliquées dépendent de la recherche fondamentale dans beaucoup de situations.

    • @desjarm
      Voyez-vous, moi je pense que c'étaient les carrés rouges qui avaient besoin d'un électrochoc...en tout cas, pas mal plus que le monde de la recherche. Ces gens-là de la recherche peuvent au moins dire qu'ils se sont rendus au niveau maîtrise, doctorat et post-doctoral.
      Évidemment, lorsqu'on fait le choix de donner d'un côté, faut couper d'un autre. C'est exactement ce que dit M. Dubuc. Il y a des postes plus importants que d'autres et faut pas couper nécessairement également partout. Je comprends aussi que tous doivent faire leur part mais ça inclut aussi les carrés rouges.

    • Bon ça y est. On trouve tout ce qu'on peut pour écraser ce gouvernement. La partisanerie du PLQ se fait fortement sentir pour l'éditorial de la presse à un tel point qu'on croyait que tout était beau avant ( aucun article sur les dérapes du PLQ). Je n'approuve certainement pas de telles coupures M.Dubuc. La recherche est essentielle au développement économique et au maintient de notre compétitivité. Mais à un moment donner il faut balancer les livres M.Dubuc. Le PQ n'a d'autres choix que de couper dans tout les ministères suite à la dérape libérale. Le projet de loi 40 passer sous baîllon en septembre 2009, a permis au gouvernement Charest des créer des déficits jusqu'en 2014-2015.C'est un des pires projet passé dans l'histoire du Québec. Il est collectivement plus avantageux de veiller au bon balancement du budget ( au risque de se faire décoter) que de continuer dans cette voix libérale à créer des déficits. On parle de 10 millions ici, ce n'est pas la fin du monde. On demande un effort à tout le monde et cela inclus les chercheurs.

    • Comme je suis déçu par le ministre Duchesne. Il faisait un meilleur travail pour le PQ à l'époque où il était journaliste à la SRC...

    • Comme je suis déçu par le ministre Duchesne. Il faisait un meilleur travail pour le PQ à l'époque où il était journaliste à la SRC...

    • Quelles recherches et quel avenir ?
      J'abonde dans ce qu'affirme monsieur Dubuc en ce qui concerne le désengagement du gouvernement dans la recherche: ce n'est jamais une bonne nouvelle. Cependant, il faut aussi savoir que toute diminution du financement public en matière de recherche s'est trouvée généralement largement compensée par une présence accrue du privé dans les orientations de la recherche. À cet effet, certains syntagmes et associations utilisés par le journaliste sont en soi révélateurs. : «financement public de la recherche, grandes industries, haute technologie et multinationales pharmaceutiques»... Aussi, cet article semble réitérer ce que les apôtres du «new management public» tiennent comme discours autour de l'«économie du savoir», et ce depuis près de 20 ans. Or, c'est aussi environ depuis 20 ans que le soutien public à la recherche a commencé à s'éroder à mesure que les financements pour des secteurs clés pour l'industrie (engineering, santé) se sont progressivement accaparés de la part la plus significative. En témoignent de multiples réformes dans les programmes publics de financement et la réorganisation de la «gestion» de la recherche au sein des universités elles-mêmes etc. Sincèrement, au moment où beaucoup d'acteurs sociaux parlent de la nécessité de mieux articuler les valeurs qui nous permettent définir la vision que nous avons de l'université, j'aurais aimé voir le journaliste s'inquiéter plus sérieusement de l'avenir de la recherche fondamentale, et surtout de celles qui déjà les plus fragilisées. En effet, qu'en est-il des recherches menées en travail social, en sociologie ou en littérature ? Elles enrichissent aussi des citoyens, «sauvent» des vies et pallient au déficit démocratique engendré trop souvent par l'appétit de l'économie dans la sphère de la connaissance et du savoir.

    • Bonjour M. Dubuc
      Vous avez écrit:
      «Il y a quelque chose qui est difficile à comprendre dans les choix du gouvernement Marois qui a des liens de proximité avec le monde de l'université, de l'enseignement, de la recherche, de la culture, du savoir. Et pourtant, ce gouvernement se comporte de façon particulièrement brutale avec ceux qui sont pourtant ses alliés naturels.»
      Hum... J'accroche sur l'expression "alliés naturels" car je ne vois pas de quelle alliance on pourrait parler entre un parti doctrinaire pour qui les convictions priment toujours sur les faits, notamment l'idée fixe et folle de la "souviens-rieneté", avec la recherche scientifique.
      Les sciences ont en commun certaines caractéristiques: le respect des faits, le respect du principe de non-contradiction, l'indépendance envers l'autorité (n'importe laquelle) ainsi qu'envers la popularité... (Voir T. Kuhn par exemple). Si bien que l'expression "science officielle" est un oxymoron...
      Les gens dont vous parlez n'ont ni formation scientifique et leur culture scientifique est, on s'en doute, d'un niveau très bas en général. Pour eux, mais pas seulement eux, les sciences ne comptent pas plus que leur première paire de culottes.
      J'estime que dans les nations civilisés ou du moins qui aspirent à le demeurer ou le devenir, la recherche dans LES sciences (personne ne fait de "la science") doit être financée par un certains pourcentage du PIB. Je souligne que si la recherche appliquée, celle dont on parle tout le temps en utilisant l'expression toute faite la "science ET la technologie" est importante mais la recherche fondamentale, désintéressée a une importance au moins aussi grande que l'autre.
      Cela n'est pas populaire de le dire mais la recherche scientifique n'a pas pour motif légitime autre chose que savoir pour savoir: la curiosité est son seul motif légitime. Pas le pouvoir, pas le bien de l'humanité, pas le bonheur. Difficile à financer, je le reconnais.
      --
      C. LaFrenière

    • @iLou
      En fait, je veux réagir à l'opportunisme de M Dubuc qui utilise cette coupure (somme toute assez mineure dans les budgets de la recherche) pour donner son opinion en dilettante. La recherche au Canada, et au Québec, a besoin d'un électrochoc.

    • @tintoe
      Meme qunad tes ressources sont limites, tu vas le faire ton diplome, surtout si ca vaut la peine apres . J'aimerais bien voir en quoi etudiaient vos pauvres ti carres rouges...

    • Dans sa gestion, ce gouvernement a-t-il seulement en perspective une échelle de priorités où il distingue l'essentiel du rêve, de l'émotion? Dans un moment d'euphorie, il accorde le gel des frais de scolarité, augmente prêts et bourses, à un autre moment de marasme, il coupe la recherche comme ça parce que... les uns sont plus mignons que les autres ou quoi? Quel est son plan de match de saine gestion? Est-ce que l'on tape sur tous ceux qui ne courent pas la rue pour convaincre du rôle prioritaire de son travail? Qui va être sacrifié dans le collimateur de l'émotion?

    • Wow on peut voir la réaction prévisible des gens anti-sciences, laissez moi deviner : des gens qui sont entrés au cegep en sciences pures, qui ont tout coulé et ont du aller en sciences humaines par la suite, maintenant par jalousie ils souhaitent des coupures aux fonds de recherche de ceux qui ont réussi là où eux ont échoué...

    • @desjarm
      J'ai vraiment peine à suivre votre argumentation.
      "Le monde de la recherche est "mondialisé" depuis toujours et le Québec n'est pas un joueur d'impact ... mais plusieurs du Québec sont parmi les meilleurs au monde".
      "Toute coupure en recherche est un drame, car il faudrait investir des centaines de millions pour être compétitif avec les grandes puissances du monde de la recherche".
      Quelqu'un a parlé que le Québec devrait être compétitif avec les grandes puissances du monde de la recherche??? Qui?
      Donc selon votre logique c'est surtout là qu'on doit couper? Intéressant.
      Vous mentionnez qu'il manque 15 points de QI à la recherche canadienne selon Sydney Brenner, prix Nobel de médecine puis vous nous expliquez qu'il voulait dire que le Québec n'a pas les moyens d'attirer les meilleurs chercheurs au monde? et selon vous, la solution est de couper les budgets?
      Finalement, vous pensez vraiment que si des chercheurs de pointe ne produisent pas de travaux significatifs c'est simplement par manque d'imagination? et ils méritent donc qu'on coupe leurs budgets?
      Je pense que votre logique s'apparente sensiblement à celle de votre illustre Ministre Duchesne.

    • M. Dubuc,
      Il n'y a rien de nouveau ici. Je travaillais en recherche et dévelopement en assurance collective. Quand les deniers se faisaient rares, où pensez-vous se faisaient les premières coupes? Bien entendu la recherche.
      Si vous cessez la recherche pendant 2 ou 3 ans. Vous prenez deux ou trois ans de retard. Vous décidez de repartir la recherche. Ça peut prendre 1 an pour repartir la machine et deux ou trois ans pour avoir des résultats. Résultats global: 5 ans de retard sur la compétition, perte d'une part importante de marché, réduction substantielle des profits.
      Pour revenir compétitif, il vous faut doubler les efforts et les $$$ car la compétition continue à progresser. En bout de ligne, vous êtes perdant.
      Je n'ai pas raison de croire que c'est différent dans la recherche médicale.

    • Comment ne pas faire un lien avec tout ce qui ce passe avec la commission quand on parle de coupe ou qu'on demande encore plus d'argent aux contribuables?

    • Par contre sacrifier les étudiants sans ressources ce n'est pas sacrifié l'avenir, bien entendu...

    • Avant de lire votre article, j'en devinais déjà le contenu. En fait, vous êtes toujours tellement prévisible. Je me demande ce que vous faites quand vous n'écrivez pas ces articles convenus. De la recherche? Du travail de documentation? Non, en fait vous êtes plus du style spontané. Le monde de la recherche est "mondialisé" depuis toujours et le Québec n'est pas un joueur d'impact. Certes, certains chercheurs du Québec sont parmi les meilleurs au monde. Plusieurs en fait. Une plus grande partie, comme vous, font des travaux prévisibles. Toute coupure en recherche est un drame, car il faudrait investir des centaines de millions pour être compétitif avec les grandes puissances du monde de la recherche. On raconte que Sydney Brenner, prix Nobel de médecine, a un jour mentionné que ce qu'il manque à la recherche canadienne c'est 15 points de QI (il ne parlait pas de la population en générale mais du fait que des pays comme le Canada, et plus encore le Québec, n'ont pas les moyens d'attirer les meilleurs chercheurs au monde). Malheureusement, beaucoup des chercheurs qui se plaignent des coupures peinent a produire des travaux significatifs, non pas par manque d'argent, mais par manque d'imagination (un peu comme vous).

    • Il ne faut pas oublier que ces recherches peuvent etre des etudes clinique en cancer. Diminuer la recherche dans ce domaine pourrait un jour couter la vie a un de nos proches.

    • Bonjour M. Dubuc,
      merci pour ce billet. J'aimerais cependant apporter une précision. L'avenir qui est ainsi mis en péril n'est pas seulement lointain, il est immédiat, puisque ce n'est pas seulement du fruit de la recherche dont nous nous priverons, mais également de la présence de ceux qui mènent cette recherche de pointe. D'un côté, nous n'attirerons plus des chercheurs de haut calibre de l'étranger, mais aussi, de l'autre, nous contribuerons ainsi à un exode des meilleurs cerveaux que nous avons formés à grands frais.
      Je ne comprends pas ce gouvernement, qui semble naviguer à l'aveugle, sans plan de match sensé et réfléchi, sauf celui de réduire le déficit à tout prix, sans discernement. Minoritaire, ce gouvernement semble incapable de créer des alliances, se mettant au contraire à dos même ceux - comme vous le soulignez - qui devraient être ses alliés naturels. Ces derniers (étudiants, écolos, universitaires etc) pourraient être (fortement) tentés de lorgner vers QS.
      Nous sommes très loin de MM Lévesque, Parizeau, Landry et Bouchard. Mme Marois me déçoit, mais il ne point à l'horizon aucune alternative valable, ni chez la CAQ ou du côté du PLQ.
      Les partis politiques québécois contribuent-ils à une recrudescence du cynique au Québec ?
      Au plaisir de lire un prochain billet de votre plume.

    • Je ne suis pas toujours d'accord avec M.Dubuc. J'aimerai que ceux qui l'accusent de bitchage anti-PQ donnent des arguments pour qu'on puisse comprendre le rapport que le PQ a envers le milieu de l'enseignement supérieur. Parlant de coupures, on a aussi coupé dans la culture, mais on n'entend pas le milieu artistique s'en plaindre. Pourtant lorsque c'est M.Harper qui coupe, c'est une autre histoire. Difficile à comprendre!

    • "M. Duchesne, qui consacre le gros de ses énergies à gérer les carrés rouges, ne semble pas avoir les sensibilités qu'exige la fonction stratégique de son portefeuille."
      Vous avez raison, personnellement j'ai trouvé tout-à-fait dur son conseil à cette femme atteinte d'un cancer des ovaires dont le seul espoir réside justement dans la recherche. Peut-être qu'il ne peut pas savoir ce que c'est que de vivre avec la hantise de la mort comme ça, mais moi qui le sait je lui conseillerais de se sortir la tête un peu des missions que lui donne madame Marois. Cette même madame Marois qui avait donné une mission auprès d'un cancéreux à françois Legault qui lui avait refusé de la remplir et quand je l'ai su, j'ai failli voter pour lui aux dernières élections.
      Même les hooligans péquistes qui ne jurent que par le bleu du gilet devraient prendre une marche de temps en temps et penser à la vie, à leur vie. On ne demeure pas jeune toute sa vie, ça passe très vite ce temps-là comme le dit Luc De larochelière dans une chanson :
      "On marche sur l'or ou sur l'argile,
      Dépend de ce qu'on a reçu.
      On reste tout aussi fragile,
      Pourquoi donc se marcher dessus?"
      Ce gouvernement semble avoir oublier toute humanité, espérons que nos gens, même les bleus foncés, voudront des gens, pour gouverner la province, qui font des choix différents et qui ne s'enferment pas eux-mêmes dans des logiques hitlériennes. Les carrés rouges sont des enfants auxquels il faudrait parler par dessus la tête du gouvernement actuels et les "chemises bleus" comme ce ministre qui a peur de ne pas être à la hauteur des attentes de sa chef devrait penser que ce n'est pas à fuir éternellement son incompétence qu'il va se sentir bien dans sa peau un jour.

    • Monsieur Dubuc, faudrait vous faire une idée... D'une part, quand le gouvernement a proposé d'augmenter l'impôt des plus riches, voire des plus vieux, l'automne dernier, vous avez viré la province à l'envers, pour l'en empêcher. D'autre part, les plus jeunes ont mis la Ville à sac et à sang, le printemps dernier, quand le gouvernement a proposé d'augmenter les droits de scolarité. De plus, 70 % de la population a voté contre la réforme ''tarifaire'' de Monsieur Bachand, à la fin de l'été dernier... Le message est clair, il me semble, la population veut une réduction du rôle de l'tétat et de ses dépenses. Et elle le réclamme depuis des décennies.
      Cela étant, nous sommes bien conscients que ça va avoir des conséquences dans plusieurs domaines. Nous sommes aussi conscients que tous un chacun vont essayer d'y échapper, prétendant que leur domaine d'activité est plus important que les autres. Pourtant, c'est ce qu'on demande toujours...
      Quoiqu'il en soit, j'en ai raz le ponpon, comme on dit, de cette approche lancée l'automne dernier par les libéraux nostalgiques et qui consiste à envahir l'espace public à coup d'émotions et de propagande (médiatique). Abandon de l'amiante, fermeture de Gentilly II, hausse de l'impôt des mieux nantis, ... recherche en santé, même approche mêmes moyens. Peut-on passer à autre chose...

    • Un autre bon exemple de propagande de bitchage anti-PQ comme nous sommes habitués de voir, de la part de M. Dubuc!
      M Landry

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