Du mauvais côté de l'Histoire

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Les huit jours d'affrontements entre Israël et la bande de Gaza ont eu des retombées inattendues: une fois le cessez-le-feu conclu, la demande de reconnaissance d'un État palestinien devant l'ONU a gagné des plumes.

En l'espace de quelques jours, la France a annoncé son intention d'appuyer la démarche palestinienne. Même chose pour l'Italie, l'Autriche et la Belgique. L'Allemagne a servi une douche froide à Israël en optant pour l'abstention. Dans les officines diplomatiques israéliennes, c'était la consternation. «Nous avons perdu l'Europe!», s'est lamenté un responsable au ministère des Affaires étrangères, cité par le journal israélien Haaretz.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a... (PHOTO JASON DECROW, AP) - image 2.0

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Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a savouré sa victoire diplomatique, hier, à l'Assemblée générale des Nations unies.

PHOTO JASON DECROW, AP

La dernière guerre de Gaza n'est pas la seule responsable de ce regain d'enthousiasme pour la démarche du président Mahmoud Abbas. Mais elle y a certainement contribué. Au terme de l'affrontement, Israël a accepté de desserrer le siège qui étrangle la bande de Gaza depuis six ans. De nombreux Palestiniens en ont conclu que l'on obtient davantage par les roquettes que par des moyens pacifiques. Politiquement, ce dénouement a surtout profité au Hamas, mouvement radical qui contrôle la bande de Gaza et qui rêve d'effacer l'État hébreu de la carte.

Le meilleur moyen de contrer cette radicalisation de l'opinion palestinienne, c'est encore de montrer qu'il est possible de gagner des points autrement qu'en tirant des centaines de roquettes sur Israël. Et c'est précisément ce qu'ont fait hier les 138 pays qui ont voté en faveur de la résolution palestinienne. Ils ont appuyé les représentants les plus modérés du peuple palestinien. Ceux qui se sont engagés dans un processus de paix basé sur la coexistence d'un État juif aux côtés d'un État palestinien. Ceux, aussi, qui se sont consacrés au cours des dernières années à construire les institutions palestiniennes, assez pour convaincre des institutions aussi sérieuses que la Banque mondiale que la Palestine a tout ce qu'il faut pour devenir un État viable. Et ceux qui, devant l'accélération de la colonisation juive en Cisjordanie, avaient bien peu de résultats à présenter à leur population pour la convaincre qu'ils avaient emprunté la bonne voie.

Les Palestiniens ont remporté hier une victoire largement symbolique. Ce vote ne changera rien, dans l'immédiat, à leur vie quotidienne. En fait, il risque même de détériorer leur situation, si Israël, les États-Unis, et même le Canada décident de mettre leurs menaces à exécution et de les punir pour avoir osé présenter leur grande demande à l'ONU.

Pourtant, c'est précisément de cette façon, par un vote de l'Assemblée générale de l'ONU, que l'État juif a été créé, il y a très exactement 65 ans! Le principal argument du camp du Non est que l'admission de la Palestine au rang de pays est un raccourci qui ne réglera rien et un geste unilatéral qui fait fi des négociations de paix israélo-palestinienne. C'est oublier que les constructions juives dans les territoires palestiniens constituent un geste tout aussi unilatéral, et que c'est aussi, aujourd'hui, la principale entrave aux pourparlers de paix.

«Rejeter la résolution palestinienne équivaut à «infliger une punition collective à ceux qui se sont battus pacifiquement pour leur liberté, en se fondant sur le droit international», écrit la députée palestinienne Hanane Ashraoui dans le Guardian.

Puis elle ajoute: «Ceux qui choisissent de ne pas voter avec les Palestiniens se trouveront du mauvais côté de l'Histoire.»

C'est le côté qu'a choisi le Canada, avec huit autres pays, dont Israël, les États-Unis, ainsi que les îles Marshall et la Micronésie...

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