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Immigration clandestine: le coupable parfait

James Matthew Bradley... (PHOTO ERIC GAY, ASSOCIATED PRESS)

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James Matthew Bradley

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Impossible de ne pas être horrifié en apprenant que 10 migrants ont perdu la vie à San Antonio au Texas. Asphyxiés par la chaleur, déshydratés, les 39 passagers clandestins du semi-remorque retrouvés dimanche ont vécu l'enfer et ont vu le quart d'entre eux s'éteindre.

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Au total, 10 des 39 passagers clandestins d'un semi-remorque, retrouvés à San Antonio, au Texas, ont perdu la vie.

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Lundi, les policiers américains annonçaient avec satisfaction avoir arrêté le chauffeur du véhicule. James Matthew Bradley, un Floridien de 60 ans, fait face à plusieurs accusations criminelles. S'il est jugé coupable, il est passible de la peine de mort.

Il serait facile de se réjouir de l'arrestation du chauffeur. Trop d'hommes, de femmes et d'enfants sont morts ou ont été grièvement blessés après que des passeurs leur eurent promis de les aider à atteindre la terre promise en échange d'argent ou de services. Pas plus tard que la semaine dernière à Montréal, quatre migrants ont été retrouvés dans un état grave dans un conteneur. On ne mettra probablement jamais la main sur ceux qui ont tiré profit de leurs mésaventures.

Dans toutes ces histoires d'immigration clandestine qui finissent mal, le passeur est le coupable parfait. Les victimes et leurs familles obtiennent justice. Les gouvernements qui procèdent à l'arrestation ont bonne conscience.

Dossier réglé  ? Pas du tout. Quand un James Matthew Bradley est arrêté, un autre prend sa place.

C'est une simple question d'offre et de demande. On peut certes arrêter tous les vendeurs de drogue au sud du Rio Grande, d'autres feront surface. C'est d'ailleurs ce constat qui pousse un nombre grandissant de chefs d'État, dont les anciens présidents du Mexique, du Brésil, de la Colombie et de la Suisse à promouvoir la légalisation des drogues. Pour tenter de reprendre au crime organisé le contrôle de l'offre.

L'ABSENCE DE VOIES LÉGALES

En immigration, le constat est le même. Là où il n'existe pas de manière légale d'obtenir un visa, les migrants se tournent vers les passeurs, a maintes fois souligné le Montréalais François Crépeau, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des migrants.

L'an dernier, après la décision de plusieurs pays européens de boucler leurs frontières terrestres, plus de 330 000 migrants ont tenté de traverser la mer Méditerranée clandestinement, dont 5000 qui y ont laissé leur vie, un record historique qui devrait être tristement battu cette année.

LA CATASTROPHE ANNONCÉE

Le récent durcissement des politiques d'immigration aux États-Unis et la promesse de la construction d'un mur à la frontière mexicano-américaine ont pour le moment fait ralentir l'immigration illégale de près de 60 % depuis novembre 2016.

Mais tout indique que Donald Trump ne se frottera pas les mains très longtemps.

Cette accalmie s'annonce de courte durée alors que plusieurs pays d'Amérique centrale et du Sud sont frappés par la violence et la pauvreté. Faute de pouvoir aspirer à un accès légal aux États-Unis, les plus désespérés se tournent à nouveau vers les passeurs, qui suggèrent de nouveaux modes d'accès - plus risqués - à l'Eldorado américain. Comme ce semi-remorque qui s'est transformé en tombeaux pour 10 personnes.

Pour sortir de ce cercle vicieux, il n'y a pas dix mille chemins.

Le meilleur moyen de modérer la demande pour les services des passeurs est d'offrir une gamme de voies légales aux migrants potentiels. Immigration temporaire ou permanente, permis de travail ciblés, permis étude-travail : il existe mille modèles pour qu'un pays, que ce soit les États-Unis, le Canada ou l'Allemagne, y trouve son compte en comblant ses besoins en main-d'oeuvre, tout en anéantissant un commerce trop souvent meurtrier.

«« Immigration temporaire ou permanente, permis de travail ciblés, permis étude-travail : il existe mille modèles pour qu'un pays y trouve son compte. »»





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