Le prix de la paix

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« Rappelons-nous qu'Ottawa a carrément été à l'origine du concept des Casques bleus », souligne Alexandre Sirois.

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La question n'était pas de savoir si le gouvernement canadien allait déployer des militaires à l'étranger dans le cadre d'une mission de paix de l'ONU, mais bien quand il allait le faire et combien de troupes seraient mobilisées.

Pas moins de quatre ministres libéraux réunis sur la base militaire de Bagotville ont offert hier un début de réponse. Il y aura jusqu'à 600 membres des Forces canadiennes impliqués et l'annonce de leur mission, vraisemblablement dans un ou plusieurs pays africains, se fera sous peu.

Ottawa dit vouloir intervenir là où l'expertise canadienne aura l'impact le plus « significatif », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion. Plusieurs dirigeants africains ont déjà fait part de leur intérêt pour un soutien canadien en la matière, ce qui, en soi, démontre que l'initiative est appréciée et sera utile.

Parallèlement à l'envoi de ces troupes, le gouvernement fédéral vient de mettre sur pied le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, dans lequel il injectera 450 millions au cours des trois prochaines années.

L'annonce d'hier nous rappelle que la paix (qui passe par la prévention et la résolution des conflits) a un prix que, traditionnellement, le Canada a accepté de payer. Rappelons-nous qu'Ottawa a carrément été à l'origine du concept des Casques bleus, à la fin des années 50, sous l'impulsion de Lester B. Pearson - à l'époque ministre des Affaires extérieures.

Le gouvernement de Justin Trudeau n'a donc pas pris cette décision par opportunisme, comme certains le soutiennent, dans l'espoir de siéger à court terme au Conseil de sécurité de l'ONU. Bien sûr, cela fait partie d'un plan d'action visant à obtenir ce siège convoité. Mais c'est aussi un retour aux sources tout à fait légitime.

D'ailleurs, si les opérations de paix des Casques bleus ont eu mauvaise presse au cours des années 90, on constate aujourd'hui qu'elles sont, dans la plupart des cas, aussi utiles que nécessaires.

Même Washington, qui préférait sous George W. Bush tenter d'imposer la paix sans passer par l'ONU, a changé de cap. L'an dernier, Barack Obama a présidé un sommet sur le maintien de la paix et a exhorté plus d'une cinquantaine de pays - dont le Canada - à contribuer avec plus d'enthousiasme aux missions de l'ONU.

Ces opérations ont bien changé. Certains en ont une vision nostalgique, voire idyllique. D'autres pensent que les Casques bleus sont impuissants. Détrompez-vous. De nos jours, les missions de paix sont aussi complexes que périlleuses. Et elles peuvent être robustes.

Nos élus devront d'ailleurs être on ne peut plus honnêtes lorsqu'ils annonceront où nos militaires seront déployés : la mission risque fort d'être dangereuse. Mais elle ne sera certainement pas vaine. Car quand un conflit dégénère quelque part, les répercussions peuvent se faire sentir bien au-delà des frontières des pays directement touchés.

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