Michel Ocelot: «Je n'ai jamais fait de films pour les enfants!»

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Le réalisateur Michel Ocelot était présent au Festival d'Annecy afin de présenter son nouveau film, Dilili à Paris.

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Sophie LAUBIE
Agence France-Presse
ANNECY

«Je n'ai jamais fait de films pour les enfants!» Créateur il y a 20 ans du célèbre Kirikou, Michel Ocelot mesure le chemin parcouru par l'animation française même si, pour lui, elle reste encore trop associée à l'enfance.

Le «pape de l'animation française», qui a révolutionné le secteur en France en 1998 avec Kirikou et la sorcière et ouvert la voie à un nouveau type de films d'auteur, loin de l'unique Disney, est venu au Festival d'animation d'Annecy pour présenter son nouveau film, Dilili à Paris (sortie prévue en octobre en France).

«Alors qu'avant, on n'en produisait presque pas, maintenant on produit plusieurs longs métrages d'animation par an en France. Il y en a de plus en plus qui sont bons. Il y a bien évidemment Persépolis, mais plus récemment Tout en haut du monde, Ma vie de courgette, La tortue rouge...», se félicite dans un entretien à l'AFP le réalisateur de 74 ans.

«Dans l'animation française, ce qui est bien, c'est qu'il y a des choses différentes», ajoute-t-il, se félicitant que «tout le monde n'imite pas ce que le précédent a fait».

Cependant, l'animation «n'est pas encore tout à fait adulte», tempère celui qui a séduit à chaque fois plus d'un million de spectateurs avec sa trilogie des aventures du petit héros africain Kirikou.

La Belle époque reconstituée

«La BD est plus adulte que l'animation, elle est allée plus vite. Sa force, c'est que vous avez besoin d'un crayon et d'une feuille de papier pour faire un chef d'oeuvre. Si vous voulez faire un film, il faut de l'argent (...) C'est pour ça qu'on est en retard. Mais on fait des progrès».

Pour Ocelot, ce «serait bien de faire des films, et seulement des films, et qu'il n'y ait pas la notion d'enfance».

«Là sur mon front il y a écrit "enfance", gravé au fer rouge. Je n'arriverai jamais à l'enlever. Au début, j'étais très en colère, mais maintenant je l'accepte, parce que c'est un cheval de Troie qui me permet de toucher les adultes, qui ne se méfient pas», poursuit-il en riant.

Dans Dilili à Paris, qui se déroule à la belle époque, Michel Ocelot raconte les aventures d'une jeune kanake métisse, qui va mener une enquête sur des enlèvements mystérieux de petites filles en compagnie d'un livreur en triporteur.

Le film, aux décors somptueux, est l'occasion pour lui de reconstituer le Paris de l'époque, avec des photos qu'il a prises lui-même pendant quatre ans, intégrées dans le film.

Les femmes célébrées

Tour Eiffel, Opéra de Paris, musée Rodin...: toute une série de monuments y figurent, tandis que Michel Ocelot se plaît aussi à faire revivre une galerie impressionnante de personnages, de l'actrice Sarah Bernhardt aux scientifiques Marie Curie et Louis Pasteur, en passant par l'écrivain Marcel Proust, les peintres Toulouse Lautrec et Picasso ou la militante Louise Michel.

Au total, plus d'une centaine de personnalités peuplent ce film, qui se veut aussi un hommage au Paris cosmopolite de l'époque, «une civilisation ouverte», dit-il.

«En me penchant sur l'histoire de la Belle époque, j'ai découvert que ce n'était pas que des costumes et des froufrous. À tous les coins de rue, il y a un génie, et les génies viennent de tous les coins de la Terre. Paris et la civilisation occidentale sont devenus un des sujets du film», explique Michel Ocelot, qui a passé six ans sur ce projet.




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