Jake Gyllenhaal: comme un supplément d'âme

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(TORONTO) La première production issue de la société qu'a fondée Jake Gyllenhaal il y a deux ans relate l'histoire de Jeff Bauman, jeune homme dont la vie fut changée à jamais après l'attentat du marathon de Boston en 2013.

Le 15 avril 2013, Jeff Bauman ne courait même pas. En vérité, il s'est pointé près de la ligne d'arrivée du marathon de Boston, rue Boylston, pour soutenir son amoureuse, qu'il tentait alors de reconquérir. Deux explosions ont détoné, à 13 secondes d'intervalle, faisant trois morts et près de 300 blessés. Jeff n'a pas perdu la vie, mais il s'est réveillé dans un lit d'hôpital, les deux jambes amputées.

«J'ai été évidemment très ému quand j'ai pu lire une première version du scénario, expliquait Jake Gyllenhaal au cours d'une rencontre de presse tenue la semaine dernière dans le cadre du festival de Toronto. Mais je ne m'attendais pas à rire autant non plus! J'aimais le fait que, malgré la tragédie qui l'avait affligé, l'esprit de Jeff n'avait pas été atteint, même s'il y a eu des moments très difficiles.»

Au moment où le script est tombé dans les mains de l'acteur, qui a fondé une société de production, Nine Stories, il y a deux ans à peine, aucun réalisateur n'avait été choisi. À vrai dire, Jake Gyllenhaal a eu du mal à monter le film sur le plan financier. D'où le supplément d'âme qu'il a insufflé au projet.

«Le sujet faisait peur, je crois, commente-t-il. On m'a aussi souvent dit qu'il était encore trop tôt pour aborder cet événement, même si Stronger n'est pas un film qui l'aborde directement. Produire ce long métrage m'a donné l'occasion de suivre toutes les étapes de sa fabrication. Cela n'a fait que confirmer le respect que j'ai pour les vétérans de ce métier, particulièrement ceux qui ont travaillé avec moi sur ce film.»

«Produire, c'est choisir des gens et se battre pour eux, se battre aussi même quand personne n'écoute, et croire en quelque chose quand tout le monde s'en fout. Je suis très fier de ce que nous avons accompli!»

Jake Gyllenhaal et Tatiana Maslany dans Stronger, un... (Photo fournie par Les Films Séville) - image 2.0

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Jake Gyllenhaal et Tatiana Maslany dans Stronger, un film de David Gordon Green.

Photo fournie par Les Films Séville

Le souci de l'authenticité

Écrit par l'acteur John Pollono à partir du récit autobiographique qu'a écrit Jeff Bauman avec Bret Witter, Stronger est réalisé par David Gordon Green (ManglehornOur Brand is Crisis) et met en vedette, outre Jake Gyllenhaal dans le rôle principal, Tatiana Maslany dans le rôle de l'amoureuse et Miranda Richardson dans celui de la mère. Jeff Bauman, aussi présent à cette rencontre de presse, fut évidemment consulté, mais il a laissé les «pros» faire leur travail.

«Il y a des choses moins flatteuses pour moi, reconnaît-il. Mais tu ne peux pas les enlever parce qu'elles font aussi partie de ma réalité. J'ai fait partie de l'équipe, mais je ne connais strictement rien au cinéma. Jake m'a souvent téléphoné pour me poser des questions. Il m'a aussi beaucoup observé dans mes gestes quotidiens. Quand j'ai vu le film, j'ai constaté qu'il avait saisi les moindres détails, particulièrement quand je fais un faux mouvement qui me fait souffrir.»

Jeff Bauman ne cache pas avoir trouvé éprouvant le tout premier visionnement de Stronger, qui a eu lieu en privé, avec des membres de sa famille, sans Jake.

«Bien sûr, j'ai beaucoup pleuré. Tellement que j'ai tout de suite voulu rentrer chez moi, me coucher et dormir. Le lendemain, j'ai commencé à digérer un peu ce que j'avais vu la veille et j'ai pu apprécier à quel point Jake avait su rendre tout ça de façon crédible. Mais il s'agit là d'une expérience aussi émotive que surréaliste.»

Une expérience mémorable

De son côté, Jake Gyllenhaal appréhendait beaucoup la réaction de celui qu'il incarne à l'écran. Les deux hommes ont finalement vu le film ensemble la semaine dernière, à la faveur de la soirée de première organisée dans le cadre du TIFF.

«J'ai déjà vu ce film mille fois, sous mille formes différentes, fait remarquer l'acteur et producteur. Chaque fois, je suis un peu dans l'état d'esprit de la personne avec qui je le vois, selon la fonction que cette dernière occupe. Cela dit, je peux vous dire que ma principale inquiétude depuis deux ans était de regarder le film avec Jeff à mes côtés. Ce moment a occupé mon esprit chaque jour pendant la fabrication, parce que je sais pertinemment que peu importe ce que je fais, moi, à l'écran, rien ne pourra jamais approcher ce que Jeff a vécu en réalité. J'étais très nerveux, mais l'expérience fut formidable sur le plan humain. Aujourd'hui, je ne ressens plus que joie, émotion et gratitude.»

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À l'affiche le 22 septembre en version originale anglaise.




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