Solange et les vivants: Ina te parle de...

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Née au Québec en mai 1985, installée à Paris depuis 2004, artiste dans l'âme, mais solitaire et timide dans la vie quotidienne, Ina Mihalache a trouvé dans YouTube la clé de son intégration - atypique - à la société.

Depuis 2011, elle a concocté quelque 150 capsules vidéo sur sa chaîne Solange te parle où elle se glisse dans la peau de son alter ego pour mieux discuter sexualité, amitié, accent québécois, amour, bobo, poils pubiens ou camembert.

Plus de 170 000 abonnés et 15 millions de visionnements plus tard, la «poétubeuse» fait un autre pas, et pourquoi pas deux, vers l'autre. Au début de 2016, elle publie un premier livre et, surtout, réalise un long métrage, Solange et les vivants, plus fictif que ses vidéos.

À voir le nombre de fans en délire venus assister aux deux projections de son film lors du Festival du nouveau cinéma, une conclusion s'impose: cette Ina/Solange si effacée qu'on pourrait la dessiner en cinq traits de crayon de plomb est magnétique auprès du grand public.

La Presse s'est entretenue avec elle.

... Réaliser un long métrage

«D'une manière créative, j'avais envie de m'entourer. C'est un peu l'histoire du film, celle d'une fille qui se confronte à l'extérieur. En tant qu'artiste, j'avais envie de collaborer, de voir ce que ça pouvait donner d'additionner les talents d'un chef opérateur, d'un ingénieur du son, d'un monteur, d'acteurs pour en arriver à un objet plus abouti [que les vidéos]. J'avais aussi envie de me mettre à l'épreuve avec ce format-là, de me lancer un défi.»

... Ne pas contrôler

«C'était difficile de s'abandonner. Comme Solange, je suis quelqu'un d'assez solitaire et je fais beaucoup de choses à l'instinct. Mais en équipe, il faut, fatalement, pouvoir expliquer en amont. Ça, c'était assez douloureux. Il m'est arrivé de craquer, d'être un peu en détresse et de mettre l'équipe un peu mal à l'aise. Évidemment, tout le monde était très doux et à mon service, mais comme je n'aime pas le conflit, c'était parfois difficile de concrétiser ce que j'avais en tête.»

... Scénario (ou pas)

«Le film est, à 80 %, de l'improvisation. Il y avait un scénario assez sommaire et, comme sur l'internet, j'avais envie de travailler à base de surgissements, c'est-à-dire de mettre les personnages dans des situations et de laisser tourner la caméra pour voir ce qui arriverait. L'équipe, qui était composée de professionnels, n'était pas habituée à ce fonctionnement.»

... Vivants dans le titre

«Le titre est un hommage au film Nous les vivants de Roy Andersson, un cinéaste suédois que j'adore. Je me reconnais beaucoup dans son cinéma. Et c'est une façon, oui, peut-être, de dire que Solange est en retrait de la vie.»

... Son public

«Mon objectif initial est d'apporter du réconfort aux gens, que ce soit par mes vidéos ou le reste de mon art. C'est là où je trouve un sens à ma vie. Peut-être parce que je suis visitée moi aussi par la perte de sens et par la difficulté de vivre, il m'est important d'aider. Les gens que je rencontre sont très touchés. Je reçois beaucoup de lettres de personnes souvent en situation de crise, de jeunes adultes qui se demandent quoi faire de leur vie, de femmes qui viennent de divorcer, d'hommes seuls, plus vieux et désocialisés, etc. J'ai l'impression de toucher des catégories d'individus en souffrance ou en recherche. Des gens fragiles! Ça me ressemble un peu.»

... Ce qu'on aime de Solange

«Pouvoir afficher publiquement ses failles et ses difficultés. Pouvoir avouer qu'on a du mal, de la misère. Qu'on n'y arrive pas. À une période où il faut être tellement performant et tellement réussir, Solange dit : c'est trop pour moi, je ne me sens pas comme tout le monde. Les gens aiment qu'elle affiche sa différence et ses difficultés.»

... Ina sans Solange

«Depuis octobre et pour deux ans, j'ai été reçue au Fresnois, une résidence d'art numérique dans le nord de la France. Je voulais me consacrer à mes premiers amours, l'art contemporain. Je travaille donc sur un projet d'installation qui n'a rien à voir avec Solange et est destiné aux galeries, aux musées. Je veux aussi faire, en deuxième année, un spectacle solo. J'aime le plateau et je crois que d'ici 2018, je réussirai à m'entourer des bonnes personnes pour ce projet de spectacle un peu multimédia, drôle et touchant.»

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Solange et les vivants prendra l'affiche le 4 novembre.

Un court avant Solange

Représentant de l'Institut national de l'image et du son aux Rencontres pancanadiennes du cinéma étudiant, le court métrage La cour des mirages sera présenté en première partie de Solange et les vivants. Le film de 13 minutes, réalisé par Zoé Pelchat-Ouellet d'après un scénario de Sarah Junique, aborde, dans un traitement des plus singuliers, la place des gens différents dans notre société.

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