Aaron Paul: le facteur «Steve»

Dans un dernier effort pour sauver son garage,... (Photo fournie par Dreamworks)

Agrandir

Dans un dernier effort pour sauver son garage, le mécanicien Tobey Marshall (Aaron Paul, à droite) construit et conduit des voitures musclées avec notamment Benny (Scott Mescudi), l'un de ses équipiers.

Photo fournie par Dreamworks

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La vedette de Breaking Bad a été choisie pour incarner le héros d'un «film de chars» à l'ancienne parce qu'on voit en lui le «prochain jeune Steve McQueen».

Il a d'abord été pressenti pour jouer le vilain de l'histoire. Après tout, sa composition dans le rôle de Jesse Pinkman dans la série Breaking Bad, qui lui a valu deux trophées Emmy, le porte naturellement vers ce genre de personnage. Quand est venu le moment de penser à l'acteur qui camperait le héros de son film Need for Speed, Scott Waugh a pourtant décelé chez Aaron Paul une autre facette de sa personnalité d'acteur.

«Je devais bien être l'une des seules personnes en Amérique à ne pas l'avoir vu dans Breaking Bad, a confié le réalisateur au cours d'un entretien accordé à La Presse lors d'un récent passage à Toronto. Aaron est venu faire un essai pour le rôle du rival, mais quand je l'ai vu, je me suis demandé pourquoi on ne l'avait pas convoqué parmi ceux qui auditionnaient pour le personnage principal. Les gens chargés de distribuer les rôles m'ont expliqué que jamais le studio ne donnerait le feu vert, car Aaron avait, à leurs yeux, une image trop "edgy" pour être le héros de l'histoire. J'ai montré l'enregistrement à Steven Spielberg. Il a trouvé Aaron formidable. Et il m'a demandé pourquoi il n'était pas en lice pour le rôle principal. Le sort en fut jeté à ce moment-là.»

Trois qualités essentielles

Pour ce long métrage directement inspiré des «films de chars» des années 60 et 70, Scott Waugh tenait à trouver un acteur ayant le potentiel d'être le «prochain jeune Steve McQueen».

«Mon père, qui est disparu récemment, a commencé sa carrière de cascadeur dans les années 60, raconte le réalisateur, ancien cascadeur lui-même. J'ai eu la chance, enfant, de passer beaucoup de temps sur les plateaux et de côtoyer des vedettes comme Steve.

«Steve était aussi un formidable pilote de course. Il l'était d'ailleurs avant même de devenir acteur. Il réunissait les trois qualités essentielles que devait aussi avoir l'acteur qui décrocherait le rôle principal dans Need for Speed: sens du danger, charisme, capital de sympathie. Aaron est assurément doté du «facteur Steve». Il n'est pas qu'une simple belle gueule.»

L'acteur, qui aura 35 ans cette année, ne s'est pas fait tirer l'oreille très longtemps avant d'accepter de participer à l'aventure.

«À la lecture du scénario, j'ai immédiatement été séduit par cette histoire et la façon dont elle est racontée, explique Aaron Paul. Il y a de vrais personnages dans ce récit. Étant aussi un amateur de voitures, j'ai évidemment été beaucoup attiré par ce projet. C'est au moment où Scott m'a fait part de sa vision et de son intention de faire le film à la manière des années 70 que j'ai été complètement vendu à l'idée.»

Dans Need for Speed, qui portera au Québec le même titre en version française parce que le film reprend le titre du célèbre jeu vidéo dont il est inspiré, Aaron Paul incarne un pilote féru de courses clandestines.

Deux ans après avoir purgé une peine de prison à la suite d'une course qui a mal tourné, le jeune homme compte se venger sur la piste en faisant payer son rival (Dominic Cooper), vrai responsable de l'événement qui lui a valu son incarcération. Pour ce faire, il compte participer à la course De Leon, véritable Super Bowl de la course underground. Et il doit traverser le continent pour s'y rendre.

Tout «en vrai»...

Scott Waugh tenant à ce que toutes les scènes soient tournées «en vrai» comme dans le bon vieux temps, les acteurs ont dû s'entraîner à piloter les bolides. Dans la mesure du possible, ils ont aussi fait leurs cascades eux-mêmes. Des professionnels ont toutefois été réquisitionnés pour s'occuper des scènes plus dangereuses.

«J'étais prêt à relever le défi, indique Aaron Paul. Les premiers jours ont été consacrés à l'apprentissage de différentes techniques de pilotage. C'était très grisant. Il y a toujours un facteur de risque, un sentiment de danger, mais nous savions que des gens prêts à prendre notre relève en cas de besoin étaient de service.»

Aucune image de synthèse n'a été utilisée. Scott Waugh a souhaité que tout soit réel à l'écran. Non seulement en ce qui concerne les scènes de course, mais aussi sur le plan géographique. Ainsi, Need for Speed a été tourné dans les vrais endroits où se déroule l'histoire du film.

«À mon sens, le plaisir du spectateur s'en trouve accru, dit le réalisateur. Parce qu'il a le sentiment que de vrais êtres humains ont véritablement vécu les frissons dépeints à l'écran.

«On peut évidemment prendre aussi du plaisir en regardant des scènes d'action créées avec des images de synthèse, mais on sait alors que rien n'est vrai. Cela dit, la logistique était beaucoup plus compliquée que si nous avions utilisé un studio et des écrans verts. Notre caravane avait les allures d'un véritable cirque ambulant. Et quand on tourne des scènes avec des voitures qui filent à 200 ou 240 km/h, il faut bloquer des kilomètres de route en vue du tournage!»

Pour Aaron Paul, l'expérience s'est révélée marquante.

«Je savais que la randonnée serait folle, mais quand j'ai vu le film dans sa version définitive, j'ai vraiment été impressionné par le résultat. Jamais je n'aurais pensé devenir le héros d'un film d'action!»

Need for Speed prend l'affiche en version originale et en version française le 14 mars. Les frais de voyage ont été payés par Walt Disney Pictures.

Le film Need for Speed raconte l'histoire d'une... (Photo fournie par Dreamworks) - image 2.0

Agrandir

Le film Need for Speed raconte l'histoire d'une course qui déroulant à travers l'Amérique.

Photo fournie par Dreamworks

Glorification des courses clandestines?

La présentation d'un film comme Need for Speed risque de soulever quelques questions. Destiné avant tout aux jeunes mâles avides de sensations fortes, le film propose une vision plutôt cool des courses clandestines auxquelles participent des gens qui n'ont que faire des lois et des règles élémentaires de sécurité.

Le réalisateur Scott Waugh réfute toute notion de glorification. «Tous les personnages du film paient le prix de leurs actions, fait-il remarquer. Il ne faut pas oublier qu'avant tout, les films de ce genre sont faits pour divertir les gens pendant deux heures. C'est un monde de fantaisie. Dans les films, les personnages peuvent faire des choses qu'on ne fait pas dans la vie et qu'on ne doit pas faire. Si on suivait cette logique, il n'y aurait plus de films d'horreur, plus de films de cambriolage, plus de films d'action, plus de films de guerre. Est-ce que James Bond glorifie l'usage des armes ou les poursuites sur les toits? Je sais que nous vivons à une époque de rectitude politique, mais il ne faudrait quand même pas charrier.»

Bullit... - image 3.0

Agrandir

Bullit

Les influences

Cinq films des années 60 et 70 ont particulièrement inspiré Scott Waugh pour la réalisation de Need for Speed.

BULLITT (1968) Peter Yates

Quand on évoque le «film de chars», Bullitt reste la grande référence. Steve McQueen est la tête d'affiche de ce film qui carbure à haut indice d'octane et dans lequel on retrouve aussi Jacqueline Bisset et Robert Vaughn.

THE FRENCH CONNECTION (1971) William Friedkin

Gene Hackman, Roy Scheider et Fernando Rey sont les vedettes de ce grand classique du cinéma américain des années 70, lequel comporte une scène de poursuite qui est passée à l'histoire.

VANISHING POINT (1971) Richard C. Sarafian

Le récit de ce film culte consiste à suivre un conducteur qui a fait le pari de franchir en 15 heures la distance séparant le Colorado de San Francisco, au volant de la Dodge Challenger qu'il est chargé de livrer...

GRAND PRIX (1966) John Frankenheimer

James Garner, Eva Marie Saint, Yves Montand et Toshirô Mifune sont les protagonistes de ce film où toutes les voitures ont été filmées à vitesse réelle, sans trucages. Les acteurs ont dû s'entraîner à devenir pilotes.

DUEL (1971) Steven Spielberg

Une voiture, une route. Et un immense camion harceleur. Les débuts spectaculaires d'un jeune cinéaste nommé Spielberg, aujourd'hui codirecteur du studio DreamWorks (producteur de Need for Speed).




publicité

publicité

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer