Les Montréalais assoiffés de plein air peuvent avoir une idée de ce que l’avenir pourrait leur réserver en épluchant le Plan nature et sports de l’administration Plante, un document qui s’intègre dans le plan stratégique Montréal 2030.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

Il y a de belles choses qui se préparent pour les activités nautiques à la Ville de Montréal. Les grimpeurs peuvent aussi espérer : l’administration ne ferme pas la porte à un nouveau site d’escalade de glace en ville. Par contre, c’est un « non » catégorique pour du vélo de montagne sur le mont Royal ou dans le futur parc-nature de la falaise Saint-Jacques.

Évidemment, ce plan risque d’être tributaire des résultats des élections municipales de novembre prochain. Le parti Ensemble Montréal de Denis Coderre n’a pas encore fait connaître sa vision du développement des espaces verts de la métropole.

Le Plan nature et sports met l’accent sur le développement de grands parcs, comme le Grand parc de l’Ouest, le parc-nature de l’Écoterritoire de la falaise et le parc Frédéric-Back, et sur l’importance de développer des activités de plein air toute l’année.

« Ce sont des projets qui vont prendre plusieurs années, qui vont se réaliser par phases, explique Robert Beaudry, responsable des grands parcs et du parc Jean-Drapeau dans l’administration Plante. Nous voulions une bonne ligne directrice. »

Il s’agit de bien développer nos sites pour, premièrement, éviter les conflits d’usages et, deuxièmement, donner plus de confort et de sécurité pour la pratique de sports, dont les sports émergents.

Robert Beaudry

Il mentionne notamment les sports aérotractés, comme le kitesurf, qui pourraient bénéficier d’un meilleur accès à l’eau dans le Grand parc de l’Ouest. Il y a déjà des travaux en cours pour améliorer l’accès à la Vague à Guy, cette vague éternelle qui attire les amateurs de surf à LaSalle.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

La Ville de Montréal a entrepris de réaménager la berge qui permet d'accéder à la Vague à Guy. L'accès y était un peu problématique, comme en témoigne cette photo prise en mai 2020.

Une nouvelle vocation pour la marina de Lachine

À Lachine, c’est le réaménagement de l’ancienne marina qui devrait réjouir kayakistes, canoteurs et planchistes. Cette marina municipale avait besoin d’une importante remise à niveau pour respecter les normes, surtout après avoir subi de sérieux dégâts lors des inondations de 2017 et de 2019. Les investissements auraient été considérables et n’auraient bénéficié qu’à un petit nombre de plaisanciers : il n’y avait que 453 places à quai.

L’administration Plante a plutôt décidé d’investir sensiblement la même somme pour y établir un parc et y aménager un pôle d’activités nautiques non motorisées. Le projet nécessitera des années de travail. « Cet été, nous allons commencer avec un usage transitoire, affirme M. Beaudry. Les gens auront accès aux quais, il y aura de l’animation, ça va donner un nouvel accès au lac Saint-Louis. C’est un projet de requalification qui vient transformer en espace public un espace qui était privatisé. »

Le candidat à la mairie Denis Coderre s’est toutefois prononcé récemment en faveur d’un « projet hybride », une sorte de parc-marina, en faisant valoir que des plaisanciers avaient mis « leur fonds de pension » dans leur bateau.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Il y a du potentiel pour de l'escalade de glace au parc Frédéric-Back. Il suffirait d'Installer un système d'englaçage, comme on en retrouve au parc Jean-Drapeau.

Le développement du parc Frédéric-Back, sur le site de l’ancienne carrière Miron, engendre moins de controverse. La Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME) s’est déjà montrée intéressée à l’englacement des falaises à l’extrémité nord-ouest du parc pour permettre la pratique de l’escalade de glace.

Notons que Montréal compte déjà un site officiel d’escalade de glace à l’île Sainte-Hélène.

« Je n’ai pas eu de discussions à ce sujet, mais nous ne sommes jamais fermés à regarder ce qui peut être fait dans un objectif de sécurité, affirme M. Beaudry. Il faut s’assurer que c’est bien balisé et bien intégré pour éviter les comportements indésirables. Il y en a au parc Jean-Drapeau et ça se fait bien. »

Pas de vélo de montagne

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Un cycliste descend sur un des sentiers illégaux du mont Royal. Les Amis de la montagne s'inquiètent des impacts de cette pratique sur l'environnement fragile du mont Royal.

Toutefois, il n’y a pas d’ouverture à l’idée d’établir des pistes de vélo de montagne sur le mont Royal ou dans le futur parc des Falaises, qui devrait émerger le long de la falaise Saint-Jacques et sur les terrains récupérés à la suite de la reconstruction de l’échangeur Turcot.

« C’est un très grand espace, rappelle Robert Beaudry. Il y a la falaise elle-même, un espace qui sera davantage lié à la biodiversité et à la contemplation. Il y aura une bande verte où on pourra favoriser certaines pratiques qui seraient en adéquation avec la volonté de préservation. Puis le grand parc lui-même, où on va vouloir des sentiers pour le ski de fond, la course à pied, le vélo. »

Il y a trois ans, l’administration Plante s’était montrée ouverte à l’idée de sentiers officiels bien aménagés qui pourraient canaliser les amateurs de vélo de montagne à certains endroits précis. La porte semble toutefois s’être refermée. « Ce n’est pas dans les plans, soutient M. Beaudry. Ce sont des endroits où la diversité est pas mal dense, il faut s’assurer de la préserver au maximum. »

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2300

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