Pendant la semaine, Denis Laliberté et son petit groupe de randonneurs font des recherches et s’échangent des idées afin de trouver une nouvelle destination pour leur traditionnelle randonnée du dimanche. Le jour venu, ils se rencontrent et s’élancent pour une nouvelle aventure. Et c’est souvent toute une aventure : Denis Laliberté utilise un fauteuil roulant et refuse de se limiter aux sentiers « accessibles », trop peu nombreux, trop faciles à son goût.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

« Ça ne fait pas tellement longtemps que je m’aventure dans le bois, raconte M. Laliberté. Ça a vraiment décollé l’automne passé, peut-être un peu comme tout le monde. »

Denis Laliberté et un petit groupe de connaissances avaient décidé, un dimanche, de réaliser une petite randonnée dans le cadre du Défi Pierre Lavoie. « On a commencé ici à Victoriaville, à Terre-des-Jeunes, un parc accessible. Le dimanche suivant, on a décidé d’aller à un autre parc de Victoriaville, le Boisé-des-Frères. Depuis, chaque dimanche, on en fait un peu plus. »

PHOTO FOURNIE PAR DENIS LALIBERTÉ

Même dans les sentiers « faciles », les obstacles abondent.

L’homme peut compter sur des amis non handicapés pour l’aider à franchir les obstacles qui se présentent sur les sentiers. Et ces obstacles sont nombreux, même dans les sentiers cotés faciles ou familiaux.

Mais ce ne sont pas toutes les personnes en fauteuil roulant qui peuvent bénéficier d’une telle aide. Ainsi, elles doivent commencer leur carrière de randonneurs sur des sentiers accessibles. Ceux-ci sont plus nombreux qu’avant, mais le choix est quand même encore limité.

« On voit surtout ces sentiers dans les milieux urbains et semi-urbains », note Alexandra Gilbert, de l’Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées (AQLPH). « Ils peuvent être aménagés par les municipalités, les parcs régionaux. »

Davantage d’accessibilité

PHOTO SIMON LAROCHE, FOURNIE PAR KÉROUL

Le parc national du Mont-Saint-Bruno permet de profiter de la nature et de ses bienfaits, même en fauteuil roulant.

Jonathan Gagnier, un conseiller en accessibilité chez Kéroul, organisme à but non lucratif qui cherche à rendre le tourisme et la culture plus accessibles aux personnes à capacités physiques restreintes, ajoute que la SEPAQ et Parcs Canada font également de grands efforts pour rendre leurs infrastructures et des sentiers plus accessibles.

Il y a plusieurs facteurs à considérer pour qualifier un sentier d’accessible, fait savoir M. Gagnier. Il y a d’abord la pente. Pour être considéré accessible, le sentier doit être plat ou avoir des pentes d’au plus 6 %. Au-delà de ça, une pente peut être difficile pour une personne en fauteuil roulant, surtout un fauteuil manuel. Chaque ajout de 1 % de pente fait une grande différence dans l’effort qui doit être fourni.

Le revêtement du sol a aussi son importance : Kéroul recommande notamment la poussière de roche. « L’asphalte, c’est peut-être mieux, mais ça a peut-être un aspect un peu moins naturel », observe M. Gagnier.

PHOTO SIMON LAROCHE, FOURNIE PAR KÉROUL

La SEPAQ offre quelques sentiers accessibles ou partiellement accessibles.

Le sentier doit être assez large pour permettre à deux personnes en fauteuil roulant de se croiser. Il faut aussi des espaces pour se reposer, surtout après une petite montée. La signalisation est également importante : une carte des sentiers située trop haut, ce n’est pas très utile.

Évidemment, il faut prendre en considération les infrastructures, comme l’aire de stationnement et les toilettes.

Un sentier peut être déclaré partiellement accessible s’il nécessite l’aide d’une personne pour franchir un obstacle, comme une pente un peu trop raide, poursuit M. Gagnier. Il donne l’exemple du sentier de la Boucle-des-Trois-Étangs, dans le parc national du Mont-Orford. Il s’agit d’une belle boucle de 5,5 km qui traverse de très beaux habitats naturels.

Alexandra Gilbert tient à préciser qu’il n’est pas question de rendre tous les sentiers accessibles.

Quand on parle d’accessibilité aux gestionnaires d’espaces de plein air, souvent ils pensent : « Il va falloir que j’asphalte ma forêt au complet. » Ce n’est pas ça.

Alexandra Gilbert, de l’Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées

Elle conseille aux personnes handicapées qui cherchent un sentier de regarder d’abord du côté de leur municipalité, de leur région. Elle suggère aussi de consulter le site internet Le Québec pour tous, mis en place par Kéroul, pour se donner des idées. Il est également possible de consulter des sites qui recensent des sentiers de randonnée et de chercher du côté des sentiers classés faciles.

PHOTO FOURNIE PAR DENIS LALIBERTÉ

Un obstacle vaincu après de gros efforts

Mais un sentier soi-disant facile peut quand même donner de sérieux maux de tête : même avec l’aide de ses amis, Denis Laliberté a mis 5 h 30 min pour parcourir le sentier du mont Oak, à Coleraine, sentier qui devrait prendre normalement 1 h 30 min « On avait peut-être mal évalué cette rando », se rappelle-t-il en riant.

Il a d’autres petits défis en tête, notamment dans le parc de la Mauricie, mais cette fois-ci, il troquera son fauteuil « ordinaire » pour une Joëlette, un fauteuil tout-terrain monoroue qui n’a pas peur des sentiers plus corsés.

Consultez le site Québec pour tous Consultez le site de Hikster Consultez le site de Balise Québec Consultez le site de la SEPAQ

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Chiffre de la semaine

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